Occitanie
Mois après mois, les actions se sont intensifiées dans la région Occitanie sous l'accroche "On marche
sur la tête", illustrant la frustration croissante, envers l'absence de mesures gouvernementales. Le mal est profond, les agriculteurs déterminés.
De Toulouse, le mouvement a essaimé dans toute la région et au-delà. La mobilisation et la détermination sont à la hauteur du mal-être.
© Crédit photo : JA Lot
L'espace de cette page ne suffirait pas pour énumérer la totalité des blocages actuels aux quatre coins de l'Hexagone. Et la question n'est plus uniquement agricole : chauffeurs routiers et taxis ont rejoint le mouvement, qui ne semble pas trouver de répit. "Les actions vont s'amplifier et, d'ici vendredi 26 janvier, plus de 85 départements vont mener des actions car, désormais, il n'y a plus d'esprit de recul parmi les agriculteurs", a assuré mercredi 24 janvier au matin sur France 2, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau.
Depuis mardi 23 janvier, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA appellent à des manifestations illimitées dans tout le département de l'Aude. Des mobilisations sont également prévues en cette fin de semaine entre Montpellier et Nîmes, à l'appel du Gard et de l'Hérault. Au-delà d'une simple annonce, les agriculteurs exigent des aides et une vision à long terme. Des centaines d'agriculteurs maintiennent la pression sur la plateforme logistique d'E.Leclerc, alors que des discussions sont en cours avec la direction de la Socamil, à Castelnaudary (11), où plus de 70 camions sont en attente de déchargement. Plus tôt dans la semaine, une explosion a eu dans les bâtiments de la Dreal de Carcassonne, revendiquée par le Comité d'action viticole (CAV), ne faisant aucune victime, mais des dégâts matériels. Une façon claire d'illustrer que la pression monte.
Malgré des nuits passées dans le froid, depuis le 16 janvier, le mouvement reste uni et solidaire, pour obtenir des mesures concrètes qui puissent redonner des couleurs au monde agricole. Bien que le département des Pyrénées-Orientales ait obtenu pour tous les agriculteurs l'annulation totale de la Taxe sur le foncier non bâti (TFNB) - et qu'il ait été annoncé pour l'ensemble des départements français un gel du projet d'augmentation de la taxe concernant la Redevance pour pollution diffuse (RPD) pour 2024 -, les résultats demeurent décevants. "La réunion qui s'est tenue au début à Toulouse a été catastrophique, et cela ne peut pas durer", souligne Romain Deloustal, président des JA Occitanie. "Aucune avancée, ni sur la MHE [maladie hémorragique épizootique, ndlr], ni sur le gazole non routier, ni sur la directive nitrates. En clair, absolument rien pour sortir de cette situation catastrophique", a-t-il déclaré, ajoutant que "entre la première réunion du 4 décembre et celle du 16 janvier, nous avons eu exactement les mêmes réponses. Ce n'est pas acceptable".
En écho à ce sentiment, Philippe Jougla, président de la FRSEA Occitanie, a insisté sur la nécessité de maintenir la pression. "La lutte doit continuer et s'étendre à l'ensemble des régions jusqu'au Salon de l'agriculture." Pourtant sur la place du Capitole, à Toulouse, le 16 janvier, résonnaient les revendications de près de 2 000 agriculteurs avec plus de 500 tracteurs. En simultanée une autre mobilisation avait lieu à Avignon, certains Gardois ayant choisi de passer le Rhône pour rejoindre leurs homologues de Paca et appuyer la mobilisation générale.
Mercredi 10 janvier, le président du comité territorial gardois des Vignerons coopérateurs d'Occitanie, Anthony Bafoil, avait invité ses adhérents à s'exprimer sur les difficultés rencontrées dans leurs entreprises. Cette réunion a connu une "participation exceptionnelle", avec plus de 70 dirigeants présents, 42 caves coopératives autour de la table, pour un équivalent de production de 1 574 000 hectolitres, "soit plus de la moitié de la production totale du département qui s'est exprimée tour à tour dans le calme et le respect de chacun". Charges et stocks au plus haut, surtout en vin rouge. "Les trésoreries ont fondu, et il est fréquent désormais de voir des saisies sur acompte aux exploitants. Les réservations sont à peine à 50 % de la récolte 2023 et à quel prix de vente ? C'est une situation inacceptable."
En plus de la mesure d'arrachage liée à une replantation différée demandée depuis des mois, et qui donnerait "une bouffée d'oxygène sans perdre le potentiel de production, il doit être mis en place dans les plus brefs délais une mesure d'arrachage définitif à caractère social".
Malheureusement, vendredi 19 janvier, lors de son intervention à l'assemblée générale des Pays d'Oc (lire page 3), Jérôme Despey avait déjà indiqué avoir porté cette mesure au niveau européen, épaulé de Ludovic Roux, président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie. "Mais cette mesure d'arrachage définitif n'existe pas. Il faudra attendre la prochaine Pac"...
IL a dit-
Mercredi 24 janvier à midi sur LCI, Jérôme Bayle a eu des mots très durs pour le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, venu à la rencontre des agriculteurs ariégeois suite au drame. "J'ai eu plus l'impression d'un vautour sur une carcasse. Il est arrivé indiquant qu'il était là pour travailler. Mais s'il veut travailler, qu'il le fasse à Paris et qu'il vienne avec des mesures concrètes." L'éleveur bovin a lui-même été durement touché, prenant la suite de son père qui s'est suicidé et qu'il avait retrouvé mort dans la cour de la ferme. Sa mère, conjoint d'exploitant, perçoit 217 euros de retraite, après 49 ans de travail.
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