MSA
Ce mercredi 12 juillet, Olivier Damaisin, coordinateur interministériel du plan mal-être, est venu dans les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales afin de mieux cerner les problématiques de terrain.
Vincent Auzolle déplore l'état de son vignoble. "Je ne sais même pas si je vais pouvoir vendanger", explique t-il à Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du plan de prévention du mal-être en agriculture au sein de la CCMSA.
© Crédit photo : AL
La réalité des paysages bucoliques de l'Aude n'est pas toujours l'image idéale de la vie à la campagne. Les agriculteurs font face à de nombreuses pressions difficiles à encaisser tout seuls : dérèglement climatique, marché économique morose, évolution des tendances de consommation... la vie d'agriculteur nécessite mille compétences mais, avant tout, l'accompagnement de tous les acteurs du monde agricole.
Afin de montrer son soutien, Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du plan de prévention du mal-être en agriculture au sein de la CCMSA, est venu rencontrer les divers organismes agricoles et discuter avec les exploitants sur leurs lieux de travail, afin de percevoir les réalités de terrain. "Je suis venu, car le mal-être agricole est une préoccupation majeure pour la profession dans son ensemble. Mon travail est de faire évoluer les lois qui sont en vigueur, en mettant en lumière ce qui se passe réellement sur le terrain."
Ce dernier a été à l'origine de la création de cette 'cellule mal-être', à la demande directe du président de la République, peu de temps après la sortie du film "Au nom de la Terre", qui, comme le reconnaît le coordinateur, "a permis de briser le tabou sur le mal-être des agriculteurs".
Le premier chantier a été l'instauration de comités départementaux, qui semblaient logiques pour ce dernier au vu des spécificités de chaque département. "Pour une meilleure gestion, il est primordial de prendre en compte les différentes filières et les conditions climatiques", admet Olivier Damaisin.
La feuille de route interministérielle suit donc son cours, notamment sur la thématique des 'sentinelles'. Réservé au départ aux salariés MSA, puis ouvert ensuite à la société civile, l'émergence de cette formation a pour but de donner tous les outils au plus grand nombre, afin de mieux détecter les situations de détresse. "À l'époque, j'avais remarqué que beaucoup de personnes venaient en aide aux agriculteurs. En revanche, il n'y avait aucune coordination entre eux. En fin de compte, il est essentiel de travailler en commun pour répondre plus efficacement aux attentes."
Avec un réseau sentinelle, étendu à plus de 83 bénévoles, dont 16 salariés de la MSA Grand Sud, de prochaines sessions de formation sont prévues dans chaque département au cours du second semestre 2023. Elles intégreront de nouveaux partenaires volontaires, afin de mailler le plus efficacement possible les territoires. "Sachez que vous n'êtes pas seul", tente de rassurer Olivier Damaisin.
C'est au travers de ce constat que de nombreux syndicats et organismes agricoles (Chambre d'agriculture, FDSEA, JA, Syndicat des vignerons, Fédération des vignerons indépendants, Vignerons coopérateurs d'Occitanie, Confédération paysanne) et services de l'État (préfecture, DDTM) étaient présents pour entendre les inquiétudes de Vincent Auzolle, viticulteur à Portel-des-Corbières, jeune installé depuis 2021. "Aujourd'hui, c'est l'inconnu", admet- il sans détour. "Le gel de 2021 a ravagé mon vignoble à 100 % et, cette année, j'estime la perte de ma récolte à plus de 50 % due au manque d'eau. Cette situation est intenable."
Montrant du doigt une de ses parcelles de vignes fraîchement arrachée dans les hauteurs de son exploitation, le jeune viticulteur ne manque pas de souligner l'incohérence et l'absence de retour sur son engagement qualitatif via les labels Terra Vitis, ou encore HVE. "Je fais des efforts mais, quand je vois que je vends mon vin à 60 € l'hectolitre, je considère qu'il y a zéro retour, et que je ne peux pas continuer ainsi." À la question qui lui est lancée, "comment abordez-vous l'avenir ?", Vincent Auzolle répond sans sourciller, "dans ces conditions, je n'en vois aucun."
Loin d'être un cas isolé, de nombreux viticulteurs sur place, installés depuis de longues années, font le même constat. Cette situation d'arrachage et d'abandon des terres fait naître des friches, qui rendent les risques incendies élevés et difficiles à maîtriser, tout en mettant en danger le paysage, ainsi que toute la société civile. "C'est la même situation sur des centaines d'hectares", s'exclame Philippe Vergnes, président de la Chambre d'agriculture de l'Aude. Une situation que le président juge "catastrophique" pour l'ensemble de département.
En commun donc, les différents acteurs travaillent ensemble, dans des comités pléniers placés sous la direction de la préfecture de chaque département, pour développer les mesures de prévention et de détection des situations de mal-être.
Durant le mois de juin, la MSA Grand Sud et l'ensemble des partenaires ont réfléchi aux actions permettant une meilleure prévention et détection des situations de mal-être en agriculture au cours d'ateliers animés par le comité technique (DDTM, DDETSPP, ARS et Chambre d'agriculture).
Le premier objectif est d'adopter une approche transversale et coordonnée des différentes mesures d'accompagnement des agriculteurs et salariés agricoles, actifs et inactifs. Ensuite, dans chaque département, le comité technique proposera la mise en œuvre concrète d'actions.
À cet effet, Arnaud Marty, référent prévention mal-être à la MSA Grand Sud, est chargé de coordonner toutes ces actions. "Une fois qu'un signalement est effectué, mon rôle est de le partager auprès des services de la caisse, qui peuvent avoir une action sur la situation : cotisation, recouvrement, versement et ouverture des droits... avec un accompagnement auprès des travailleurs sociaux qui regardent si l'agriculteur peut prétendre au RSA ou à des prestations familiales", explique le référent. La Chambre d'agriculture, la DDTM, ainsi que l'Inspection du travail s'investissent pleinement dans ce processus auprès de la cellule mal-être de la MSA.
La MSA Grand Sud est consciente des préoccupations liées à la sécheresse dans les Pyrénées-Orientales et dans l'est de l'Aude, ainsi qu'aux fortes pluies dans la région du Limouxin. Dans le cadre de ces difficultés, la MSA met en place une surveillance des situations à risques lorsqu'une aide financière liée à une crise agricole est demandée.
À savoir-
La MSA Grand Sud a mis en place d'autres mesures de prévention : une aide au répit pour éviter le burn out chez les exploitants et les salariés de la production agricole (72 actifs accompagnés en 2022), un recours au service de remplacement, une cellule pluridisciplinaire au sein de l'entreprise pour fluidifier le traitement d'une situation, une ligne d'écoute spécialisée et disponible 24 h/24 et 7 j/7 avec accès à un psychologue (09 69 39 29 19) pour répondre aux situations de détresse psychologique.
ICI
Votre encart
publicitaire !
CHASSE
Pays d'Oc

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner