Pyrénées-Orientales
Le monde de l'élevage a décidé de se faire entendre samedi 16 décembre, à Ur. Entre un système d'assurance qui laisse perplexe et un climat qui ne laisse aucune place aux doutes, les syndicats montent au créneau.
"50 % des éleveurs sont assurés, mais malgré 80 % de pertes de fourrage : zéro indemnité ! L'indice Airbus n'est pas fiable. Il faut que l'État prenne ses responsabilités", lance Bruno Vila, président de la FDSEA 66.
© Crédit photo : FDSEA66
Tout le monde sait que le département des Pyrénées-Orientales a passé une période estivale sous le couperet de la sécheresse, avec des arrêtés qui ont mis à mal la filière de l'élevage. Face aux difficultés, plus d'une soixantaine d'éleveurs ont décidé de battre le pavé pour afficher leur mécontentement. Pour rappel, depuis le 1er janvier 2023, la réforme de l'assurance récolte a mis fin au régime des calamités agricoles, au profit du Fonds de solidarité nationale (FSN).
Ce dernier opère une distinction notable : un assuré perçoit une indemnisation à hauteur de 90 % des pertes, quand le seuil de perte est supérieur à 30 ou 50 %. En revanche, un non-assuré perçoit une indemnisation à hauteur de 45 % des pertes dépassant les seuils de 30 ou 50 %. En 2024, ce taux sera dégressif jusqu'en 2025 et ce, afin d'inciter le plus grand nombre à s'assurer. Mais l'arrivée d'un nouveau mode d'appréciation ne passe pas.
Depuis peu, ce ne sont plus les services de la DDTM qui viennent sur le terrain, mais un satellite. L'indice Airbus se présente comme un outil utilisé pour mesurer la croissance de l'herbe dans les prairies, en utilisant des satellites d'observation. C'est un élément crucial dans le secteur de l'assurance agricole, car il aide à évaluer les risques et les dommages relatifs à la sécheresse ou à d'éventuelles inondations. Sur le papier, tout à l'air en ordre, mais une fois les résultats présentés, c'est le flou total. "Ce qui est paradoxal, c'est que pour les céréales, la DDTM se déplace et déclare la situation de calamités agricoles. En revanche, pour ce qui concerne l'assurance des prairies, les relevés d'Airbus indiquent que tout va bien en Cerdagne, et qu'il n'y a pas du tout de sécheresse", relève Corinne Parassols, présidente de la commission montagne élevage de la FDSEA 66.
Difficile à croire quand, sur le terrain, la Cerdagne comptabilise des pertes de production de fourrage allant de - 50 à - 80 %. "Avec 80 % de pertes, si l'assurance ne se déclenche pas, elle ne se déclenchera jamais. Comment voulez-vous que l'on souscrive à une assurance, tout en sachant qu'elle ne nous sera jamais utile ?". Dans l'urgence, le ministre de l'Agriculture propose la mise en place d'un réseau de 350 fermes témoins au niveau national, afin de comparer les données prises sur le terrain avec les données satellitaires, mais là encore, pour la présidente, le problème est double : "Les résultats ne seront disponibles qu'en 2025, et qu'en est-il de l'harmonisation des références en terme typographique ?". Cette situation n'a pas manqué de faire réagir les syndicats, tant au niveau régional que national, mais également certains sénateurs, afin d'interpeller le préfet et les services de l'État. "On vous entend, c'est tout ce que l'on nous répond", se désole la présidente.
Avec la nouvelle Pac qui s'en vient, les problèmes sont loin d'être derrière la filière. "Actuellement les dossiers d'aides ne sont toujours pas traités, ce qui fait que les primes qui doivent nous être versées se transforment en acomptes, qui représentent aujourd'hui 70 %, sans même savoir à quoi ils correspondent !". Afin de trouver cette trésorerie qui manque dans le but de pouvoir acheter du fourrage, certains se retrouvent à être dans l'obligation d'emprunter auprès des banques. "Cette démarche a un impact considérable sur les exploitations", prévient la présidente. Pire encore, certains décapitalisent une partie de leur cheptel, et ne pourront pas se voir attribuer les aides, car le bénéfice réalisé les sortira de l'éligibilité. "Nous ne savons plus quoi dire aux éleveurs."
De son côté, l'État laisse entendre qu'une enveloppe pourrait leur être attribuée pour soulager les exploitations, mais pour l'heure, rien n'est décidé. La présidente espère, quant à elle, que ce soutien financier se basera sur des critères objectifs, qui pourront englober toute la complexité de chaque exploitation.
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