Laurent Bunan, 56 ans, vigneron à La Cadière d’Azur, entend défendre le métier de vigneron indépendant sur tous les fronts.
Diplômé d’œnologie à Beaune, en Bourgogne, Laurent Bunan a sillonné plusieurs vignobles, de la Provence à la Napa Valley aux Etats-Unis, en passant par Châteauneuf-du-Pape et l’Alsace. Depuis 2008, il est co-gérant des Domaines Bunan, entre La Cadière d’Azur et Le Castellet. Ils produisent des AOC Bandol, AOC Côtes de Provence, AOC Coteaux varois en Provence et IGP Mont Caume. Voyageur dans l’âme, Laurent Bunan s’attache notamment à faire connaître les vins du domaine familial à travers le monde, pour développer l’export. Il travaille aux côtés de sa sœur, Françoise, et de ses cousins, Claire et Philippe. Passionnés, tous les quatre cultivent, comme leurs pères Paul et Pierre avant eux, la passion de la terre, de la vigne et du vin. La troisième génération de vigneron de la famille Bunan a notamment pris à bras le corps la question environnementale, en passant à l’agriculture biologique, en s’ouvrant à la biodynamie, et en étant précurseur en région Paca sur la Haute valeur environnementale (HVE).
Très tôt, Laurent Bunan s’implique dans la vie syndicale professionnelle. Ancien adhérent du syndicat des Jeunes agriculteurs, il a été président de son canton au sein du réseau JA. Administrateur de la Fédération des Vignerons indépendants Paca-Corse (anciennement Var) depuis de nombreuses années, il est également membre du conseil d’administration du syndicat des Vins de Bandol.
Défendre le métier de vigneron
Aujourd’hui, il succède à Christophe Durdilly à la présidence de la fédération des Vignerons indépendants de Paca-Corse, et entend faire de la défense du métier de vigneron une priorité. “Je veux qu’on revienne à notre métier. C’est un métier qui devient de plus en plus difficile au niveau administratif, mais aussi au niveau de l’environnement. Il y a de plus en plus de menaces, que ce soit la construction galopante, le prix des terres qui s’envole, la transmission à nos enfants qui est toujours plus compliquée. Notre vignoble est mité par l’urbanisation, sans parler des décharges sauvages comme on en voit sur Bandol. Ce sont des axes sur lesquels je veux travailler. Je souhaite défendre le métier de vigneron, qu’on puisse passer plus de temps dans nos caves et nos vignes, plutôt que de s’épuiser avec les administrations et autres organismes”, explique-t-il.
Un autre de ses objectifs est de rassembler un maximum de vigneron au sein de la fédération Paca-Corse, qui compte aujourd’hui 420 adhérents du Var pour une majorité, mais aussi des Alpes-Maritimes, des Alpes-de-Haute-Provence et de Corse. “Nous représentons à ce jour 90 % des vignerons indépendants de notre territoire. J’aimerais renforcer encore nos rangs, et, qui sait, arriver aux 100 %”, ambitionne-t-il. Pour lui, la représentation de la profession est essentielle à la défense et à la promotion du métier.
Avancer ensemble
Dans cet esprit, le renforcement de la notoriété de la marque collective et du logo ‘Vigneron indépendant’ sera un des objectifs de son mandat. “Aujourd’hui, on fait face à beaucoup de concurrence, en France comme à l’étranger. Le monde entier regarde nos vins, nos rosés en particulier. Dans ce contexte, le label ‘Vigneron indépendant’, qui suit une charte qualité émanant des vignerons, est un gage de qualité et de traçabilité. Il distingue ceux qui travaillent la terre et la vigne, font les vins et les vendent. Etre Vigneron indépendant, c’est avoir le souci de l’authenticité du produit et du caractère du terroir”, souligne Laurent Bunan.
Le label HVE reste également très important pour le président des Vignerons indépendants, qui œuvrent au développement de la certification depuis plusieurs années. “Nous avons déjà fait beaucoup de travail. Nous avons été pionniers sur cette démarche, il faut continuer à accompagner les vignerons, à proposer des formations.” L’enjeu est d’autant plus important avec le dérèglement climatique. Concernant l’irrigation, dossier d’importance sur la région, la position de Laurent Bunan est claire : “Nous y sommes tout à fait favorable, en fonction des appellations : certaines l’autorisant, d’autres pas encore. Mais les choses sont appelées à bouger. L’irrigation est un levier parmi d’autres. D’autres sujets doivent être travaillés en parallèle, comme la gestion de la météo par exemple”, indique-t-il.
Pour répondre aux contraintes et défis de la profession, la qualité est finalement la première priorité. “On a déjà beaucoup évolué et on est obligé de continuer à avancer. Il faut travailler ensemble, pour tirer tout le monde vers le haut. De nombreuses personnes sont curieuses d’apprendre, de comprendre, de toucher, de sentir, de goûter ce qu’est la vigne et le vin. Il faut savoir répondre à cette tendance”, conclut-il.
G. LANTES
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