Cour de justice de l'UE
Le traité du Mercosur est en passe d'être adopté. Il devrait être paraphé lundi 12 janvier par Ursula van der Leyen au Paraguay, après la réunion des ambassadeurs ce week-end qui pourrait accélérer sa signature. La FNSEA se prépare à appeler à une nouvelle manifestation, le 20 janvier, après celle du 18 décembre qui avait empêché la présidente de l'Union européenne de monter dans l'avion pour signer le document, discuté depuis 25 ans.
"Nous avons encore une échéance, avec la rencontre ce week-end des ambassadeurs européens. S'ils valident le Mercosur, l'enjeu sera le parlement européen, avec le dépôt d'une saisine devant la Cour de justice européenne. Et nous appelons à une manifestation le 20 janvier à Strasbourg", expliquait ce jeudi matin Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, aux côtés d'Hervé Lapie, secrétaire général, lors des vœux du syndicat à la presse.
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La France n'avait le choix qu'entre deux solutions : l'isolement, faute d'avoir pu rallier une minorité de blocage longtemps espérée, après la défection de l'Italie qui a eu des garanties de son côté au niveau de la Pac ; ou un vote contraint, avec le sous-titre que Bruxelles a accordé des garanties suffisantes, au niveau des clauses miroirs notamment. Dans les deux cas, la France ressort penaude de ce combat et voit son poids européen devenir plume, alors que la colère se répand dans les campagnes, s'invitant le 8 janvier au pied de la Tour Eiffel, puis au Parlement.
Ce sera finalement l'isolement : ce jeudi soir 8 janvier, nos confrères de France Inter annoncent qu'Emmanuel Macron "a décidé de voter contre l'accord de libre-échange", "tout comme l'Irlande, la Pologne ou la Hongrie". La majorité qualifiée se profile donc à l'horizon.
Lors de ses vœux, ce jeudi (8, ndlr) matin, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, mettait lui en avant que "le bras-de-fer continue" et que le syndicat majoritaire travaillait "concrètement pour trouver des solutions avec ses homologues européens" du Copa-Cogeca, italiens (Coldiretti) et même allemands (DBV), "qui disent la même chose que nous, à savoir 'Non au Mercosur' en l'état", expliquait-il.
"On veut obtenir des résultats, mais on sait que ce n'est pas à Paris que cela se joue. On était présent le 18 décembre à Strasbourg et l'on veut désormais déposer une saisine devant la Cour européenne de justice, et qu'elle soit mise à l'ordre du jour [le 15 janvier, ndlr]. Le sujet n'est pas d'envoyer des tracteurs pour faire de belles photos pour les réseaux sociaux, mais de mobiliser nos partenaires européens et de mettre cette saisine à l'ordre du jour du Conseil européen, afin d'obtenir une majorité simple qui suspendra l'accord. C'est concret, c'est notre objectif", martelait le président à la veille de l'intervention du Premier ministre, vendredi 9.
La FNSEA et les Jeunes agriculteurs l'ont rencontré le 6 janvier pour lui rappeler qu'un peu de pragmatisme serait le bienvenu : décrets attendus depuis deux ans (LOA, loi Duplomb…), réforme de l'assurance prairie, versement des primes d'arrachage viticole… "Attendre deux ans et demi entre la loi sur les retraites, promulguée le 13 février 2023, et le décret, paru le 30 décembre 2025 pour une mise en application le 1er janvier 2026… c'est ubuesque, et c'est comme ça sur tous les décrets !", tempêtait de son côté Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, citant pêle-mêle d'autres dossiers d'urgence : le versement effectif des aides annoncées, les décrets sur le stockage de l'eau, la loi d'exception agricole "d'ici l'été", le fonds d'allègement des charges pour les céréaliers, l'assurance prairie, les questions sanitaires en élevage, la directive nitrate n°7 ou la prédation du loup…
Si, le 7 janvier, le déplacement à Bruxelles pour la réunion exceptionnelle des ministres de l'Agriculture permettait à Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, d'annoncer "la suspension du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières [MACF, ndlr] avec effet rétroactif au 1er janvier 2026", les annonces sur la vision et le budget de la Pac et Mercosur, elles, restaient à quai.
Avec un tour de passe-passe politique, et sentant la chaleur des flammes et la minorité de blocage sur le Mercosur se rapprocher, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé la veille une rallonge de 45 milliards d'euros pour la future Pac, dont dix milliards supplémentaires pour l'Italie. "L'objectif du déplacement était aussi de rappeler pas de baisse de budget pour l'agriculture française, pas de décommunautarisation, pas de renationalisation qui se feraient au détriment de la souveraineté alimentaire et de la sécurité de nos agriculteurs", expliquait Laurent Beteille, directeur adjoint du cabinet d'Annie Genevard quelques heures avant la rencontre.
Il n'empêche, Arnaud Rousseau ne cesse de le dire : "Nous ne lâchons rien sur le Mercosur. Le 20 janvier, nous serons à Strasbourg pour encore dire 'non' à ce traité. L'Union européenne doit se ressaisir, porter une vision : la Pac doit être un outil nous permettant d'être en capacité de produire, et pour cela, il faut remettre du consensus scientifique et agronomique dans les décisions. Et nous porterons cela auprès des candidats aux prochaines élections présidentielles. Il faut changer de logiciel agricole et dire stop à la stupidité de règles administratives qui se contredisent les unes des autres."
Pour le président, il faut redonner une vision et des perspectives aux agriculteurs. "Et c'est ce que nous présenterons lors de notre congrès du 80e anniversaire de la FNSEA, à Caen. Car la FNSEA, quels que soient les gouvernements, a toujours été dans la recherche de solutions", a-t-il conclu.
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