L’AOP Bandol, au sein de laquelle l’exploitation familiale du Domaine des Trois Filles est implantée a beau être placée sous le signe du rouge, c’est bien le rose qu’Audrey Arlon et ses deux sœurs ont choisi pour se démarquer des autres domaines de l’appellation. Au Domaine des Trois Filles, cette couleur est donc omniprésente : des cartons d’emballage jusqu’au chai, dont une partie des cuves affiche un rose pétaradant. "L’idée s’est imposée lorsque nous avons créé le domaine avec mes sœurs et mes parents" explique Audrey Arlon, l’aînée de la fratrie. Les trois sœurs misent donc à fond sur une communication décalée, d’où le nom commercial choisi et le rose, symbole de féminité. D’autant que leur caveau est perché au sommet d’une route, au long de laquelle s’égrène la signalétique de grands domaines : de quoi perdre en chemin d’éventuels acheteurs...
Huit ans après la reprise de l’exploitation, le pari semble réussi même si l’opération n’avait rien d’évident au départ. "Mes parents apportaient leurs raisins à la cave coopérative de la Cadière-d’Azur jusqu’en 2012" raconte Audrey Arlon. L’année suivante sera celle du saut dans le vide : "La pression était énorme, au moment des vendanges 2013, lors du premier trajet en tracteur entre les vignes et le caveau". La prise de risque est pourtant calculée : "Depuis toute petite, je passais tout mon temps libre dans les vignes" se souvient l’aînée des trois sœurs, dont la vocation s’affirme très tôt. Après quatre ans d’études de viti-œnologie à Orange, où elle valide un BPEA et un BTA, elle complète sa formation par un BTS œnologie et une licence à Bordeaux. Ses différents stages ou emplois la conduisent notamment au Chili, dans un domaine viticole, avant de revenir au Domaine de l’Hermitage pour se perfectionner aux techniques d’élaboration du rosé.
Une passation en douceur
La passation, entre les parents et les enfants s’effectue en douceur : "Ils sont heureux que leurs filles reprennent l’exploitation et nous avons la chance de travailler en famille" résume Audrey, qui chapeaute le volet vinification et apporte son expertise technique. Celle-ci passe notamment par l’envie d’évoluer vers une démarche la plus vertueuse possible du point de vue environnemental. "Notre ambition est de préserver ce capital, que nous laisserons à nos enfants" explique la jeune femme, qui a choisi de laisser certaines parcelles test enherbées. "L’objectif est d’obtenir un effet paillage, en couchant l’herbe, afin de garder un maximum d’humidité aux pieds des vignes et d’optimiser la biodiversité des sols" explique Audrey Arlon. Les démarches réalisées en vue d’obtenir la certification Haute valeur environnementale (HVE) l’ont convaincu de poursuivre dans cette voie : "Elles m’ont sensibilisée à la notion de biodiversité des sols et au sein de l’exploitation" précise cette dernière. L’exploitation désormais certifiée HVE, elle a entamé les démarches pour une labellisation en bio.
"J’avais besoin d’être rassurée, avant d’aller plus loin avec la bio" note Audrey Arlon. "Ma crainte était de me retrouver pieds et poings liés, en cas d’apparition de maladies dans les vignes, avec l’impossibilité d’utiliser des produits de synthèse, même si nous bénéficions de conditions météorologiques favorables, contrairement à d’autres vignobles, grâce au mistral et à la faible pluviométrie." Pas question non plus, pour elle, de rentrer dans le moule et suivre un effet de mode, "même si le marché des vins AB est porteur. De plus en plus de foires aux vins, qui représentent un de nos principaux moyens de commercialisation, sont dédiées au bio" estime la vigneronne, pour qui "ne pas être certifié fermait certaines portes".
Rester un domaine familial
La crise sanitaire liée au Covid et l’interdiction des foires et salons a néanmoins rebattu les cartes pour le domaine, adhérent à la Fédération des Vignerons indépendants et participants réguliers de ses salons. "Les particuliers représentent notre cœur de cible" note Audrey Arlon, qui a dû revoir sa stratégie commerciale en urgence, au lendemain de l’annonce du confinement par le président de la République, en mars 2020. Les événements organisés au domaine ont été maintenus, mais adaptés au contexte et aux mesures de restrictions sanitaires. Les Trois filles ont aussi renforcé leur communication sur les réseaux sociaux, via leur page Facebook, dans les magazines et les guides œnotouristiques édités par les communes de l’appellation Bandol, mais aussi la vente directe en ligne, sur leur site internet.
Le domaine a également pu compter sur l'export, travaillé depuis deux ans. "Nous avons essayé de travailler en direct avec des importateurs, mais le résultat a été catastrophique" reconnaît l’aînée des trois sœurs, qui s’est depuis tournée vers un agent commercial spécialisé. Une démarche qui lui a ouvert les portes de plusieurs pays européens (Suisse, Belgique, Italie, Danemark) et des États-Unis. "C’est une opportunité commerciale supplémentaire pour nous. L’objectif est d’exporter 5 à 10 % de notre production" juge la vigneronne, qui n’envisage pas de se développer au de-là de 11 hectares, contre 9 ha actuellement. "Nous sommes un petit domaine familial, et nous souhaitons le rester. Certains sont tentés de s’agrandir pour répondre à la demande. Mais c’est un cercle vicieux : cela implique de recruter des salariés à l’année pour accompagner la croissance. Nous avons tranché sur ce point : nous sommes des vignerons, pas des managers."
Julien Dukmedjian
Contact Domaine des Trois Filles 1616 chemin de la Bégude 83740 La Cadière-d’Azur 04 94 71 27 53 contact@domainesdestroisfilles.com https://www.domainedestroisfilles.fr
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