ALÉAS CLIMATIQUES
Dans l'Aude et l'Hérault, des rafales de vent ont été recensées jusqu'à un peu plus de 150 km/h au cours des dernières tempêtes qui ont traversé l'Occitanie. Déjà fragilisé par les fortes précipitations du début d'année, le système racinaire de nombreux arbres n'a pu résister à ces vents violents. Arbres couchés, serres envolées, bâtiments détruits... le recensement des dégâts est en cours auprès des Chambres d'agriculture.
À Avène (34), au Gaec du Licidou, lors de la visite préfectorale organisée avec les services de l'État et les professionnels du monde agricole.
© Crédit photo : Chambre d'agriculture 34
En moins de dix jours, l'Aude et l'Hérault ont essuyé trois tempêtes successives. Le 12 février, Nils ouvre la séquence avec des rafales à 158 km/h à Leucate et plus de 150 km/h dans les hauts cantons héraultais - des niveaux inédits depuis 15 ans dans l'Aude selon Météo France. Oriana (14 février), puis Pedro (19 février) frappent à leur tour des territoires déjà fragilisés par des semaines de pluies continues. Des sols gorgés d'eau, des racines affaiblies : arbres arrachés, cultures couchées, bâtiments agricoles endommagés.
Les Chambres d'agriculture ont donc lancé des recensements pour évaluer l'ampleur des pertes et anticiper d'éventuels dispositifs d'accompagnement.
Dans l'Hérault, un recensement a été ouvert le 18 février à la suite du passage de la tempête Nils. Le formulaire sera ouvert jusqu'au 20 mars. Sur les 6 000 mails envoyés par la Chambre, 53 retours étaient recensés au 23 février, principalement dans le Minervois et les hauts cantons. "Ils concernent un peu plus de 4 000 hectares de surface agricole utilisée, dont environ 285 ha sinistrés", reprend Renaud Lachenal, chargé de missions 'Foncier et risques' de l'organisme.
Des retours peu nombreux qui ne surprennent pas le chargé de mission : "Nous ne sommes pas dans l'Aude ou les Pyrénées-Orientales. Il y a eu des vents très violents, mais nullement dans la même configuration." Élevages, centres équestres, maraîchers et pépiniéristes sous serres concentrent l'essentiel des dégâts. "Nous ne sommes globalement pas sur des dégâts culturaux, mais plutôt sur du mobilier et de l'immobilier. Il s'agit surtout de toitures arrachées, de palissages endommagés par des chutes d'arbres ou d'algecos de stockage touchés. C'est par exemple le cas d'une éleveuse de volailles qui y stockait ses œufs", détaille-t-il. Les rampes et systèmes d'irrigation reviennent également régulièrement dans les matériels ayant subi des dégâts. Dans l'Aude également, de nombreuses serres ont été emportées par le vent. "Certaines n'étaient pas assurées ou assurables", précise Claude Descous, chef du pôle 'Stratégie d'entreprise' à la Chambre d'agriculture audoise.
Dans l'Hérault, quelques cas assez impressionnants ont montré des parcelles entières d'oliviers couchés, notamment au Mas des Meules à Oupia, ou des cuves renversées comme sur le site d'Olonzac de la coopérative L'Ormarine. Dans l'Aude, des toits de caves se sont parfois envolés, comme à La Languedocienne et ses vignerons, coopérative d'Argeliers.
Mais la majeure partie des dégâts est finalement liée aux chutes d'arbres. Alors que dans l'Hérault une démarche de reconnaissance de calamité est actuellement en cours concernant les pluies intenses subies en décembre, Renaud Lachenal estime cette tempête "dans la continuité des événements". Si les vergers d'oliviers du Minervois en ont directement fait les frais, les arbres - en grande partie des pins - ont subi le même sort.
De tous les dégâts recensés par la Chambre de l'Aude, "ce sont ceux qui ont été provoqués par des chutes d'arbres qui ont été les plus nombreux", confirme Claude Descous. Le recensement est plus large, concernant l'ensemble des événements climatiques successifs sur le département depuis le début d'année. Sur les 210 ré- ponses répertoriées au 25 février, environ 150 annoncent des dégâts liés aux tempêtes dans les Corbières et le Minervois, et une soixantaine pour les inondations (surtout sur grandes cultures et dans l'Est audois). "Globalement, toutes les filières sont touchées : pour 90 viticulteurs, les chutes d'arbres ont endommagé des bâtiments et des souches (...), plus de 20 maraîchers - un chiffre important car ils sont peu nombreux - évoquent des dégâts sur leurs serres, beaucoup d'arbres couchés, des clôtures détruites en élevage...", liste le chef de pôle.
Côté cadre administratif, les préfectures ont rapidement précisé que ces dégâts ne relèveraient pas du régime des catastrophes naturelles, mais de la garantie 'Tempête, neige et grêle' des assurances, les vents de l'Hexagone ne pouvant être catégorisés comme catastrophe naturelle. Une situation qui a surpris certains compte tenu de l'intensité des vents, et peut compliquer la prise en charge auprès de certaines assurances, estime Claude Descous. Il indique cependant qu'il est essentiel pour les agriculteurs de contacter ces dernières dès que possible, si cela n'a pas déjà été fait, et de prendre des photos.
"Les éléments de structure (maison, bâtiment d'exploitation, toiture) et le matériel (pivot, rampe d'irrigation, récoltes stockées, matériels...) sont assurables." Ils "doivent être déclarés rapidement auprès de votre compagnie d'assurance", rappelle la Chambre de l'Hérault. Quant aux pertes non assurables, "si elles répondent aux critères définis par l'État, elles pourront relever de la procédure des calamités agricoles après expertise", indique l'organisme. "Il faudra ensuite voir dans quelle mesure il est possible d'obtenir un régime de calamités pour des pertes de fonds, en cas de souches détruites, talus effrondrés, ou encore berges emportées. Nous serons également attentifs pour les pertes de récoltes sur les cultures qui ne repartent pas, notamment en maraîchage avec des cultures noyées", expose le responsable de pôle audois.
"La profession sollicitera peut-être encore malheureusement un fonds d'urgence, après ceux déjà obtenus pour l'incendie de Ribaute et la dermatose", envisage-t-il. Entre les comités départementaux d'expertise et le comité national pour une validation, il est cependant évident que la démarche prendra plusieurs mois. D'ici là, la priorité est claire : se faire recenser afin de fournir un maximum de données et de peser dans les négociations pour l'obtention de divers dispositifs.
POUR ÊTRE précis -
QR code tempête 34
© Crédit photo : Yanick Simao
Déclarer, sécuriser, documenter sont les premières étapes après la tempête. Les démarches doivent s'engager rapidement. Les exploitants sont invités à remplir le formulaire envoyé par leur Chambre d'agriculture et à contacter leur assureur si cela n'a pas déjà été effectué.
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