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Ce lundi 12 juin, Sandrine Rousseau, députée écologiste, et Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV) sont venues dans le village de Fontiers-Cabardès pour partager leurs inquiétudes vis-à-vis du projet golfique.
Marine Tondelier (2e à g.), secrétaire nationale d'Europe écologie Les Verts (EELV), a du mal à concevoir la construction d'un nouveau golf, alors qu'il y en a déjà trois dans le département.
© Crédit photo : AL
Le village est sous le feu des projecteurs après l'altercation entre des vignerons audois et la sphère politique venue s'opposer au projet golfique qu'elle juge "hors-sol" et "en totale contradiction avec les problématiques que rencontre ce secteur". Catherine Lacoste, fille du champion de tennis René Lacoste, célèbre créateur de la marque du crocodile, qui porte ce projet le défend bec et ongles, en dépit des oppositions qu'il suscite.
"Ce projet, né en 2006, représente 144 hectares, dont plus de 20 seront artificialisés par des bâtiments et un complexe hôtelier", s'inquiète Emmanuel Pistre, secrétaire de l'association Montagne Noire Avenir. Pour Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV), "ce golf à 27 trous ne verra pas le jour, et tout le monde le sait. Il est donc inutile de perdre du temps avec ce type de projet qui n'est ni écologique ni même socialement acceptable".
Alors que de nombreuses associations cherchent à valoriser le patrimoine local et culturel afin de stimuler une économie circulaire, ce projet arrive comme un cheveu sur la soupe. "Malgré des enquêtes publiques, menées en 2014, qui montrent clairement l'opposition des habitants, le train n'a pas l'air de changer de cap", partage Emmanuel Pistre.
Deux recours en contentieux ont été déposés par l'association Montagne Noire Avenir, mais aussi par France Nature Environnement (FNE), ainsi que l'association Écologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois (ECCLA) contre le zonage du PLU, qui a permis de transformer des terres agricoles et naturelles en Unité touristique nouvelle (UTN). "Il y a un problème éthique, car on se demande comment un projet privé de ce genre peut museler une commune et l'empêcher de se prononcer librement sans subir des pénalités", s'étonne ce dernier.
"C'est un projet du déni qui s'ancre dans un monde passé, et qui ne concerne uniquement qu'une poignée de privilégiés", reprend Sandrine Rousseau, députée EELV. Avant d'ajouter : "Nous n'avons plus d'argent à dépenser pour ce genre de projet." De son côté, Marine Tondelier assure "qu'une prise de conscience générale est en marche".
La conférence de presse a commencé dans le calme, avec un public ravi de voir des figures politiques venues pour discuter des enjeux de ce projet tant critiqué. Mais c'est en partant vers le Domaine Ventaillole, à Ventenac-Cabardès, pour animer un atelier des États généraux de l'écologie, que l'atmosphère s'est dégradée, devenant même électrique.
Sur le chemin, de nombreux agriculteurs étaient présents pour clamer leur mécontentement concernant la vision "totalitariste" du parti écologique. "À chaque fois que vous prenez la parole dans les médias, c'est pour faire de l'agribashing", s'exclame un des agriculteurs présents. "On bosse 70 heures par semaine, et encore on se fait insulter d'empoisonneurs", rétorque un autre.
Pendant plus de 30 minutes, les agriculteurs ont fait part de leur détresse vis-à-vis "d'un métier qui ne paye plus". La députée et la secrétaire nationale ont souhaité engager la discussion. "Les écologistes ne sont pas les ennemis des agriculteurs. Tournez-vous plutôt vers l'agro-industrie qui vous amène droit dans le mur", s'est défendue Marine Tondelier. De son côté, Sandrine Rousseau a expliqué que "nous sommes ici pour défendre les terres agricoles et non pas pour faire disparaître les agriculteurs".
Malgré les injures, les deux parties s'accordent sur le non-sens du golf, mais aussi sur la nécessité de sauver une agriculture qui souffre. Sur place, la gendarmerie a permis d'apaiser les choses pour qu'enfin les discussions reprennent au Domaine Ventaillole.
L'Occitanie recense 14 000 hectares de terres où il est actuellement possible de développer de grands projets territoriaux qui répondent aux problématiques d'alimentation ou de services. "La Loi climat et résilience, même si elle est critiquable, a un objectif à 2032 de diminuer la surface d'artificialisation de 50 % sur les dix dernières années via le dispositif Zéro artificialisation nette. Pourquoi on ne s'en sert pas ?", demande Francis Morlon, vice-président du Département en charge de la transition écologique.
À l'heure où les projets de ce genre se multiplient, incluant le projet de Salvaza, ce dernier reconnaît qu'il est compliqué de "se mettre autour d'une table pour discuter et savoir ce que l'on veut vraiment développer au sein de notre territoire". Mais les chiffres sont là, 200 exploitations agricoles disparaissent chaque semaine dans le pays et plus de 900 hectares de terres agricoles sont perdus dans le département audois. Le temps de la discussion serait-il enfin arrivé ?
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Le lendemain, les deux fem-mes politiques étaient attendues à Luc-sur-Aude afin de mettre en avant le parc photovoltaïque citoyen, construit par et pour ses habitants. Une première au niveau national. "Ce parc montre, et fort heureusement, des projets citoyens qui s'insèrent dans une vraie démarche écologique et citoyenne", partage Marine Tondelier.
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