OCTOBRE ROSE
À l'occasion d'Octobre Rose, la FDSEA des Pyrénées-Orientales a réuni les agricultrices du département dans la boutique de Christine Faraud, à Trouillas. Une parenthèse conviviale qui rappelle combien les liens tissés entre ces femmes, au fil des années et des générations, peuvent compter lorsque la vie se complique. "Il faut prendre soin de nous", rappelle Nathalie Capillaire, directrice du syndicat.
Autour de Christine Faraud, les agricultrices des Pyrénées-Orientales cultivent une solidarité qui dépasse largement le rendez-vous d'Octobre Rose.
© Crédit photo : AV
Rose. Jeudi 15 octobre, chez Améthyste Fruits, à Trouillas, la couleur gagne peu à peu du terrain. Au milieu des plateaux de figues, des pommes et des potimarrons, les dernières touches de décoration annoncent un rendez-vous particulier. À l'invitation de la FDSEA des Pyrénées-Orientales, les agricultrices se sont retrouvées chez Christine Faraud pour partager bien plus qu'une couleur. Des nouvelles, des sourires et cette complicité qui se cultive au fil du temps. Cette année, pourtant, la rencontre a pris une résonance particulière.
"Celles qui sont là, je sais que je peux compter sur elles." En désignant les femmes présentes autour d'elle, Christine Faraud évoque une solidarité devenue particulièrement précieuse depuis qu'un cancer, diagnostiqué en 2025, l'a contrainte à interrompre son activité. "Le moindre coup de téléphone a une importance capitale", confie-t-elle. Une solidarité qui se manifeste naturellement : "On ne se le demande pas entre nous. On n'a pas besoin de se demander."
Lorsque Christine est tombée malade, sa fille Lisa, jusqu'alors assistante vétérinaire, a dû reprendre au pied levé les responsabilités de sa mère au sein de la boutique Améthyste Fruits et de la station de conditionnement. Christine a été particulièrement touchée par la démarche des agricultrices venues à la rencontre de sa fille pour lui apporter un soutien d'autant plus précieux qu'elle devait faire face à des responsabilités auxquelles rien ne l'avait préparée.
Pour Martine Sanchez, viticultrice et vice-présidente de la FDSEA 66, la complicité entre femmes s'entretient bien au-delà des rendez-vous organisés. "C'est cet élan qui fait qu'on est présentes les unes pour les autres." Il arrive que les agricultrices restent plusieurs semaines sans se voir, avant de se retrouver pour s'accorder la "bulle d'air" que les exigences du métier relèguent trop souvent au second plan.
Ces moments permettent, aussi, de libérer la parole. "Ça fait du bien, parfois, de dire le mal-être que l'on ressent. Personnellement, j'ai toujours eu le soutien des autres agricultrices dans les moments difficiles (...). On a tous des moments noirs." Martine souligne aussi cette capacité des femmes à percevoir ce que les autres traversent. "On ne ressent pas les mêmes choses qu'un homme", observe-t-elle. "Quand quelqu'un ne va pas bien, parfois un simple regard suffit."
Évoquant Alberte Batlle, elle aussi présente à Trouillas, Martine souligne la richesse des liens entre les femmes de différentes générations, une "source précieuse" à ses yeux. "Il y a une transmission qui se fait sur le travail et sur la vie. Tout est lié."
Pour Marjorie Banyuls, agricultrice à Espira, cette rencontre d'Octobre Rose témoigne des liens qui unissent les agricultrices entre elles. "On est là aujourd'hui pour le représenter." Au-delà de cette sororité qui s'exprime naturellement, la solidarité s'organise aussi à travers le réseau des sentinelles de la MSA, dispositif de prévention du mal-être agricole. Ces volontaires sont formés pour repérer les premiers signes de souffrance psychologique et orienter les personnes en difficulté. "On est là pour ouvrir la conversation", résume Marjorie, en désignant à l'autre bout de la boutique Céline Vila, elle aussi sentinelle de la MSA.
Car, avant de pouvoir aider, encore faut-il détecter les situations préoccupantes. Isolement, changement de comportement, fatigue inhabituelle ou propos inquiétants peuvent constituer autant de signaux d'alerte. La formation des sentinelles leur apprend à les reconnaître, mais aussi à engager le dialogue sans jugement. Leur rôle n'est pas de se substituer aux professionnels de santé ou aux travailleurs sociaux. Elles constituent un premier relais, capable d'établir le contact et de guider les personnes vers les dispositifs adaptés.
15/10/2026 - Octobre Rose avec les agricultrices de la FDSEA 66 - Escape Game animé par Marie-Laure Balalud de Saint-Jean, animatrice vie mutualiste prévention mal-être agricole à la MSA Grand Sud.
© Crédit photo : Anne Vivien
Et si l'on parlait dépistage en jouant ? À l'occasion de cette rencontre, Marie-Laure Balalud de Saint-Jean, animatrice 'Vie mutualiste et prévention du mal-être agricole' à la MSA Grand Sud, a proposé aux agricultrices un escape game baptisé 'Mission Santé avant tout'. Conçu par Mathilde Hervé, chargée de développement territorial en santé publique, ce jeu participatif invitait les participantes à résoudre des énigmes autour de la prévention des cancers du sein, colorectal et du col de l'utérus. Chiffres clés, facteurs de risque, gestes de prévention et étapes du dépistage : autant d'indices à réunir pour déchiffrer un mot mystère. Une façon ludique d'aborder des questions de santé essentielles. L'animation a également permis de présenter les dispositifs d'accompagnement proposés par la MSA Grand Sud.
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