CUMA de l'AUDE
La fédération départementale des Cuma, réunie en assemblée générale à Ferrals-les-Corbières, se positionne comme stimulateur de projets d'avenir et cherche sans cesse à consolider les 96 Cuma présentes sur l'ensemble du département.
Au-delà de la mise en commun des matériels et des salariés, les Cuma s'impliquent dans de nombreuses problématiques, telles que la gestion de l'eau, l'installation, la transmission, les projets territoriaux...
© Crédit photo : DR
Grâce au maintien des subventions aux investissements, appelé dorénavant "dispositif unique", les Cuma, mais également les exploitants agricoles et les collectivités territoriales, peuvent désormais bénéficier d'un taux de subvention de 40 %, avec un montant maximum éligible à 50 000 euros. Dans l'Aude, ces financements ont permis de nombreuses innovations. La Cuma de la vallée de l'Hers a réussi à financer une nouvelle chaîne d'abattage automatique à volaille, via le 'pass Rebond Occitanie'. "La mairie a financé le bâtiment avec diverses aides de la Région, et la chaîne d'abattage a été financée via la Cuma à 50 % grâce à ce dispositif", explique Michaël Colombies, son président. Du côté de la Cuma de Belpech, c'est un hangar photovoltaïque de 800 m2 qui a été réalisé avec un groupement d'employeurs, qui a permis la création de deux emplois. Un second hangar est en perspective pour la Cuma des Saladelles. "Nous sommes une Cuma dynamique, car nous avons su intégrer des jeunes qui ont permis de développer leurs exploitations, et qui s'impliquent beaucoup dans le projet du hangar", souligne Joël Tardieu, agriculteur à Mézerville et membre de la Cuma de Belpech. Enfin, la Cuma la Vigneronne a pour projet l'achat d'un robot autonome Bacchus de chez Vitibot. "Sur les 200 000 euros à investir, on espère une subvention à hauteur de 100 000 eu- ros via FranceAgriMer", explique Jean-Marie Santacreu, viticulteur et président de la Cuma.
En complément de ces subventions, "les Groupes d'action local (GAL) pourraient également apporter davantage de financement concernant l'énergie, la transformation ou encore le matériel, car ils profitent des programmes européens Leader, qui peuvent soutenir les subventions jusqu'à 80 %", partage Évelyne Guilhem, présidente de la fédération départementale des Cuma.
L'autre dossier important est la participation aux Projets alimentaires territoriaux (PAT), et plus précisément au projet de la SCIC Graines équitables. "C'est une unité qui transforme, trie et stocke des céréales et oléagineux à Laure-Minervois, et qui souhaite travailler davantage avec les Cuma du département", précise Évelyne Guilhem, ajoutant que d'autres projets tout aussi pertinents sont en cours d'étude comme 'Manger audois', autour de la création d'une plateforme logistique, ou encore 'Sanglier' en partenariat avec la banque alimentaire et la fédération départementale des chasseurs.
La question du renouvellement des générations est particulièrement préoccupante pour tous les acteurs du monde agricole. "La chance que nous avons dans notre département, c'est que le prix du foncier rend encore possible des installations", note Sylvie Montagné, chargée de mission installation à la Chambre d'agriculture de l'Aude. "Avec le fort taux de départ à la retraite, sans reprise, ces terrains partent soit à l'agrandissement, soit à l'enfrichement, avec tous les problèmes que cela engendre", reconnaît Aline Lamarque, conseillère installation à l'Adear de l'Aude. "Ce qui compte, ce n'est pas d'installer pour installer, mais de faire un vrai suivi de ces installations, tant sur le plan économique que sur le plan de la durabilité." En ce sens, en 2022, le point d'accueil installation a vu passer 338 porteurs de projet, avec 272 personnes qui sont des hors cadres familiaux. Dans cette transition importante, tant pour le cédant que pour l'acquéreur, l'aspect humain est primordial, pour que la transmission puisse se faire dans les meilleures conditions.
Avec le franchissement en dessous de la barre symbolique des 400 000 agriculteurs en France, "le travail des Cuma pour attirer les jeunes générations est de plus en plus conséquent", estime Benoît Gaillard, président de la Cuma de Fanjeaux. Outre la mise en commun de matériels ou de salariés, les Cuma permettent aussi une intégration dans le territoire local, la création de lien entre professionnels, ainsi que le partage de savoir-faire. "Le secteur a aujourd'hui besoin de compétences, de précision, de manière de faire, qui sont en corrélation avec les coûts auxquels nous devons faire face. On ne peut plus se permettre de gaspiller, d'où la nécessité d'être bien formé", ajoute-t-il. Pour cela, la formation CQP conducteur d'engin agricole du lycée agricole de Castelnaudary propose de solides bases pour intégrer une entreprise, dès la fin du cursus scolaire.
Comme le rappelle la présidente, "notre force n'est pas uniquement dans les machines mais dans le groupe, afin de trouver des solutions aux grands problèmes actuels". Parmi ces problèmes, la gestion de l'eau demeure une préoccupation majeure, sans parler de la chute du nombre d'agriculteurs, qui ne cesse de s'amplifier, mais également de la souveraineté énergétique, qui semble s'effriter depuis le conflit en Ukraine. Quant à Gérard Barthez, maire de Ferrals-les-Corbières, les mots sont francs. "Notre village est le premier à avoir subi l'arrachage massif, et les friches qui s'y développent représentent aujourd'hui un problème majeur." La cause ? "Un problème de coût, de vieillissement de la population, un renouvellement difficile, mais aussi la forte présence de la flavescence dorée", partage le maire du village.
La préfecture a donc décidé de mettre en place un comité de pilotage, dont la fédération des Cuma de l'Aude fait partie, afin de trouver des solutions. "Ces friches facilitent la propagation des incendies et abîment la carte postale de notre département", renchérit Évelyne Guilhem. "Le département a perdu une compétence économique et il nous faut trouver des solutions pour aider le monde agricole", remarque Hervé Barro, premier vice-président du Département. "Il faut que les collectivités se mobilisent sur le soutien apporté aux démarches des PAT, qui sont extrêmement importants dans une période où l'autonomie alimentaire devient une ardente obligation."
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