La Coopération agricole Occitanie
Quelle place occupent les coopératives et leurs adhérents au sein des territoires ? La table ronde - organisée durant l'assemblée générale de La Coopération agricole Occitanie, le 26 mai, au centre culturel de Ferrals-les-Corbières (11) - a permis de donner quelques éclairages sur le sujet.
De g. à d: Alain Giniès (Département de l'Aude), Sébastien Pla (Sénateur), Philippe Boisson (Origine Cévennes), Olivier Beaufils (Sodiaal), Lilian Bertin (Vignerons du Pays d'Ensérune) et Francis Pagès (La Cavale).
© Crédit photo : AL
Quand on sait que neuf agriculteurs sur dix adhèrent à une coopérative, il est facile de comprendre que ces structures ont un poids économique notable sur le territoire. Et pas des moindres. En effet, plus de 300 coopératives agricoles au niveau de la région pourvoient plus de 13 000 salariés pour un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros (Mds€). Et les coopératives font tout pour le maintenir et le pérenniser au travers d'innovations et d'investissements divers.
Née d'une poignée de vignerons en 1906, la coopérative La Cavale de Limoux, présidée par Francis Pagès, développe son outil dans ce sens pour s'adapter au contexte actuel. "Le dernier projet de la distillerie concerne le sujet énergétique, avec l'installation d'un gazéificateur qui nous permet, grâce aux pulpes de raisin issues du marc, de produire notre propre gaz pour faire sécher les pépins pour la production de l'huile", explique le président. De plus, La Cavale s'est investie dans la création de l'association 'Viandes Pyrénées audoises', afin de faciliter la mise en relation entre les éleveurs et les bouchers, "chose qui ne se faisait plus chez nous", défend le président.
D'une autre dimension, la coopérative Sodiaal Union - représentée par Olivier Beaufils, producteur de lait et président de Sodiaal Sud-Ouest - compte parmi les plus grandes de son secteur, occupant le 16e rang mondial et le 3e au niveau national, derrière Danone et Lactalis. Elle regroupe des producteurs laitiers engagés dans la valorisation de leur production. Sodiaal opère dans toute la chaîne laitière, de la collecte du lait à la transformation en produits finis. "Ce qui nous frustre un peu pour une coopérative de cette taille, c'est que l'on ne fait pas toujours ce lien entre l'acte de production et la consommation, territoriale et locale." Localement, la démarche 'Les éleveurs du Sud-Ouest' a été mise à disposition auprès de l'ensemble des acteurs de la distribution, afin d'améliorer ce lien de proximité. Reconnaissant que l'image de la coopérative n'est pas toujours perçue comme un acteur purement local, Olivier Beaufils est néanmoins convaincu que "la marque coopérative devient la porte d'entrée vers le consommateur". Pas uniquement productrice, mais également transformatrice et commerçante, la coopérative prend en effet tous les sujets en considération, afin "d'améliorer l'ancrage territorial et l'adaptation des attentes des consommateurs, mais aussi de l'ensemble de la société pour construire la souveraineté alimentaire".
Clin d'œil à la loi Egalim, "critiquable" selon son président mais qui, dans la filière laitière, "nous a vraiment aidés dans la prise de valeur, même si elle reste timide concernant la prise en compte de l'acte de transformation, qui doit absolument être sacralisé".
Inaugurée en 1905 par Jean Jaurès, la cave des Vignerons du Pays d'Ensérune a traversé des fusions successives. Résultat : elle rassemble aujourd'hui plus de 3 000 hectares de vignoble et 450 coopérateurs. "L'enjeu actuel se focalise sur la transmission des exploitations, afin d'attirer des jeunes sur ces filières en tant que salarié, mais également en tant qu'exploitant", souligne Lilian Bertin, directeur général des Vignerons du Pays d'Ensérune.
Avec plus de 18 millions d'euros (M€) de chiffre d'affaires, le poids économique de la coopérative est loin d'être insignifiant, d'autant qu'elle assure de nombreux emplois dans la région. "Au travers de notre coopérative, 1 emploi génère l'équivalent de 8,5 emplois temps plein en Occitanie. C'est un poids colossal." Engagée dans la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), cette dernière n'avait pas imaginé l'importance de cette démarche, tant elle s'intègre dans la vie quotidienne et permet de développer de vraies solutions à l'échelle du territoire.
En parlant d'importance, Philippe Boisson, président de la coopérative Origine Cévennes, épicentre de la production d'oignons doux gardoise, est particulièrement bien placé avec les chiffres de la structure qui laissent envieux : 6 M€ de chiffre d'affaires pour une surface de 50 ha, soit 120 000 €/ha quand la vigne en dégage en moyenne 4 000 €/ha... "Nous sommes un peu le musée de l'agriculture, car on travaille sur des terrasses et nous avons besoin de beaucoup de main-d'œuvre. Or, économiquement, nous avons un beau modèle." Ce modèle d'ailleurs, il le défend et n'hésite pas à souligner la détermination de ceux qui le font vivre. "Les manifestations ont montré que nous n'accepterons plus certaines choses, et je crois que, maintenant, les politiques doivent comprendre que nous avons fait beaucoup d'efforts, et qu'il nous faut dorénavant un minimum pour que nous puissions vivre de notre métier."
Acclamation, l'auditoire est unanime sur ce point, tout autant d'ailleurs lorsqu'il est question de diversification face au manque d'eau. "Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous avons une filière compétente et organisée. Il faut simplement nous accompagner pour pouvoir poursuivre ce qu'ont fait nos anciens, et que les générations futures feront perdurer." De la semence à la commercialisation, Philippe Boisson soutient l'idée de se regrouper et défend l'émergence d'une communauté des communes unique, qui permettrait "d'avoir plus de poids et de montrer aux politiques ce que les agriculteurs savent faire".
Répondant à l'appel à l'union dans le monde agricole, Alain Giniès, vice-président du Département de l'Aude, déclare que "la meilleure des façons pour évoluer, c'est de travailler collectivement". Cette vision se concrétise avec le vote à l'unanimité de la stratégie départementale 'Agricole et pêche', qui propose de nombreux volets de soutien aux producteurs, mais également pour les paysages. Le Département renforce également son aide, en étendant le RSA saisonnier aux PME, une initiative qualifiée de "considérable" par le vice-président.
De son côté, Sébastien Pla, sénateur de l'Aude et vigneron, exprime sa tristesse face au déclin de l'agriculture locale, illustré par la disparition de la cave coopérative de son village. Pour lui, ces structures sont "d'utilité publique", soulignant ainsi leur rôle social. Ce dernier juge également les groupements d'employeurs comme des solutions pour maintenir l'activité saisonnière.
Malgré les défis, tous ces acteurs restent engagés à défendre le monde agricole, conscients que les enjeux environnementaux et de souveraineté alimentaire sont primordiaux. Reste à sensibiliser un acteur central de cette dynamique : le citoyen.
IL a dit-
Sur la question de la relocalisation alimentaire et de la mise en place de Projets alimentaires territoriaux (PAT), il rappelle qu'il ne faut pas "ultra-localiser" la production alimentaire. "Dans l'agglomération de Lyon, un orage a dévasté de nombreuses productions agricoles qui, par conséquent, n'ont pas pu répondre aux besoins du PAT." Ce dernier encourage la production locale, mais considère que "ce n'est pas parce que l'on est à quelques kilomètres que la production n'est pas locale".
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