BERRE-L'ÉTANG
Implanté à Berre-l'Étang en maraîchage diversifié avec son père et son oncle, Nicolas Cervetti a essayé plusieurs métiers avant de s'installer. Il se prépare désormais à la reprise de leurs exploitations, d'ici dix ans au plus tard. Une transmission préparée à l'avance.
Nicolas Cervetti
© Crédit photo : JD
"Trouve un métier moins compliqué." Cette phrase, Nicolas Cervetti l'a entendue une bonne partie de son enfance, comme beaucoup de fils ou filles d'agriculteurs. "Mes parents m'ont toujours déconseillé de reprendre l'exploitation familiale", se souvient le maraîcher, installé depuis 2024 à Berre-l'Étang. Une recommandation parentale qu'il a suivie en partie, en s'orientant après son bac vers un diplôme de comptabilité, puis en optant finalement pour un CAP de plombier... Une profession dont il se lasse après deux ans : "Passer mes journées dans le camion, coincé dans les embouteillages entre deux chantiers... Ce n'était pas vraiment la vie dont je rêvais !" conclut le presque trentenaire, quand il fait le bilan de ses premières expériences professionnelles.
Des déconvenues qui le poussent à se remettre en question et envisager de reprendre, à terme, l'exploitation familiale, sans repasser par la case lycée agricole pour valider un BPREA. Pourtant, cela lui aurait notamment permis de prétendre à la DJA (Dotation jeune agriculteur) et à un coup de pouce financier. "Honnêtement, je connaissais le métier et je bénéficiais de l'appui technique de mon père et mon oncle. Retourner en cours ne s'imposait pas." Avant de s'installer officiellement, l'an dernier, Nicolas Cervetti teste la viabilité de son projet, sur 5 000 m² dédiés au maraîchage, que lui loue son père, à partir de 2021. Un moyen aussi, pour son père et son oncle, de tester sa motivation et ses capacités : "Ils ont vu que ce n'était pas une décision sur un coup de tête, mais une envie réelle de créer mon exploitation et d'en vivre, sur le long terme".
La décision mise en œuvre par son père et son oncle, sept ans avant son installation, de réduire la dépendance aux grossistes et de vendre une part de la production, via des marchés de producteurs, correspond aussi à ses objectifs : "Nous privilégions la vente directe qui représente 60 % de notre chiffre d'affaires, bien sûr. Mais le passé, et notamment l'épisode du Covid, m'ont convaincu qu'il fallait garder un 'plan B', une porte de sortie au cas où...". Père, fils et oncle ont également opté pour une organisation bien spécifique pour arriver à travailler ensemble : "Chacun est indépendant juridiquement. Mais nous mettons en commun les outils de production et la commercialisation des fruits et légumes produits". Une méthode, bien rodée - elle leur permet de se passer de salariés, hors saison estivale -, qui devrait se poursuivre encore quelques années, avant le départ en retraite programmé de son père et de son oncle. Un laps de temps que Nicolas Cervetti veut mettre à profit pour monter encore un peu plus en compétences. D'ores et déjà installé sur trois hectares - dont deux hectares en plein champ et un hectare de serres tunnel -, le presque trentenaire a déjà mis en application sa stratégie de diversification avec une trentaine d'espèces de fruit et légumes cultivés annuellement, dont sept variétés de tomates anciennes parmi lesquelles quatre cœur de bœuf. Une diversification qui exclut cependant les fruits et légumes 'à la mode' : "Notre clientèle est plutôt classique" précise le maraîcher, qui préfère se démarquer par la profondeur de gamme, avec plusieurs variétés colorées de blettes, par exemple, et des produits commercialisés cueillis la veille. Mais c'est surtout avec les qualités organoleptiques de ses produits, - "le goût" -, que Nicolas Cervetti souhaite se démarquer. Un élément différenciant qui a convaincu une intermédiaire entre producteurs et chefs étoilés, rencontrée par hasard sur un marché, de travailler avec lui. "Une clientèle à la fois très exigeante et très stimulante" résume le maraîcher, qui raffole en saison de ses petits pois sucrés, de ses mini-haricots mange-tout ou encore de ses fleurs de courgettes.
Une satisfaction pour ce natif de Berre-l'Étang, très attaché à son territoire, et qui déplore la lente disparition du nombre d'exploitations sur les dix dernières années : "De 392 agriculteurs en 2015, nous ne sommes désormais plus que 92. Quant à la dizaine d'enfants d'agriculteurs avec qui j'étais à l'école, je suis le seul qui a décidé de reprendre la ferme familiale". Un crève-cœur pour lui, même s'il reconnaît la volonté politique de la commune de maintenir une tradition agricole, qui a vu son apogée avec la culture de la tomate d'industrie et se poursuit maintenant avec le maraîchage ou la culture des agrumes.
Sur le plan cultural, Nicolas Cervetti a opté pour l'agriculture raisonnée, "un juste milieu entre le conventionnel et la bio" estime ce dernier, qui applique néanmoins des traitements autorisés dans le cadre de l'agriculture biologique. Sans pour autant se décider à franchir le pas de la certification : "Je ne souhaite pas être pieds et poings liés dans le cas d'une d'attaque sérieuse de ravageurs, avec le risque de perdre toute la récolte". Ce qui ne l'empêche pas de laisser ses cultures plein champ en partie enherbée - "un excellent abri pour les auxiliaires de culture comme les coccinelles et la biodiversité, plus globalement"- ou d'accepter une perte de rendement plutôt que l'application de traitements phytosanitaires, si l'ensemble de la culture ou de la serre n'est pas menacée.
À moyen terme, le maraîcher prévoit la construction d'une serre chapelle de deux hectares environ, équipée de panneaux photovoltaïques, implantée sur les actuelles parcelles de plein champ. Il est, pour l'heure, en plein examen des différentes offres des opérateurs sollicités, mais anticipe déjà les futures cultures que la structure accueillera : du maraîchage diversifié, bien sûr. Mais aussi des produits à plus forte valeur ajoutée comme des agrumes, avec l'objectif de diluer le risque financier et de diversifier encore un peu plus son offre commerciale, sur les marchés de producteurs.
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