JEUNES AGRICULTEURS 11
Élu à la tête des Jeunes agriculteurs de l'Aude à l'issue de l'assemblée générale le mercredi 11 mars, Alexandre Garcia hérite d'un syndicat confronté à des urgences multiples. Il est cependant bien décidé à maintenir un cap clair et une ambition affichée.
Alexandre Garcia, nouveau président des Jeunes agriculteurs de l'Aude.
© Crédit photo : AL
C'est dans un contexte tendu qu'Alexandre Garcia a pris les rênes des Jeunes agriculteurs de l'Aude, à l'issue de l'assemblée générale du syndicat, mercredi 11 mars. Viticulteur à Argeliers sur 16 hectares et installé hors cadre familial depuis 2019, il succède à la présidence bicéphale de Loïc Escourrou et Léo Gasc. "Tous les adhérents comptent sur moi. Maintenant, il va falloir avancer sur les dossiers", assume-t-il.
L'assemblée générale qui a précédé son élection a donné le ton. Parmi les sujets soulevés : le maintien des notifications Safer réservées aux adhérents Jeunes agriculteurs. "C'est un droit d'alerte qui consiste à pouvoir être prioritaire lors de toute mise en vente de terres agricoles et ce, sur trois communes de leurs choix", explique le vigneron. À l'origine octroyée uniquement aux Jeunes agriculteurs, cette mesure a été contestée par d'autres syndicats lors de l'assemblée, sans succès.
C'est surtout la détresse de la filière viticole qui a dominé les échanges. La prime d'arrachage à 4 000 € l'hectare promise est toujours attendue, tout comme la prise en charge des cotisations MSA annoncée lors des négociations post-manifestations. "De tout ce que l'on a demandé, pour le moment, il n'y a pas grand-chose qui a été signé. Il faut que ça se bouge."
Le défi le plus immédiat tient en trois lettres : PAI. Le Pôle accueil installation, financé à hauteur de 40 000 € par an, permet aux JA de l'Aude de disposer d'une salariée dédiée à l'accompagnement des candidats à l'installation pour le montage des dossiers Dotation jeune agriculteur (DJA), le suivi personnalisé et l'orientation. De quoi satisfaire ceux qui projettent de s'installer : "Elle reçoit les jeunes à la Chambre d'agriculture, aiguille les gens, monte les projets. C'est un confort énorme pour ceux qui s'installent", confirme le président.
Or, le gouvernement a décidé de supprimer cette subvention à compter de 2027, sans date précise, ni solution de remplacement identifiée.
Le risque est de voir ce service se réduire à un simple accueil téléphonique. Pour combler le manque, Alexandre Garcia entend mobiliser des partenaires privés comme les banques, les coopératives, les concessionnaires agricoles, avec un argument pragmatique : "S'il n'y a plus de jeunes agriculteurs dans 20 ans, ces acteurs ne seront plus là non plus."
Au-delà des négociations financières, le nouveau président veut faire de l'installation sa marque de fabrique. Il compte s'entourer de vice-présidents issus de différentes filières - élevage, céréales, maraîchage -, pour ne pas réduire la représentation du syndicat à la seule viticulture, sa filière. Il projette également d'organiser une foire agricole annuelle ouverte au grand public pour faire connaître les métiers de la terre aux jeunes générations. "Si on n'installe pas des jeunes, notre métier sera mort. Il faut donner envie."
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