Évaluation variétale et optimisation des itinéraires de conduite font l’objet de nombreux essais. © G. Lantes
Chaque année, les journées portes ouvertes du Scradh sont l’occasion de présenter l’étendue des essais menés par la station d’expérimentation horticole, pour accompagner la production locale de fleurs coupées. Les 11 et 12 novembre derniers, l’équipe du centre hyérois de l’Astredhor Méditerranée était donc, comme à son habitude, pleinement mobilisée pour répondre aux attentes des professionnels de la filière.
Le Scradh reste, entre autres, très actif sur le choix et l’adaptation des variétés aux conditions de productions méditerranéennes et au changement climatique. Tous les ans, la station met de nouvelles espèces au banc d’essai. Un nouveau programme s’intéresse, par exemple, aux vivaces de jours longs, telles que gypsophiles et solidago. Il intervient en parallèle des travaux menés sur une gamme variée de fleurs d’été, parmi lesquelles dahlia, zinnia, cosmos, coreopsis, ou encore rose d’Inde. "L’objectif est de maîtriser le calendrier de production, de sorte à être capable de produire au printemps, en été et en automne, afin de se démarquer de la concurrence et de satisfaire la demande en périodes précoce et tardive", présente Laurent Ronco, directeur du Scradh. Dans la même perspective, la station expérimentale a initié récemment des essais sur tournesol et calla, en production d’automne. Ces expérimentations s’appuient sur "de nouvelles variétés aujourd’hui susceptibles de s’adapter", explique Laurent Ronco.
Innover au bénéfice de la filière
D’autres essais tendent à étaler la production de giroflée. "On a beaucoup travaillé la giroflée double d’hiver, produite entre septembre et janvier. On travaille maintenant à pousser la production jusqu’au printemps, voire au début d’été. Le but est de pleinement maîtriser le cycle de production", indique encore le directeur du Scradh.
La désinfection de substrats hors-sol est un autre champ d’expérimentation qui prend de plus en plus d’importance au Scradh. À ce chapitre, les essais sur substrat de faible profondeur – menés sur lisianthus – ont permis d’avancer. "Nous avons bien progressé sur lisianthus, avec une désinfection à la vapeur sept fois plus courte qu’une désinfection de sol, désinfection que l’on appelle 'flash vapeur'. La technique permet de ne remplacer le substrat qu’une fois toutes les trois cultures, soit une fois par an. On arrive alors à limiter la manutention, et donc la main-d’œuvre nécessaire pour renouveler le substrat à chaque culture", souligne Laurent Ronco. La technique est désormais travaillée sur petits et grands bacs, en anémones et renoncules.
Le Scradh continue également de faire progresser la Protection biologique intégrée (PBI). Le projet 'Haba’lim' – dont l’objet est de favoriser la biodiversité fonctionnelle en apportant gîte et couvert aux auxiliaires de culture – a d’ailleurs reçu, au printemps dernier, le premier prix de la Société nationale de l’horticulture française, à l’occasion des 11es Rencontres du végétal d’Angers. Plusieurs essais en cours visent à évaluer l’intérêt du nourrissage (pollen ou proies) et de l’introduction de plantes de service, dont le pollen attire prédateurs de thrips et autres pucerons. Le Scradh expérimente également l’apport de cosses de sarrasin en paillage de surface, afin d’attirer les auxiliaires. "Avec l’habitat et le nourrissage, on observe notamment une augmentation notable de la diversité et des niveaux de populations d’acariens prédateurs, utiles dans la lutte contre le thrips, mais aussi contre aleurodes et tétranyque", explique Ange Lhoste Drouineau, chef de projet du Scradh. Fort du travail initié sur rosier il y a maintenant plusieurs années, le dispositif est désormais testé sur anémones et renoncules.
Modernisation et union
En tant que structure pilote pour la filière, le Scradh est par ailleurs engagé dans un programme de rénovation et de modernisation de ses outils, couplé au projet de création d’un 'pôle formation', en partenariat avec l’Agricampus voisin. Soutenu financièrement par la Région Sud Paca, le Scradh a d’ores et déjà pu procéder au remplacement de ses stations de fertilisation. Les nouveaux équipements permettent une gestion informatisée performante, à la fois de la ferti-irrigation et du recyclage des solutions. De nouveaux écrans thermiques doivent être installés sur les serres. 400 m² de serres de marque Barres, datant de 2009, ont également été démontés et laisseront place, courant 2022, à trois multi-chapelles de marque Richel.
Cette dynamique se poursuit, alors que le projet d’unification des stations Astredhor au sein de la même structure juridique arrive à son terme. Station constituante du réseau, le Scradh doit en effet réunir ses membres le 10 décembre en assemblée générale extraordinaire, afin de valider la procédure de dissolution et le transfert d’activité du Scradh à Astredhor. "Avoir une seule structure juridique va nous permettre d’optimiser les moyens et les flux de financement. On a environ chaque année 180 conventions entre stations ; le but est de simplifier les choses. Mais nous conserverons notre fonctionnement territorialisé", détaille Laurent Ronco. Les adhésions se feront auprès de l’Astredhor, et le fonctionnement de la station s’appuiera sur un conseil territorial désigné par les adhérents, dont le président sera le représentant local au conseil d’administration d’Astredhor. Les commissions spécialisées seront, en parallèle, conservées. "On aura toujours besoin que les professionnels s’impliquent dans la définition des programmes et le suivi des réalisations, pour tenir compte des besoins des entreprises", insiste Laurent Ronco.
"Il y a un réel regain d’intérêt sur le 'consommer français' et l’horticulture varoise. Plus que jamais, il faut continuer sur la voie de l’innovation. L’expérimentation est indispensable. La force du réseau Astredhor va permettre davantage de fluidité et d’échanges, au bénéfice des producteurs et de l’ensemble de la filière" conclut pour sa part Philippe Courbon, président du Scradh.
Gabrielle Lantes
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