Hyères
Rattrapée par l'histoire familiale, Coline Mameli a repris l'exploitation horticole de ses parents voilà maintenant cinq ans. Avec son mari, Jonathan, la rosiériste a à cœur de perpétuer le précieux savoir-faire transmis par ses aînés. Mais elle est aujourd'hui poussée à envisager de diversifier sa production.
Coline Mameli, horticultrice à Hyères
© Crédit photo : GL
Si elle est née Fourmillier, parmi les roses dont sa famille s'est fait une spécialité, l'horticulture n'est pas le premier métier de Coline Mameli. "Mon père ne voulait absolument pas que je reprenne la suite", raconte-t-elle. Alors la jeune femme s'oriente vers un master en management et gestion, se fait une première expérience professionnelle dans un établissement bancaire, puis rejoint les effectifs de la mairie de La Crau, où elle s'occupe des ressources humaines pendant trois ans, avant d'être débauchée par un cabinet de recrutement.
C'est son mari, Jonathan, qui amorce finalement leur reconversion commune. "Il était cuisinier, mais cherchait à faire autre chose. Il a eu l'occasion d'aider mon cousin, qui est aussi horticulteur, et a voulu poursuivre avec un BPREA avant de finir de se former avec mon père. Mes parents arrivaient à la retraite. Du coup, on a décidé ensemble de prendre le relais", explique l'horticultrice, heureuse de faire vivre, depuis cinq ans, le savoir-faire et l'expérience de rosiériste développés par ses parents pendant près de 40 ans.
Ils ne sont plus que quelques-uns dans le Var à cultiver celle qui reste, pour Coline Mameli, "la star des fleurs". Il faut dire que la culture est exigeante. "C'est sept jours sur sept toute l'année. On cueille quotidiennement dès 7 h 30 le matin, puis on emballe et on s'occupe de l'entretien des serres, sans compter le travail de bureau, l'organisation des plantations, les installations à rénover", résume la productrice.
Avec son époux et cinq employés permanents, elle cultive six variétés de roses en hors-sol sous 1,2 hectare de serres. La testarossa, fleur rouge aux pétales à l'aspect velouté, produite sur 3 600 m², est la plus importante sur l'exploitation. "C'est notre spécificité : nous sommes les seuls à la produire dans le Var, grâce à mon père qui l'avait choisie par le passé pour se démarquer", souligne Coline.
Le rouge, c'est la couleur de l'amour et avec la Saint-Valentin qui approche, le rythme s'accélère pour les Mameli et les cinq employés de l'exploitation. "La Saint-Valentin se prépare dès novembre. Après, on entre dans le dur de la fin janvier jusqu'au 13 février. C'est la plus grosse fête de l'année pour nous, mais on travaille bien toute l'année. Ça marche aussi très bien à Noël, puis pour la fête des mères et des grands-mères et, ces dernières années, pour la journée de la femme. Il y a aussi tout ce qui est cérémonie, principalement entre juin et septembre", explique l'horticultrice.
Les roses produites, vendues sur le Marché aux fleurs d'Hyères, sont labellisées Hortisud, marque de qualité née à l'initiative des producteurs du Var. Et Coline et Jonathan s'astreignent à proposer un produit de qualité supérieure et régulière. Le climat des serres est géré par ordinateur, avec la plus grande précision possible, et le couple privilégie la protection biologique intégrée. "On utilise des auxiliaires de culture et des produits ciblés de façon raisonnée. On a beaucoup de difficultés au niveau phytosanitaire sur la rose, une des cultures les plus difficiles à maîtriser. Mais nous sommes bien accompagnés techniquement, par Philaflor, et commercialement, par le Marché aux fleurs", développe l'agricultrice.
Les coûts de production sont une autre problématique importante pour les rosiéristes. D'autant que la concurrence internationale est rude. "En Amérique du Sud ou en Afrique, ils ont un climat favorable mais, en revanche, ils ne sont pas regardants sur les phytos, la main-d'œuvre et le bilan carbone induit par le transport. Notre avantage à nous, c'est la qualité de nos produits et le circuit court", défend Coline Mameli.
Après des débuts difficiles entre le mouvement des gilets jaunes et le premier confinement, Coline et Jonathan ont senti le regain d'intérêt pour la fleur locale les années qui ont suivi. "On a fait de belles années avec le Covid qui a porté les prix et le made in France", confirme Coline. Pour autant aujourd'hui, la situation se tend avec l'inflation. "On se bat un peu sur les prix. Cet été, ça s'est moins bien vendu. Cela devient difficile pour les consommateurs, et la fleur n'est pas un produit de première nécessité", observe l'horticultrice.
Ne manquait plus que l'unité de cogénération de l'exploitation - qui sert à l'éclairage et au chauffage des cultures - tombe en panne début janvier... pour pousser le couple Mameli à envisager sérieusement de se diversifier. "On se posait déjà la question, car notre contrat énergie - qui nous garantit des prix bloqués - arrive à échéance fin 2024. Avec la conjoncture, les coûts de production deviennent trop importants. Là, c'est la cogénératrice qui nous lâche, et on ne sait pas si on aura les moyens de la remplacer, ou même si cela vaut le coup", précise Coline.
D'autres cultures pourraient ainsi se substituer à la rose sur une partie des surfaces à l'avenir. "Ça me fait quelque chose, parce que j'ai toujours baigné dedans et que la rose est un magnifique produit. Mais en monoculture, c'est devenu trop risqué. Alors on réfléchit. On pourrait faire de la pivoine, qui se vend bien, si on trouve un terrain adapté, ou du spray, qui est aussi une rose et pour laquelle on a les compétences et peu de choses à changer. Rien n'est défini pour le moment. Idéalement, il faudrait pouvoir organiser le changement progressivement sur deux ou trois ans. L'avantage, c'est que notre outil de production nous permet de tout faire", poursuit l'horticultrice. La rose restant évidemment sa fleur de prédilection et de cœur.
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