De g. à d. : Cédric Henry et Philippe Guignard, du Crédit Agricole, Justine Lipuma, co-fondatrice de Mycophyto, Éric Henry, directeur de Sainte Roseline, et Gilles Masson, directeur du Centre du Rosé. © G. Lantes
Alors que les effets du changement climatique se font de plus en plus ressentir sur la vigne, Mycophyto, start-up deep tech1, fondée en 2016 par Justine Lipuma, microbiologiste, et Christine Poncet, ingénieure agronome, mise sur l’infiniment petit. "Notre objectif est de faire sortir les connaissances des labos de recherche, avec la volonté de proposer des solutions concrètes pour l’agriculture de demain. Nous travaillons pour cela sur l’optimisation de la relation entre la plante et les champignons mycorhiziens", explique Justine Lipuma.
Partageant les préoccupations de la filière viticole, le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur – hébergeur de Mycophyto au sein du 'Village by CA' à Sophia Antipolis – le Centre du Rosé – institut de recherche et d’expérimentation dédié au vin rosé – et le Château Sainte Roseline – soucieux d’intégrer les enjeux du développement durable à ses pratiques – ont noué un partenariat pour co-construire le projet Mycovigne. Celui-ci vise à utiliser les champignons mycorhiziens à arbuscules – naturellement présents dans le sol – pour produire mieux, tout en améliorant la résistance de la vigne.
"Pour faire un super rosé, il faut un super grain de raisin. Ce n’est pas un vin que l’on fait par défaut. Sans perdre de vue l’exigence de la qualité du vin, il faut répondre à de nouveaux enjeux, en produisant dans le respect de l’environnement et en tenant compte des aléas climatiques à répétition. On travaille sur les cépages, sur les pratiques au vignoble et le projet Mycovigne correspond parfaitement à cette démarche : il illustre aussi très bien la coopération entre structures et entre organismes vivants", apprécie Gilles Masson, directeur du Centre du Rosé.
Expérimentation de terrain
"On est obligé aujourd’hui de s’intéresser aux ressources naturelles. Sainte Roseline est labellisée Haute valeur environnementale (HVE) et en conversion bio. Nous avons commencé à tester des cépages résistants, à irriguer où l’on pouvait, étant entendu que la gestion de la ressource est ultra-prioritaire. Mycovigne va potentiellement permettre d’agir sur l’évolution de la vigne, grâce à la mycorhization contrôlée. L’idée, c’est que la symbiose avec les champignons bénéficie à la plante. Nous allons pouvoir en observer les effets sur la vigne avec, en perspective, un intérêt sur l’aspect qualitatif et l’homogénéité de la production", développe Éric Henry, directeur général du Château Sainte Roseline, aux Arcs-sur-Argens.
Dans cette perspective, Mycovigne consiste à réaliser des inocula de champignons microscopiques indigènes. "La microbiologie des sols diffère selon les endroits et les contextes. La solution, pour nous, réside donc dans la gestion de la biodiversité naturelle, pour dynamiser le système racinaire et agir à la fois sur la résistance à la sécheresse, aux maladies, sur la qualité et la productivité. On part d’un concept très intéressant. Maintenant, on veut voir ce que cela donne en conditions réelles", précise Justine Lipuma.
Le protocole mis en œuvre l’an dernier sur une parcelle de grenache a donc débuté par la caractérisation du sol et l’identification des champignons mycorhiziens présents. Un préliminaire indispensable à la production d’un mélange spécifique, inoculé sur une partie de la parcelle, une autre servant de témoin. Un suivi de deux ans – incluant la surveillance et l’analyse de la contrainte hydrique, de la phénologie, des maladies, de la vigueur de la plante, du rendement, des maturités et de la qualité des baies – permettra d’évaluer les effets de l’opération. À terme, il s’agit aussi de comprendre comment se comportent les populations mycorhiziennes et comment créer les conditions favorables à leur activité. "Le but est de travailler sur une intervention pérenne, de sorte à ne pas avoir besoin d’inoculer chaque année", précise Justine Lipuma.
"Nous partageons une vision de long terme qui induit un partenariat de confiance. C’est notre raison d’être au Crédit Agricole. L’accompagnement des transitions passe par des outils tel que 'Le village by CA' où nous accueillons des start-up dans des domaines d’innovations divers et variés. Mycophyto s’inscrit pleinement dans ce cadre, en proposant une solution innovante en lien direct avec le terrain", souligne pour Philippe Guignard, directeur du marché 'Territoire et Entreprise' du Crédit Agricole Provence Côte d’Azur.
Déjà, Mycophyto travaille la même technique sur la rose de parfumerie, avec des résultats encourageants. Et commence à travailler sur l’inoculation sur les jeunes plants de vigne en pépinière.
Gabrielle Lantes
(1) Le terme désigne toujours les start-up qui proposent des produits ou des services sur la base d’innovations de rupture.
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