Hérault
Entre les échéances électorales, la mise en place de l'abattoir mobile et l'organisation du 'Salon à la ferme', la Confédération paysanne de l'Hérault est à pied d'œuvre pour la défense d'une agriculture paysanne locale. Le point avec sa porte-parole, Émilie Dequiedt.
Émilie Dequiedt : "Nous ne sommes ni contre l'irrigation, ni contre les retenues collinaires. Une fois cela précisé, on ne peut pas faire n'importe quoi."
© Crédit photo : FG
Votre 'Salon à la ferme' a été l'oc- casion pour vous d'aborder les problématiques touchant l'agriculture maraîchère ? Quelles sont-elles et quelles sont vos propositions ?
Émilie Dequiedt : "Nous sommes partis des réalités du terrain et des problématiques auxquelles sont confrontées les exploitations maraîchères. Les fruits et légumes produits sur notre territoire répondent à tous les critères de qualité et aux attentes des consommateurs. Un de leurs débouchés est la restauration scolaire. Mais la période de production ne correspond pas toujours à celle des besoins des collectivités, tout simplement parce que les établissements scolaires sont fermés en été. Aussi de nouveaux partenariats sont-ils à envisager avec les collectivités pour assurer la pérennité de ces exploitations dans notre territoire et développer les circuits courts.
Pour ce faire, des unités de transformation des produits pourraient être mises en place telles que des outils collectifs, des annexes de cuisine centrale accessibles en été ou des outils départementaux. Il n'est pas utile d'en créer des nouveaux. Ces outils existent déjà, il faut juste réinventer les usages que l'on en a aujourd'hui. Nous avons donc besoin d'un relais départemental. À l'heure où l'on prône la souveraineté alimentaire et où les Programmes alimentaires territoriaux fleurissent dans toute la France, assurer la pérennité des fermes sur leur territoire sera le seul moyen de relocaliser l'économie. C'est ce que nous défendons."
Avec la flambée du coût de l'énergie, la question de la logistique pèse considérablement dans les coûts de production d'une exploitation. Quelles sont les pistes que vous proposez pour en atténuer les effets ?
E.D. : "Beaucoup de zones vivrières dans l'Hérault sont hors des bassins de consommation. Assurer la logistique à l'échelle individuelle d'une exploitation représente un coût que cette dernière peut difficilement supporter, et encore plus aujourd'hui, avec la flambée du prix de l'énergie. Il faudrait donc mutualiser ces coûts de logistique. Là encore des outils existent déjà tels les camions du Département qui assurent la livraison des denrées. Leurs services pourraient être proposés, moyennant finances, aux agriculteurs. Ce travail en partenariat avec les collectivités sur ce sujet, comme sur celui des unités de transformation, a été également entrepris avec notre projet d'abattoir mobile. Ce sont autant de pistes pour développer la vente directe et renforcer les liens avec les consommateurs de notre territoire."
Justement, où en êtes-vous sur ce dernier projet ?
E.D. : "Le dossier avance. En septembre, une expérimentation sera menée à l'abattoir de Pézenas pour valider toutes les hypothèses sanitaires, afin de démontrer que l'outil que nous souhaitons mettre en place ne présente aucun risque. Une fois la validation obtenue, l'étape suivante sera le développement de l'outil. Nous venons également de déposer un dossier pour cet abattoir auprès de Montpellier Méditerranée Métropole dans le cadre de son projet de territoire. Nous aurons la réponse en septembre."
L'accès au foncier est aussi un autre de vos chevaux de bataille. Quelles sont vos actions en ce sens ?
E.D. : "La Conf' siège à la Safer, et nous sommes très attentifs à la régulation des prix de vente des terres. En son sein, a été mis en place 'Vigifoncier', un outil d'intelligence foncière pour favoriser un développement équilibré et préserver les espaces agricoles et naturels de nos territoires. Par ailleurs, une même vigilance sur le foncier agricole a été mise en place par le biais des Programmes alimentaires territoriaux."
De nouveau, la question de la gestion de l'eau revient sur le devant de la scène en ces temps de canicule. Quelle est la position de la Conf' sur ce sujet ?
E.D. : "Nous ne sommes ni contre l'irrigation, ni contre les retenues collinaires. Une fois cela précisé, on ne peut pas faire n'importe quoi. L'intervention de l'État est indispensable pour les arbitrages sur la distribution de l'eau. On ne peut pas laisser cela aux seules Chambres d'agriculture comme le souhaite la FNSEA, car l'eau étant un bien commun, on doit la gérer de façon commune. Au sujet des retenues collinaires dans l'Hérault, on sera attentif aux usages qui seront faits de l'eau. Ainsi, est-ce bien nécessaire d'aller irriguer des vignes supplémentaires comme le prévoient ces projets ? La question se pose, d'autant que grâce au travail des instituts de recherche présents sur notre territoire et aux pratiques déjà mises en place par les agriculteurs, on a des moyens pour lutter contre les effets du dérèglement climatique."
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