ANNÉE INTERNATIONALEDU PASTORALISME
À l'occasion du lancement, en France, de l'Année internationale du pastoralisme, une feuille de route commune a été présentée depuis la maison de la Lozère à Paris, afin de défendre un modèle d'élevage menacé, mais essentiel à l'équilibre des territoires.
Pour les acteurs du secteur, l'Année internationale du pastoralisme pourrait offrir le cadre idéal pour une réforme globale autour des multiples enjeux de la filière.
© Crédit photo : CA 42
Réunis à la Maison de la Lozère, à Paris, les représentants de nombreuses organisations pastorales ont ouvert la conférence de lancement de l'Année internationale du pastoralisme 2026. Sur le territoire des Causses et Cévennes (48), classé à l'Unesco, "cette pratique façonne les paysages depuis 5 000 ans", a rappelé Laurent Suau, président du Conseil départemental de Lozère, soulignant l'importance de "faire perdurer cette mémoire, de l'entretenir, de la conserver." Partout en France, élus, agriculteurs et collectivités affirment vouloir maintenir un système d'élevage extensif, structurant ainsi les territoires tout en soutenant une économie locale fragile. Les réseaux professionnels, de l'Entente interdépartementale des Causses et des Cévennes aux Chambres d'agriculture, se disent prêts à faire de 2026 une année charnière.
Le Collectif des races locales de massif (Coram) - qui regroupe 44 000 exploitations et 33 races bovines et ovines - rappelle le lien indissociable entre pastoralisme et diversité animale. "Nos races sont très présentes dans les systèmes pastoraux et transhumants", explique Olivier Maurin, coresponsable du comité pour l'Unesco. Le Coram défend une sélection génétique adaptée aux territoires, dans un objectif de maintien des effectifs et de valorisation des filières. Pour ses responsables, 2026 représente "une fenêtre de tir" pour renforcer la reconnaissance de la transhumance, déjà inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco, et mettre en lumière les besoins urgents d'un secteur sous tension.
Présidente de la Fédération nationale des communes pastorales, Denise Leiboff a souligné l'engagement d'un réseau d'élus "bénévoles, juste acquis à cette cause." Parmi les objectifs : susciter des vocations chez les plus jeunes grâce au programme 'Et si je devenais past' ?', au travers de fresques pédagogiques, de visites d'exploitation et de rencontres avec des éleveurs, au plus près des réalités du terrain.
Plusieurs challenges entravent ces ambitieux objectifs, notamment en ce qui concerne les enjeux autour de la prédation, à ce jour "un énorme défi" pour les parcs nationaux. Le maintien des troupeaux y est en effet indispensable pour conserver des milieux ouverts et lutter contre les incendies. Pour Christine Valentin, présidente de la Chambre d'agriculture de la Lozère, la prédation demeure "très compliquée pour l'élevage." Elle signale que les éleveurs ont un besoin prégnant de soutiens, politiques et techniques, afin de trouver un moyen de cohabitation. Pour y faire face, les dispositifs d'aide, comme les cabanes pastorales et les bergers d'appui, sont jugés essentiels pour permettre aux éleveurs de "tenir le coup face à cette prédation."
De leur côté, la Fédération des alpages de l'Isère (FAI) et l'Association française de pastoralisme reconnaissent que "cette prédation ajoute une charge mentale considérable pour les éleveurs. Ils décrochent littéralement de leur logique sociale", explique Bruno Caraguel, directeur de la FAI, évoquant les tensions amenées par les chiens de protection et les difficultés à recruter des bergers salariés. Sans parler des difficultés concernant les logements en altitude, le calcul du temps de travail, le transport de l'eau, ou encore du changement climatique qui amène des phénomènes violents : assèchement des sources, remontée aluminique des sols, incision rapide des ruisseaux...
Sur ces enjeux, les Plans pastoraux territoriaux, mis en place par les collectivités, sont salués comme des outils efficaces de concertation. Ils associent éleveurs, élus, techniciens, acteurs touristiques ou environnementaux pour programmer, sur cinq ans, les investissements liés à l'accès à l'eau, aux clôtures, à la gestion des alpages ou à la médiation.
Sur le terrain, en Auvergne-Rhône-Alpes, le Réseau pastoral Aura multiplie également les outils d'accompagnement. Emmanuel Huguet, son président, a présenté deux applications phares : 'MapPatou', destinée aux promeneurs pour localiser les zones de présence de troupeaux ; et 'MapLoup', utilisée par les éleveurs pour signaler les attaques ou la présence de loups.
Une mission parlementaire engagée en 2023 doit quant à elle nourrir un travail législatif de fond. Pour les acteurs du secteur, l'Année internationale du pastoralisme pourrait offrir le cadre idéal pour une réforme globale sur les sujets de l'emploi, le foncier, l'eau, la prédation, la transition climatique et la formation. L'agropastoralisme - défini comme un modèle d'élevage fortement lié à l'utilisation extensive des ressources fourragères des territoires de montagne et de massif - constitue un pilier de la gestion territoriale en France. Fort de la reconnaissance de la transhumance au patrimoine culturel et immatériel de l'Unesco, l'Hexagone entend capitaliser sur cette année 2026 pour préserver cette mémoire pluriséculaire.
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