La Ciotat
Dans sa boucherie de 40 m², Bruno Benassar-Moya fait bien plus que découper de la viande. Il cultive un art, défend un patrimoine et incarne la passion d'un métier ancestral qu'il s'évertue à transmettre avec conviction.
Bruno Benassar-Moya, le boucher qui rend hommage à l'excellence française
© Crédit photo : Gulstream Influence
Rien ne prédestinait Bruno Benassar-Moya à devenir l'un des ambassadeurs du bœuf fermier Aubrac Label rouge. Sorti du système scolaire en quête d'un métier concret, il atterrit par hasard dans une boucherie. Là, c'est la révélation. Il y passe dans la foulée un bac professionnel 'Boucher-charcutier-traiteur', et entame sa vie professionnelle. L'intérim d'abord, puis un poste décisif aux Galeries Lafayette de Marseille. "C'est là que j'ai vraiment appris ce qu'était une viande d'exception", assure-t-il.
Ce goût pour la qualité ne le quittera plus. En 2017, il reprend une boucherie à La Ciotat, rebaptisée avec un clin d'œil assumé Bouche'Man. L'objectif est clair : il veut défendre la viande artisanale française dans ce qu'elle a de meilleur. Circuits courts, respect du bien-être animal, sélection rigoureuse des éleveurs, tout est pensé pour offrir à la clientèle de la viande de qualité.
Le 12 juin dernier à Dax, Bruno a remporté le prestigieux Trophée national des viandes d'excellence dans la catégorie 'Bœuf'. Une distinction organisée par la Fédération interprofessionnelle des viandes label (FIL) Rouge et le Syndicat des labels porcs et charcuterie, qui récompense neuf bouchers en France pour leur engagement dans les démarches Label rouge et IGP. "C'est une reconnaissance importante, surtout dans un contexte où notre métier est souvent caricaturé, voire attaqué", souligne-t-il.
Mais Bruno ne se contente pas des honneurs. Derrière le trophée, il voit surtout une opportunité de faire entendre la voix des artisans bouchers : "On respecte les animaux, les éleveurs, les clients. Nos viandes AOP sont un patrimoine. Elles sont issues de productions à taille humaine, respectueuses de l'environnement et de la biodiversité"
Depuis 2019, le boucher ciotaden travaille le bœuf fermier Aubrac Label rouge avec Ruthènes Viandes, son fournisseur de Rodez, devenu un véritable partenaire. "C'est une viande avec une couverture de gras parfaite, un persillé unique, et ce petit goût d'Aubrac que les clients adorent." Entre 2022 et 2024, les ventes ont doublé, passant de 4,6 à 9,5 tonnes. Et ce n'est pas un hasard : Bruno se rend régulièrement dans les élevages, rencontre les producteurs, observe, échange, apprend. Et transmet, surtout. À ses clients d'abord, en racontant l'histoire de chaque viande. À ses apprentis ensuite. Ils sont trois actuellement à ses côtés, formés à l'exigence du métier, au respect du produit, au service personnalisé.
Aujourd'hui, Bruno dirige deux boucheries à La Ciotat, Bouche'Man, son premier établissement de 40 m², et Bouche'Man La Ciotadenne, ouverte l'an dernier. Ce second site est dédié à la charcuterie maison. On y retrouve des jambons blancs, soubressades, longanisses, figatellis, pâtés... Une diversification maîtrisée, pensée pour valoriser aussi le porc français, avec notamment les productions d'un élevage partenaire dans le pays d'Aix.
Avec une équipe de neuf personnes, Bruno tient à garder un lien de proximité avec sa clientèle. "Les gens voient, goûtent et vérifient dans leur assiette la qualité de nos viandes qui ne bouillent pas à la cuisson par exemple. C'est notre meilleure publicité." Il confie aussi réfléchir à intégrer d'autres productions locales à sa gamme, tout en reconnaissant les limites de ses capacités : "On ne peut pas tout faire, mais on peut bien faire ce qu'on fait".
Au-delà de la boucherie, Bruno est un militant du 'manger plaisir' et du 'mieux manger'. Pas un discours marketing, mais une conviction profonde. "Dans un monde rempli d'injonctions alimentaires, manger une viande française, de qualité, issue d'un élevage respectueux, c'est une façon de résister, de faire le choix du bon sens."
Son regard se tourne aussi vers les jeunes générations. "J'aime dire aux parents que leurs enfants doivent se régaler au moins une fois par semaine !" Avec humour, mais aussi avec sérieux. Pour lui, manger de la bonne viande, c'est un acte culturel, presque éducatif.
Et quand on lui demande ce qui le motive encore après huit ans de gestion, il répond sans hésiter "transmettre. Mon métier, c'est du goût, du lien, de la mémoire. Et puis, c'est une passion. Je ne me verrai jamais faire autre chose".
Créé en 2008 par la Fédération interprofessionnelle des viandes label (FIL) Rouge et IGP et Sylaporc, le Trophée national des viandes d'excellence récompense les bouchers les plus engagés dans la valorisation des viandes Label Rouge et IGP. Chaque année, un jury composé de professionnels (éleveurs, bouchers, responsables GMS) distingue les lauréats selon plusieurs critères : qualité des viandes sélectionnées, transmission du savoir-faire, pédagogie en magasin. En 2025, neuf bouchers ont été récompensés. Bruno Benassar-Moya a reçu le prix dans la catégorie 'Bœuf' pour son travail autour du bœuf fermier Aubrac Label rouge.
BIOgraphie
ICI
Votre encart
publicitaire !
Hyères
HÉRAULT
SAINT-ÉTIENNE-DU-GRÈS

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner