Optimisation
Aider à optimiser l'usage de l'eau tout en préservant les ressources et en garantissant la qualité de la production ? Dans l'Hérault, la Chambre d'agriculture pilote un programme pour accompagner les collectifs d'irriguants. Retour d'expérience.
"Ne pas lisser artificiellement les disparités agronomiques afin que les conseils restent pertinents pour chaque parcelle", préconise Paul Katgerman, conseiller spécialisé sur le pilotage hydrique des cultures pérennes à la Chambre d'agriculture de l'Hérault.
© Crédit photo : AL
Consciente des enjeux autour de l'irrigation, la Chambre d'agriculture de l'Hérault peaufine son dispositif d'accompagnement des collectifs d'irriguants afin d'aider les viticulteurs à mieux gérer leur consommation. L'objectif est triple : former et animer les collectifs d'irriguants, assurer un suivi précis de la gestion hydrique, et économiser l'eau tout en maintenant des objectifs de production. "Le but est de s'intéresser à la gestion de l'eau, pas uniquement à l'échelle individuelle, mais bien en collectif", introduit Paul Katgerman, conseiller spécialisé sur le pilotage hydrique des cultures pérennes à la Chambre départementale. Seulement, deux problématiques s'érigent : la compréhension du territoire et la mesure de l'état hydrique tout autour de ce dernier. Pour ce faire, l'utilisation d'outils numériques se révèle intéressante et bien utile.
Les collectifs accompagnés cou-vrent des surfaces allant de 80 à 1 100 hectares, avec une ancienneté pouvant remonter jusqu'à 1978. "C'est très important car on ne peut pas parler de la même manière avec des gens qui ont beaucoup d'ancienneté et ceux qui viennent d'avoir l'accès à l'eau." L'origine est, elle aussi, un paramètre important. Ici, l'eau utilisée provient de ressources variées, des milieux naturels - Orb, La Peyne, La Lergue, Le Salagou - comme des réseaux tels que celui de Bas Rhône Languedoc (BRL). "L'avantage avec BRL, c'est que la ressource n'est pas coupée via des arrêtés cadres durant la saison", souligne ce dernier.
En 2024, sept collectifs ont bénéficié de cet accompagnement. Cependant, avant toute démarche, il a fallu réaliser une caractérisation fine des zones d'étude notamment au travers de quatre paramètres majeurs. Il s'agissait d'étudier l'aspect du sol, le comportement hydrique des cépages, le climat également, avec la collecte de données météorologiques et enfin, la topographie qui impacte les reliefs sur la disponibilité en eau.
Exemple concret, celui du collectif de Villeveyrac, qui rassemble plus de 30 agriculteurs sur 450 ha de surfaces irrigables où différentes zones de réserve utile ont été identifiées, allant de faible (< 80 mm) à élevée (> 200 mm). L'étude de fosses pédologiques a permis d'identifier des comportements racinaires variés selon les cépages et la nature des sols. "Au sein même de cette zone, les sols sont différents avec d'une part des sols profonds, avec des alluvions, et d'autre part, des sols rouges et riches en oxyde. Cette première lecture du territoire complexifie le conseil en irrigation," détaille Paul Katgerman.
L'un des principes clés du programme repose sur le suivi du potentiel hydrique durant la saison. "Néanmoins, cette mesure demande beaucoup de temps humain", explique-t-il, ajoutant "qu'en fonction de ce potentiel hydrique, on va avoir des contraintes différentes et donc des comportements différents".
Ce potentiel, mesuré avec une chambre à pression, est à mettre en relation avec la notion de profil produit. "Évidemment, on ne va pas avoir la même stratégie entre la production d'un chardonnay en IGP et une syrah."
En fonction de ce résultat et grâce à des outils de modélisation, il est possible d'établir un bilan hydrique précis prenant en compte les entrées (pluies, irrigation) et les sorties (évapotranspiration, drainage, ruissellement). Les capteurs et les stations météo complètent ce dispositif en fournissant des données en temps réel. "Une fois que le groupe d'agriculteurs est monté en compétence, nous réalisons un suivi annuel sur le végétal et le climat afin d'ajuster les préconisations."
À la fin, chaque collectif bénéficie d'un bulletin de conseil, publié tous les dix jours à partir du mois de juin avec des recommandations adaptées. Ce dispositif permet l'application d'une méthodologie territoriale rigoureuse et la montée en compétence des collectifs d'irriguants. Son succès repose toutefois sur une forte présence sur le terrain, notamment au démarrage. Point fort de cette méthodologie, la compréhension des territoires - qui sont très souvent différents - et de l'évolution climatique. Elle offre également une capacité à capter l'attention de beaucoup d'agriculteurs sur les questions de l'eau autant que sur l'enherbement. "Le seul point faible c'est le temps de présence humain qui est souvent conséquent sur ce type de sujet", insiste Paul Katgerman.
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