Occitanie 25/09/2025
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PCR 6

Trois ans pour réussir la restructuration du vignoble en Plan Collectif

Le Plan collectif de restructuration 6 est ouvert. Dans sa vocation à conserver un vignoble compétitif, il viendra à son tour permettre l'orientation de la production vers les attentes du marché, intérieur comme à l'export. 

© Crédit photo : Comité RQD

Il  y a un an, à l'automne 2024, dans un contexte viticole difficile, beaucoup évoquaient le dispositif d'arrachage et émettaient des doutes sur la suite des plans de restructuration, qu'ils soient individuels ou collectifs.

À cette même période, jamais nous n'avions autant été sollicités au Comité RQD par les viticulteurs sur des questions sur la mise en œuvre d'un futur plan collectif n° 6 ! “La viticulture est notre métier, nous devons absolument être aidés pour restructurer nos vignes, c'est indispensable pour être compétitifs demain !” Voici ce que nous ont dit des centaines de viticulteurs.

Alors oui, effectivement, le contexte est difficile, comme rarement il l'a été. Des pistes sont à étudier et à mettre en œuvre, avec l'engagement de la profession, et des viticulteurs. Comme de nombreux vignerons, je crois en l'avenir. C'est pourquoi je crois en ce plan collectif 6 qui s'ouvre en ce moment pour accompagner celles et ceux qui ont foi en des jours meilleurs dans l'adaptation de leur outil de travail.

Comme je le rappelle souvent, le plan collectif constitue un soutien financier pour planter certains cépages selon le cahier des charges défini par la profession. C'est un véritable effet de levier indispensable pour la filière viticole dans notre région. Il permet d'orienter la production vers les attentes du marché intérieur comme à l'export, et de conserver un vignoble compétitif.

Quelles sont les nouveautés de ce futur plan collectif ?

À la demande du groupe de travail regroupant la profession viticole, il a été convenu d'agir autour de cépages essentiels. Certains cépages résistants ont donc été mis de côté, au moins temporairement car ils ont pu se montrer décevant au vu du recul dont nous commençons à disposer entre expérimentation, exploitation, et dégustation.

D'autres cépages ont été écartés car ils ne répondaient pas aux attentes du marché et des professionnels.

Ainsi, le cabernet cortis, le cabernet blanc, et le fleurtaï ont été retirés.

À noter également que les cépages marsanne blanc, muscat petit grain blanc, et roussanne blanc qui étaient affichés dans de nombreuses AOP en PCR 5, reviennent, comme avant 2022 dans le tronc commun de l'ensemble du bassin.

Afin de répondre aux attentes basées sur une réflexion stratégique, carignan gris, piquepoul noir, rivairenc noir et chenin font leur entrée pour certaines AOP.

Mes conseils aux viticulteurs : se projeter et s'inscrire rapidement !

Il est indispensable de réfléchir son projet d'entreprise à 3 ans. Quel encépagement choisir ? Dans quel objectif ? Comment gérer son parcellaire ? Cela mérite de se poser clairement les questions. Ensuite il faut faire vite pour réaliser au mieux son inscription, dans un délai restreint en raison des annonces tardives de FranceAgriMer.

Désormais, la balle est dans votre camp : vous avez jusqu'au 31 octobre pour transmettre l'ensemble des éléments. Plus vous les déposerez tôt, plus nous aurons le temps de détecter et corriger les éventuelles erreurs.

Nos équipes sont là pour vous accompagner. Leur savoir-faire est très apprécié sur le terrain. Et comme tous les petits coups de pouce sont bons à prendre dans les temps qui courent, je tenais à vous annoncer qu'avec le conseil d'administration du Comité RQD, nous avons fait le choix de ne pas augmenter la cotisation annuelle.

Nous sommes à vos côtés pour cette nouvelle campagne de restructuration !

Retrouvez l'intégralité du dossier : 

Guilhem Vigroux Président du Comité RQD •
Occitanie 25/09/2025
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PCR 6

Quels sont les cépages éligibles ?

Il faut distinguer deux types de cépages : ceux qui sont éligibles sur

l'ensemble du bassin Languedoc-Roussillon, quel que soit le segment

(AOP, IGP et VSIG).

◗ Rouges : cabernet franc, cabernet-sauvignon, caladoc, cinsaut, cot, grenache gris,

grenache noir, marselan, merlot, mourvèdre, pinot noir, syrah, vidoc

◗ Blancs : chardonnay, floréal2 , grenache blanc, marsanne blanc, muscat petits grains blanc, roussanne blanc, sauvignon, souvignier gris, terret blanc,

vermentino, viognier, voltis.

À cette liste, s'ajoutent les cépages éligibles sur les aires

parcellaires des AOP, pour les segments AOP :

◗ Les AOP Banyuls, Banyuls Grand Cru, Collioure, Maury : carignan B, carignan N, macabeu B, muscat d'Alexandrie B,

◗ L'AOP Languedoc, Boutenac, Corbières, Fitou, La Clape, La

Livinière, Pic Saint Loup : bourboulenc B, carignan B, carignan N,

clairette B, macabeu B,

◗ L'AOP Clairette du Languedoc : blairette B,

◗ l'AOP Duché d'Uzès : carignan N, clairette B,

◗ l'AOP Faugères : carignan G, carignan N, clairette B, piquepoul N

rivairenc N

◗ l'AOP Minervois : bourboulenc B, carignan N, clairette B, macabeu

B, piquepoul N, rivairenc N,

◗ l'AOP Saint-Chinian : bourboulenc B, carignan B, carignan N, clairette

B, piquepoul N, rivairenc N,

◗ l'AOP Terrasses du Larzac : carignan G, carignan N, chenin B

◗ les AOP Côtes du Roussillon et Côtes du Roussillon Villages : carignan B, carignan N, macabeu B, muscat d'Alexandrie B, carignan G

◗ les AOP Grand Roussillon et Rivesaltes : macabeu B, muscat d'Alexandrie B,

◗ l'AOP Muscat de Rivesaltes : muscat d'Alexandrie B

◗ les AOP Muscat de Frontignan, Muscat de Lunel, Muscat de Mireval, et Muscat de Saint Jean de Minervois : muscat d'Alexandrie B,

◗ l'AOP Picpoul de Pinet : piquepoul blanc B,

◗ les AOP Crémant de Limoux et Limoux : chenin B, mauzac B,

◗ l'AOP Costières de Nîmes : carignan N, bourboulenc B, clairette B,

◗ l'AOP Clairette de Bellegarde : clairette B.

Aude 25/09/2025
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Aude

Envisager l'avenir avec méthode et confiance

Entre héritage millénaire et gestion familiale, le château Hortala a fait de la coopération un fil conducteur. Membre du Comité RQD depuis ses débuts, Bernard Hédon raconte combien les plans collectifs lui offrent aujourd'hui des repères essentiels pour anticiper et sécuriser son avenir de vigneron.

Avec l'accompagnement du Comité RQD, le château Hortala anticipe l'avenir avec des plans qui lui offrent une stabilité financière et une bonne visibilité.

© Crédit photo : Château Hortala

Avec 50 ha de terres, dont 35 en exploitation, le château Hortala, domaine en gestion familiale, cultive principalement de la vigne sur 32 ha et quelques oliviers sur les 3 ha restants. Ce qui distingue cette exploitation des autres ? Son histoire profondément enracinée, remontant au cadastre napoléonien, voire au-delà. Bernard Hédon est un vigneron qui arrive à remonter le temps, jusqu'à il y a 1 000 ans, lorsque ses ancêtres cultivaient déjà la vigne. "On n'a pas la preuve absolue qu'il y ait un lien, mais il y a quand même de bonnes chances", partage-t-il avec humour.

À Cruscades, l'exploitation se singularise également par son caractère très familial. Avec 25 associés familiaux, les décisions sont partagées, prises lors de réunions régulières et les revenus générés sont réinvestis pour l'entretien des bâtiments, du matériel, des plantations... Cette approche singulière permet à la famille de maintenir une motivation solide et une indépendance financière. "Personne ne dépend financièrement de l'exploitation de la vigne et cela change tout." Réunions régulières, vendanges manuelles, taille collective, l'engagement se vit ensemble, à la vigne comme autour de la table. "Moi-même, qui suis à plein temps aujourd'hui sur l'exploitation, je ne prends pas un centime de rémunération." Une indépendance qui préserve l'activité, mais qui reste fragile lors des changements de génération.

Un partenariat de longue date avec le Comité RQD

Bonne entente et indépendance comme ciment de la réussite. Il y a cependant un liant supplémentaire qui a permis sa longévité : le Comité RQD. Bernard Hédon en est un membre actif depuis ses débuts. "Le Comité RQD, c'est pour moi une aide dont je ne pourrais plus me passer", témoigne-t-il.

Pour lui, le système triennal du Comité RQD est une force non négligeable pour anticiper, et surtout, avoir une stabilité financière, cruciale en ces temps difficiles. "Financièrement, entre le plan collectif et le plan individuel, les chiffres sont clairs, il y a environ 30% d'aides supplémentaires, ce n'est pas rien !", estime le vigneron. "L'avantage, c'est la visibilité. En prenant mes engagements dans les plans collectifs, je sais où je vais".

"L'avantage, c'est la visibilité. En prenant mes engagements dans les plans collectifs, je sais où je vais et ça ce n'est pas rien"

Ce partenariat n'est toutefois pas sans défis. Récemment, une rupture de contrat concernant les aides à l'irrigation a mis en lumière les difficultés administratives. "L'aide prévue a été supprimée par l'administration et remplacée par une autre, ce qui a entraîné une perte financière pour nous," déplore le gérant, exemptant la responsabilité du comité qui "subit malgré lui les directives administratives". Néanmoins, l'optimisme règne en maître car ces plans permettent une anticipation et une stabilisation qu'il ne retrouve nulle part ailleurs. "Anticiper est une exigence, mais je trouve que c'est un gros avantage car sur 3 ans, j'ai mon plan et je sais ce que je vais faire l'année prochaine. Puis l'année suivante. Puis l'année d'après." Pour le nouveau plan collectif, Bernard Hédon mise déjà sur la replantation de 1,7 ha de chardonnay. Même s'il n'avait pas encore tous les détails au cœur de l'été, il reste fidèle à cette démarche collective qui, selon lui, assure visibilité et séré- nité à son exploitation. Au château Hortala, comme à la vigne, l'avenir se construit avec patience, méthode et confiance dans le Comité RQD.  

Anthony Loehr •
Hérault 25/09/2025
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Hérault

Une aide pour naviguer dans les démarches

À Saint-Jean-de-Fos, Jérôme Hermet, vigneron du Domaine Alexandrin, a trouvé dans la restructuration une opportunité pour installer son fils Loïc. Ensemble, ils ont engagé la replantation de 6 ha, accompagnés par le Comité RQD, avec en ligne de mire la transmission sereine du vignoble et la création de nouvelles cuvées.

Jérôme Hermet a été mis sur la voie du Comité RQD par son fils, Loïc, qui en avait entendu parler lors de son BPREA à Béziers.

© Crédit photo : Domaine Alexandrin

"Quand mon fils aîné m'a rejoint sur l'exploitation, c'est là qu'on a décidé de replanter des parcelles pour lui permettre de s'installer", retrace Jérôme Hermet. Vigneron en Gaec avec son fils, Loïc, au Domaine Alexandrin à Saint-Jean-de-Fos, il a participé à son premier plan avec le PCR 5, entre 2023 et 2025. Inscrit en son nom propre en 2022, avant que son fils ne le rejoigne, il est ensuite passé en Gaec, 2 ans plus tard. "Nous ne faisons pas ça tous les jours, il y a des points qui auraient pu être bloquants, mais nous avons bien été aiguillés", se rappelle le vigneron.

Il faut dire qu'à l'origine, il n'avait pas envisagé de replantation, ni de participation via le Comité RQD. "C'est moi qui ai fait les démarches, mais c'est mon fils qui a entendu parler de tout ça dans le cadre de sa formation en BPREA à Béziers. Il m'a parlé de restructuration alors qu'au départ, je ne voulais pas le pousser à reprendre l'exploitation. Je ne voulais pas lui mettre la pression." Finalement heureux de replanter des parcelles, il voit la démarche avec philosophie : "Après tout, quand j'ai repris à 20 ans, moi aussi j'ai arraché et replanté !"

Renouveler sans le stress des difficultés

Jérôme Hermet se dit lui-même "carré" et attentif à ses démarches. "Ils voyaient bien que je ne laisse pas filer les dossiers", analyse-t-il a posteriori en évoquant le comité. Mais être accompagné est un plus non négligeable pour avancer dans la restructuration du vignoble. "Au total, la replantation concerne 6 ha." Dans les premiers temps, père et fils se sont attaqués à renouveler les parcelles de syrah et de grenache, "pour conserver les cépages emblématiques de nos vins". Puis ils replantent un peu de cinsault et de viognier. Jérôme Hermet envisage désormais de planter du carignan blanc : "On s'est dit que c'était intéressant, d'autant qu'il y en a peu sur notre commune. C'est une manière de trouver une forme de typicité pour une nouvelle cuvée blanche, parce qu'après tout, c'est aussi ça que permet la replantation, aller vers une diversité de produits." Cette année, les travaux ont cependant pris du retard : "Avec les intempéries qu'il y a eu, c'était mou et gras, impossible d'entrer dans les parcelles, alors nous devons reporter 2 ha à l'an prochain."

"Nous ne faisons pas ça tous les jours, il y a des points qui auraient pu être bloquants, mais nous avons bien été aiguillés"

Un blocage du versement de l'avance de l'aide à percevoir pour cette plantation a donc été demandé par les exploitants. "Là-dessus, le Comité RQD a su nous appuyer pour s'assurer que nous n'ayons pas de pénalité et tout s'est très bien passé. Notre interlocutrice, Éloïse [Aviet, coordinatrice du comité, ndlr] s'est montrée à l'écoute, nous avons une très bonne relation avec elle", assure Jérôme Hermet, reconnaissant.

Grâce à ce lien, le stress s'est absenté malgré les difficultés administratives. Avant le souci de l'avance, le vigneron du Domaine Alexandrin avait été confronté à un retard de paiement sur les plantations de 2024, un problème de droits à l'arrachage et de statut Jeune agriculteur pour son fils. Les aides ont fini par arriver, là encore avec l'appui des équipes du comité. "C'est simple. Aujourd'hui, notre interlocuteur, c'est le RQD. Ce sont des frais, c'est vrai, mais c'est un accompagnement très bénéfique, on ne peut que le souligner", témoigne-t-il. À 53 ans et désormais épaulé par son fils Loïc, Jérôme Hermet attend désormais de pouvoir finir ses replantations l'année prochaine. Au-delà de l'accompagnement technique, la replantation à Saint-Jean-de-Fos s'inscrit aussi comme un acte de transmission.  

Manon Lallemand •
Gard 25/09/2025
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Gard

Restructurer pour l'avenir : le pari de Nicolas Boudon

À Calvisson, Nicolas Boudon cultive 120 ha de vignes. Pour lui, la viticulture est une entreprise qui doit sans cesse s'adapter. Grâce au Comité RQD et à une gestion rigoureuse, il restructure son vignoble pour coller au marché et résister au climat. Rencontre avec un professionnel qui croit encore en l'avenir de la vigne, malgré les défis.

Depuis son installation en 1996, Nicolas Boudon a restructuré l'intégralité de son vignoble, passant de cépages traditionnels comme le carignan ou l'aramon à des variétés plus adaptées au marché.

© Crédit photo : JB

Nicolas Boudon, viticulteur à Calvisson, a commencé les vendanges le 15 août, avec un constat amer : "On va se retrouver avec 20 à 25% de récolte en moins." Les derniers coups de chaleur du mois d'août ont fait souffrir les vignes. Pourtant, le producteur, qui produit en moyenne chaque année 10 000 à 11 000 hectolitres, ne désespère pas. "On a toujours des espoirs. La viticulture, c'est un métier de passion, mais aussi une entreprise. Il faut s'adapter, sinon on disparaît."

Depuis son installation en 1996, Nicolas Boudon a restructuré l'intégralité de son vignoble, passant de cépages traditionnels comme le carignan ou l'aramon à des variétés plus adaptées au marché. "Notre rythme, c'est en moyenne 5 ou 6 ha de restructuration par an. Quand je me suis installé, il y avait beaucoup de carignans et à l'époque, il y avait une demande en cépages bordelais." Le dispositif de reconversion qualitative différée du vignoble (RQD) a joué un rôle clé dans cette transition. "J'ai fait presque tous les plans RQD depuis 20 ans. Cela nous permet de restructurer sans perdre de revenus, et d'avoir un vignoble jeune et adapté." Une nécessité, alors que les cépages bordelais, autrefois plébiscités, peinent désormais à trouver preneurs.

"On a toujours des espoirs. La viticulture, c'est un métier de passion, mais aussi une entreprise. Il faut s'adapter, sinon on disparaît"

"Le marché des merlots et cabernets est compliqué. Les consommateurs veulent des vins plus légers, moins alcoolisés. Il faut suivre cette tendance."

Coopérateur à la cave de Montagnac, Nicolas Boudon a bien conscience des enjeux du marché et que le choix des cépages se fait en lien avec la cave. "On fait en sorte qu'il n'y ait pas de cépage dominant car du jour au lendemain, on peut nous dire qu'on ne veut plus tel raisin", explique-t-il. Une adaptation constante, mais difficile avec des cultures pérennes. Alors la cave négocie en amont des vendanges pour "éviter de se retrouver avec du vin à distiller".

Outre le fait d'apporter une réponse au marché, pour lui, restructurer est une question de survie : garantir des rendements et faire face au climat avec des cépages plus résistants. Elle permet de maintenir des rendements stables et d'être résilient aux évolutions climatiques : "Si on veut garder une viticulture dans notre région, il faut aider à restructurer. Le RQD, c'est ce qui nous permet de le faire sans se retrouver étranglés financièrement."

Diversifier et renouveler régulièrement

Avec 120 ha de vignes, 15 d'asperges, 150 de céréales, une production de courges et de patates douces, Nicolas Boudon mise également sur la polyculture pour amortir les chocs. "C'est une façon de lisser les mauvaises années. Si une production va mal, une autre peut compenser." Se disant optimiste de nature, il rappelle que les viticulteurs manifestaient déjà il y a plus de 100 ans : "La viticulture a toujours connu des hauts et des bas. Aujourd'hui, le contexte est plus dur à cause des crédits, des aléas climatiques... mais on a encore envie d'avancer. Il faut juste qu'on nous donne les outils pour le faire." Et avoir un vignoble renouvelé régulièrement pour qu'il reste rentable en est un, il en est convaincu.

À l'avenir, il prévoit une nouvelle fois de rééquilibrer son encépagement en continuant de réduire le merlot : "On mise sur des cépages méditerranéens comme le grenache, la syrah ou le cinsault, qui résistent mieux à la chaleur", précise-t-il. "On attend les résultats des analyses sur les porte-greffes et les clones. L'objectif, c'est de s'adapter et de ne pas être éjecté du système." 

Jenny Bernard •
Pyrénées-Orientales 25/09/2025
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Pyrénées-Orientales

Moins d'erreurs pour une restructuration essentielle

À Bélesta, les parcelles sont historiquement petites et morcelées, souvent plantées avec des inter-rangs de 1,5 mètre. En passant en bio, Jean-Michel Mailloles a dû restructurer son vignoble. Pour l'épauler dans cette mission, il a trouvé dans les équipes du Comité RQD un accompagnement efficace pour gagner du temps et de l'argent.

"Il y a 20 ou 25 ans, quand il fallait arracher, on envoyait les papiers aux douanes, ils nous répondaient et c'était parti, ça allait plus vite. Aujourd'hui, tout est devenu plus long, plus complexe. Tout seul, on perd du temps pour contacter tous les organismes liés à la démarche", estime Jean-Michel Mailloles.

© Crédit photo : Jean-Michel Mailloles

À Bélesta, Jean-Michel Mailloles exploite au total 23 ha de vignes, auxquels s'ajoutent 2 ha à Cassagnes et 1 ha à Ille-sur-Têt, tout en bio. Côté cave particulière, il vinifie 12 à 13 ha de ses vignes sur le Domaine Riberach, dont il est co-propriétaire avec des amis qui ont développé une offre œnotouristique de restauration-hôtellerie de l'autre côté - ils ont ensemble racheté l'ancienne coopérative de Bélesta. Le reste de ses apports va aux 'Vignerons de Caramany'.

Depuis ses débuts en 1994, le vigneron de 52 ans a continuellement restructuré son parcellaire. "Sur la commune de Bélesta, le parcellaire est traditionnellement petit", pointe-t-il. Quelques ares par-ci, quelques ares par-là... Et une fois les parcelles achetées, un important travail d'arrachage et de replantation à envisager : "Les parcelles sont souvent plantées à 1,5 m. L'objectif est ensuite de replanter avec 2,5 m de large entre les rangs, et 1 m entre les souches." Entre l'évolution des pratiques et le passage en bio, Jean-Michel Mailloles peut de cette manière troquer motoculteur et chenillard pour son tracteur.

Un accompagnement pour éviter les erreurs

"Il y a 20 ou 25 ans, quand il fallait arracher, on envoyait les papiers aux douanes, ils nous répondaient et c'était parti, ça allait plus vite. Aujourd'hui, tout est devenu plus long, plus complexe. Tout seul, on perd du temps pour contacter tous les organismes liés à la démarche", estime Jean-Michel Mailloles. Longtemps il s'est en effet débrouillé seul afin de faire des économies, mais il participe désormais aux plans collectifs (PCR 3 et 5) en se faisant accompagner par le Comité RQD.

"Par exemple, si vous avez une référence AC322 et que par mégarde vous vous trompez dans le chiffre, vous risquez d'avoir une demande caduque. La dernière fois, j'ai fait une erreur sur les références cadastrales, ce qui m'a valu de ne pas toucher la prime d'arrachage pour la parcelle concernée." Il est désormais convaincu : "Mieux vaut ne pas faire d'économie sur l'accompagnement plutôt que de risquer de perdre de l'argent."

Le vigneron a gagné en assurance et le poids sur les épaules à chaque démarche se fait bien moins lourd. Avec le recul, il estime y avoir gagné en se rapprochant du comité.

Un moyen de différenciation sur les marchés

Il y a quelques années, les caves avaient fait arracher certains cépa- ges. Macabeu, carignan gris ou noir...

"Mieux vaut ne pas faire d'économie sur l'accompagnement plutôt que de risquer de perdre de l'argent"

Jean-Michel Mailloles y revient : "Non seulement ils donnent satisfaction du point de vue de l'adaptation au changement climatique, mais surtout, c'est ce qui me permet de me démarquer de mes voisins." Alors oui, il lui reste quelques très vieux carignans de 1905, très qualitatifs, dans des parcelles très pentues, comme à Collioure. Mais ceux-là, il les garde : ces quelques parcelles ont un réel intérêt pour la vente de ses vins.

Pour l'heure, Jean-Michel restructure principalement pour les besoins de ses propres cuvées. Les parcelles destinées à la coopérative le sont également, mais ne font pas l'objet de demandes spécifiques de la structure de Caramany. "En coopérative, peu de personnes font de la replantation. Nous sommes sur une terre de rouges, donc à la rigueur, si la cave avait des besoins spécifiques, ce serait plutôt en carignans et grenaches noirs, et de la syrah. De quoi coller à nos appellations. En revanche, pour les blancs et les rosés, ce sont des cultures complémentaires, nous avons plus de liberté", explique le vigneron. Il peut ainsi apporter ses raisins, ils trouveront toujours leur place dans les cuves. Si toutefois un jour il devait replanter davantage pour ses apports aux 'Vignerons de Caramany', il partirait sur le carignan : "La plupart commencent à se faire vieux. Ça fait de bons vins, mais pour avoir des carignans vieux, encore faut-il les planter un jour ! Pour ce qui est de la syrah, on a déjà fait beaucoup d'effort."

Et pour le prochain plan alors ? Jean-Michel Mailloles y pense, conservant l'envie de garder un vignoble "au top" pour ceux qui prendront un jour la suite. Mais actuellement sans repreneur alors qu'il a désormais passé la cinquantaine, l'idée de planter sans avoir le temps de voir les raisins s'épanouir le frustre un peu. "Et puis il faut être réaliste, avec le marché actuel, on ne sait pas où on va. C'est parfois difficile de se projeter." 

Manon Lallemand •
Occitanie 25/09/2025
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Le PCR 6 en 8 points clés

  • Quel est l'intérêt financier de s'inscrire en plan collectif ?

Outre l'effet de levier pour la filière viticole, le plan collectif permet au viticulteur de percevoir une indemnité de perte de recette majorée. À titre indicatif, pour la campagne 2024-2025, ce montant était de 4 500 €/ha (5 500 €/ha pour un JA).

  • Quelle est la durée du plan ?

Le plan va couvrir les campagnes 2025-2026, 2026-2027 et 2027-2028. La durée et les modalités des plans collectifs sont susceptibles d'être modifiées le cas échéant, afin de tenir compte des règles de transitions entre la programmation Pac 2023-2027 et la programmation suivante.

  • Quelle surface puis-je inscrire en plan collectif ?

Le viticulteur doit s'inscrire en indiquant une surface prévisionnelle d'engagement couvrant la période des 3 années de plan. La surface minimale d'inscription pour 3 ans est de 30 ares, la surface maximale est de 20 ha. Pour les Gaec, le plafond de 20 ha est à multiplier par le nombre d'associés du groupement. Pour bien réussir sa restructuration en plan collectif, il est indispensable de réfléchir son projet d'entreprise à 3 ans : choix du cépage, gestion parcellaire, etc.

  • Dois-je déposer une demande d'aide tous les ans ou l'inscription en plan collectif est-elle suffisante ?

L'inscription est la porte d'entrée. Ensuite, pour les campagnes

concernées par la plantation, le viticulteur devra obligatoirement

déposer une demande d'aide annuelle à la restructuration sur le site Vitirestructuration avant le 31 mars.

  • Suis-je obligé de planter au cours de chaque campagne ?

Non, il n'est pas obligatoire de planter sur chaque campagne du PCR 6.

  • Suis-je obligé de m'inscrire maintenant si je ne plante qu'en 2027 ou 2028 ?

Oui, il convient de vous inscrire dès maintenant, et de déposer votre dossier avant le 31 octobre 2025.

NB : Une inscription en 2e campagne (2026-2027) sera possible dans les conditions suivantes :

◗ Une nouvelle installation en viticulture depuis le 1er novembre

2025,

◗ L'existence d'un PDE (Plan de développement d'exploitation) ou PE (Plan d'entreprise) agréé, en cours d'exécution au 30 octobre 2026,

◗ Avoir moins de 40 ans au 30 octobre 2026 et avoir bénéficié antérieurement des aides à l'installation (DJA ou prêts MTS/JA), même si le PDE ou le PE n'est plus en cours d'exécution au 30 octobre 2026.

Si aucune des conditions n'est satisfaite, la demande d'inscription sera rejetée par FranceAgriMer.

  • Dois-je faire une demande préalable d'arrachage à FranceAgriMer pour bénéficier de la perte de récolte majorée ?

La déclaration préalable à l'arrachage pour l'aide à la restructuration du vignoble a été supprimée. La disparition de cette étape déclarative et des visites de terrain va permettre de diminuer la pression du contrôle, et un gain de temps pour

le viticulteur qui ne sera plus tenu d'attendre l'accord de FranceAgriMer. Il devra, dans le mois qui suit la réalisation des travaux d'arrachage de déclarer sa fin des travaux sur

Parcel.

  • Dois-je demander une caution pour bénéficier d'une avance ?

Oui. La fourniture d'une garantie d'avance (caution bancaire) permet de percevoir une avance lorsque vous effectuez une demande d'aide annuelle.

Attention ! Le versement d'une avance reste lié aux décisions prises par FranceAgriMer pour la campagne concernée en fonction des budgets disponibles.

Dans la mesure où vous souhaiteriez opter pour le versement d'une avance, veillez à bien renseigner le bas de la première page de votre dossier d'inscription. Le Comité RQD vous transmettra alors un formulaire de cautionnement pré-rempli.

À réception, vous devrez le remettre au plus vite à votre établissement bancaire qui constituera une caution bancaire dont l'original sera à remettre au Comité RQD avant le 9 janvier 2026. Nous vous alertons sur le délai d'instruction bancaire qui peut être assez long. En cas de difficultés, contactez rapidement le comité RQD.

Nous vous rappelons que la caution d'avance, d'un montant de

4 480 €/ha n'est pas obligatoire pour s'inscrire dans le plan. Elle doit être réalisée sur la base de la surface inscrite pour les 3 campagnes du plan collectif.

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