FDSEA / JA 34
À l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, une vingtaine d'agriculteurs ont mené une action de communication dans le supermarché Leclerc de Béziers pour dénoncer les pratiques trompeuses.
La FDSEA et les Jeunes agriculteurs de l'Hérault sortent des bouteilles de vin aux étiquettes trompeuses d'un supermarché Leclerc à Béziers.
© Crédit photo : LG
Il est 14 h 30, lorsqu'une vingtaine d'agriculteurs pénètrent dans le supermarché Leclerc de Béziers, vendredi 16 février. Cette opération de communication à destination des consommateurs a lieu à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de l'Hérault. L'objectif est clair. "Nous voulons maintenir la pression pour montrer au gouvernement que nous sommes encore là, et que nous pouvons nous mobiliser", explique Jean-Pascal Pelagatti de la FDSEA 34.
Le message n'a été donné qu'à une poignée d'agriculteurs, afin d'éviter des "dérapages ou de la casse dans le supermarché."
Banderoles de syndicats et drapeaux français à la main, les agriculteurs se dirigent tout d'abord vers le rayon fruits et légumes. Très vite, des autocollants sont collés sur les étiquettes des produits, afin de différencier ce qui vient de France et ce qui vient de l'étranger. "Achetez français ! C'est bon pour la santé !", "Les calculs ne sont pas bons Édouard ! Tu vas mettre quand de la rémunération sur nos exploitations ?", ou encore : "Certains utilisent le drapeau français pour vous tromper !", peut-on lire. "Il y a des oignons et de l'ail d'Espagne, alors que nous en produisons en France", s'irrite un agriculteur, quand un autre montre le rayon salade avec colère. "Il est écrit que la mâche vient de France. En réalité, lorsqu'on lit le détail, c'est un mélange avec de la salade en provenance de trois pays, l'emballage est trompeur", regrette-t-il. Des étalages entiers de salades, de citrons et d'autres produits étrangers sont alors bâchés par les paysans. "L'objectif est que les consommateurs se rendent compte qu'il n'y a plus grand chose dans les rayons des supermarchés lorsque nous enlevons les produits étrangers...", explique Jean-Pascal Pelagatti. Direction ensuite le rayon miel. Un emballage arbore le drapeau français. Mais lorsqu'on regarde plus en détail l'étiquette, il est indiqué que ce miel a simplement été mis en pot par une entreprise de l'Hexagone. Il provient en réalité d'Argentine, d'Espagne et de Bulgarie. "On a envie de le foutre à la poubelle ! On espère que la grande distribution comprend. On ne cautionne pas les débordements, mais cela va mal finir s'ils continuent comme cela", prévient un apiculteur.
Éric Lelong, également apiculteur tient à rappeler l'urgence de la situation. "Derrière le miel, il y a des abeilles, qui pollinisent les fruits que vous allez manger. Si nous n'arrivons pas à vendre notre miel nous allons mourir, nous sommes en train de mourir. Nous ne sommes pas contre les collègues européens. Nous sommes contre le miel trafiqué et contre le fait de mentir sur sa provenance au consommateur", explique l'apiculteur.
Jean-Pascal Pelagatti pointe un autre problème. "On nous dit que le bio c'est bien, mais le seul miel bio du rayon provient de Roumanie. On ne sait pas quelles sont les normes et le bilan carbone est désastreux. Il vaudrait mieux acheter du miel bio français ou même du miel français pas bio", estime-t-il.
Le petit groupe se dirige ensuite dans le rayon vin, devant des clients plutôt compréhensifs, à l'image de Nadine, une habituée. "Je ne peux pas tout acheter français, cela coûte trop cher", reconnaît-elle. "Mais je soutiens les agriculteurs, je comprends leur colère."
Jean-Pascal Pelagatti attrape deux bouteilles de vin rouge, rangées dans le rayon vin du Languedoc. La première indique "Pays de l'Hérault, provenance France", mais la seconde arbore une étiquette quasiment similaire, avec les mêmes couleurs, la même signature, à une différence près... en haut de la bouteille, il est indiqué que ce vin provient d'Espagne. "C'est très confusant pour le consommateur, c'est le négoce qui ne joue pas le jeu", regrette le viticulteur. "Ensuite, cette bouteille n'a rien à faire dans le rayon Languedoc, c'est de la fraude caractérisée. Nous allons prendre des photos et le faire remonter au sous-préfet, au service des fraudes et nous espérons que l'enseigne aura une amende", explique-t-il devant le directeur du centre commercial qui indique ne pas être habilité à s'exprimer.
Les agriculteurs vident alors le rayon des bouteilles espagnoles qu'ils entreposent dans un caddie. À l'issue de l'opération, celui-ci a été déposé symboliquement devant le magasin.
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