FDSEA 83
Le 11 avril à Gonfaron, le congrès de la FDSEA du Var est venu faire le point sur les avancées obtenues à la suite de la mobilisation du monde agricole, mais surtout sur les attentes persistantes du syndicat, qui se veut force de propositions.
Le congrès de la FDSEA du Var s'est tenu à Gonfaron, le 11 avril.
© Crédit photo : GL
"La crise couvait depuis plus de 30 ans. Le rouleau compresseur de la mondialisation, de la suradministration, de la surtransposition nous a piétiné à tel point que la cocotte-minute a explosé ", analyse André Lanza, président de la FDSEA du Var, en revenant sur le mouvement agricole des derniers mois. "Dans notre département, les paysans se sont mobilisés sans relâche et cette mobilisation est d'autant plus remarquable que nous avons frappé fort, mais nous avons frappé propre", enchaîne-t-il. "Et ce n'est pas fini. La ligne syndicale est toujours axée sur des exploitations viables et rentables, la notion de revenu étant donc centrale. On ne peut plus concevoir qu'un agriculteur gagne moins d'un Smic et finisse avec une retraite de 700 € par mois", défend André Lanza.
Si le président note localement "quelques timides avancées", en matière de simplification sur les démarches pour le tir de défense contre le loup, les déclarations de brûlage, les installations de serres tunnels ou les autorisations de travaux d'urgence sur berge au lendemain des récentes inondations, "ce n'est pas suffisant !", tonne-t-il.
Le constat est le même au niveau national pour Jérôme Despey. Certes, le vice-président de la FNSEA note les réponses obtenues sur le GNR, le relèvement du micro bénéfice agricole, les aides d'urgence accordées à l'agriculture biologique et à la viticulture, la pérennisation du TODE sur la question de l'emploi, ou encore l'assouplissement de la règle européenne sur les jachères. Pour autant, "le compte est loin d'y être", juge-t-il. "Nous alertons l'État depuis des années sur nos difficultés de productions, mais aussi sur les atteintes profondes à notre dignité d'agriculteur. Il faut changer de logiciel pour dégager du revenu, avoir des conditions de production tenables et assurer notre souveraineté alimentaire au niveau français et européen. (...). Il faut aussi arrêter de nous stigmatiser. Cela vaut pour les politiques et les associations auto-proclamées environnementales. Nous avons l'agriculture la plus qualitative du monde et nous avons besoin de reconnaissance", plaide Jérôme Despey.
Mais les attentes restent fortes sur de multiples "revendications légitimes", poursuit-il. À commencer par le revenu agricole. "Les coûts de production doivent être intégrés au prix payé aux agriculteurs, qui ne doivent plus servir de variable d'ajustement entre industriels et distributeurs", insiste le représentant de la FNSEA. Il estime néanmoins que "le prix minimum d'achat est une fausse bonne idée, qui risque surtout de devenir un prix plafond".
Jérôme Despey dénonce par ailleurs les délais de paiement des aides Pac, dont une partie est toujours en attente depuis octobre, espère voir rapidement débloquer une cinquantaine de projets de retenues d'eau hivernales à l'échelle du pays, et appelle de ses vœux "une loi d'orientation agricole qui répondent vraiment aux besoins des agriculteurs".
"Cette loi doit apporter des réponses sur l'installation, la transmission ou le principe 'pas d'interdiction sans solution' que nous défendons. Elle doit aussi donner une stratégie à notre agriculture française et nos parlementaires doivent pouvoir l'enrichir", réclame Jérôme Despey, qui attend aussi que le président de la République prenne la parole "sur le cap que le pays entend prendre pour l'agriculture".
Le vice-président de la FNSEA demande enfin "quand et comment seront concrétisées les simplifications annoncées et les propositions travaillées localement ?".
Dans le département, quatre groupes de travail ont été mis en place par la préfecture avec les syndicats et acteurs agricoles, sur le foncier, l'eau, la simplification administrative et les contrôles. Outre les mesures évoquées plus tôt par le président de la FDSEA 83, le préfet du Var indique que les aides d'urgence viticoles, d'un montant global de plus de 3 millions d'euros, ont été mises en paiement pour environ 200 exploitations varoises, après concertation avec la profession sur les critères d'éligibilité. Il précise concernant les aides Pac, que 3 % des crédits, représentant un total de 500 000 euros, restent à verser au niveau départemental.
Interpellé sur la complexité de la cartographie des cours d'eau, le représentant de l'État assure que "le travail est engagé pour obtenir une cartographie unique et actualisée". Également interrogé sur les Papi (Programme d'actions de prévention des inondations), sujet d'importance pour les agriculteurs du Var, régulièrement victimes d'inondations, il se dit prêt à travailler avec les responsables de l'agriculture départementale et les collectivités. "Sur les Papi, nous n'allons pas assez vite et la Chambre d'agriculture peut nous aider. Il y a des blocages à lever à tous les niveaux, y compris celui des collectivités", intervient le préfet Philippe Mahé sur le sujet. Avant de réaffirmer plus généralement sa volonté de co-construction pour simplifier la vie des agriculteurs varois.
Localement, la FDSEA du Var continue de porter diverses revendications, notamment en matière de foncier. "Pas de paysan sans terre. C'est pourquoi le foncier agricole doit être reconnu comme un outil de travail, et non comme un moyen d'enrichissement. Il doit ainsi être protégé des spéculations pour faciliter les installations et les transmissions", demande André Lanza.
À la demande de la préfecture et en partenariat avec la Chambre d'agriculture, son syndicat travaille d'autre part sur la mise en place de trois projets pilotes sur le logement des salariés agricoles saisonniers, problématique récurrente sur le territoire.
Les distorsions de concurrence engendrées à l'échelle régionale par les politiques de chaque département est un autre sujet à régler pour les militants de la FDSEA. À ce chapitre, Sylvain Audemard, président de la Chambre d'agriculture du Var, salue l'engagement pris par Jean-Louis Masson, président du Conseil départemental, de réinvestir le champ de l'agriculture, une fois que les conventions entre le Département et la Région seront dûment formalisées pour le faire. "La Chambre travaille déjà avec les services des Départements pour sortir les programmes, mais cette convention doit être signée rapidement pour les mettre en œuvre", souligne Sylvain Audemard.
Pour porter plus fort et plus haut la parole syndicale, la FDSEA du Var est par ailleurs mobilisée en interne pour booster la dynamique syndicale, en étoffant notamment son offre de services avec des achats groupés, l'accompagnement des déclarations Pac pour la viticulture qui doit prochainement être élargi à d'autres filières, ou encore en développant les formations qu'elle propose pour répondre aux différents besoins de ses adhérents.
La question de l'adhésion au syndicat est d'autre part une préoccupation majeure. "Nous comptons 400 adhérents sur les 4 000 agriculteurs de notre département. Ce n'est pas assez !", observe André Lanza. La réflexion est donc en cours pour aller au devant et au plus près des agriculteurs, leur être toujours plus utile et les convaincre de l'intérêt "de s'engager et de consacrer un peu de temps à la défense du métier, des filières et des territoires". "Cela peut prendre des formes très différentes. Ça peut simplement être de faire remonter les sujets du terrain, travailler sur son territoire, mettre en lumière une filière, participer à des commissions de travail. Il y a aussi les moments de convivialité qui nous soudent et nous préparent à affronter les problèmes ensemble", explique André Lanza. "Chaque voix compte mais c'est le nombre qui fait du bruit", défend-il.
"Nous ne savons pas de quoi demain sera fait... N'attendons pas d'être dans la m... pour nous réveiller !", exhorte finalement le président de la FDSEA du Var.
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Portée sur les fonds baptismaux en septembre 2022, l'Adavet, "Association de développement et de défense de l'agriculture varoise, de son environnement et de ses traditions", a été officiellement présentée lors du congrès de la FDSEA du Var.
La structure a vocation à porter des projets de développement répondant à différents enjeux. "Nous avons déjà répondu à deux appels à projet de la MSA sur l'emploi des jeunes et le logement des saisonniers agricoles", illustre Mathieu Narbonne, représentant de l'Adavet. "L'objectif est aussi d'assurer une veille sur les règles d'urbanisme, le foncier agricole et le détournement des terres, avec la possibilité d'engager des actions en justice si besoin", précise-t-il.
La jeune association rassemblait 35 adhérents en 2023.
Le congrès de la FDSEA a débuté par une minute de silence en hommage à Fabienne Joly, militante syndicale et ancienne présidente de la Chambre d'agriculture du Var, fauchée par la maladie en décembre dernier. André Lanza a salué "une femme exceptionnelle qui s'est battue pour le monde agricole et le département du Var, dont elle aimait dire qu'il était le plus beau du monde". "Elle nous était très chère humainement et professionnellement, elle a fait évoluer l'agriculture du département", a aussi témoigné Jérôme Despey.
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