INCENDIES
Touchée de plein fouet par les récents incendies, la filière viticole s'inquiète des effets à long terme sur ses exploitations, ses paysages et son économie. Face à l'ampleur des pertes, un plan d'action collectif est en cours d'élaboration.
À nouveau, les vignes ont pu prouver leur rôle essentiel en tant que coupe-feu lors de l'incendie de Bizanet, qui a parcouru quelque 400 hectares pour environ 240 de brûlés.
© Crédit photo : JA11
Bizanet, Moux, Douzens, Fontcouverte, Narbonne…, le paysage audois est dévisagé. Qualifié par les autorités comme l'un des pires sinistres depuis 1986, le bilan est difficile à avaler. En seulement 10 jours, plus de 3 000 hectares sont partis en fumée et face à l'ampleur du sinistre, ce ne sont pas moins de 1 000 pompiers, appuyés par 270 à 300 engins, 2 hélicoptères légers, 1 hélicoptère de commandement, 5 Canadair et 2 Dash qui ont été déployés. C'est la cohésion de tout un pays qui a été nécessaire pour entrevoir une fenêtre d'espoir. "Nos pensées vont aux sinistrés, mais aussi aux pompiers qui ont fait un travail remarquable", salut Ludovic Roux, président de la Chambre d'agriculture de l'Aude.
Pour faire face à cette situation, la Chambre d'agriculture entend prochainement coordonner les actions. "On va faire un groupe de travail avec tous les syndicats. L'idée, c'est de rester mobilisés, d'agglomérer les problématiques et de défendre les agriculteurs au cas par cas", explique-t-il. Centraliser les remontées du terrain, évaluer les impacts concrets, et organiser une défense commune des intérêts viticoles sont sur les rails, car les dégâts ne se limitent pas aux vignes brûlées.
Des parcelles ont également été aspergées de retardant largué par avion, d'autres ont servi de coupe-feu, sacrifiant des rangées entières. À cela s'ajoute l'inquiétude autour du "goût de fumée", phénomène qui peut rendre les vins impropres à la vente. Mais là encore, aucune certitude avant les vendanges. "Sur ce sujet, des analyses seront nécessaires pour affirmer ou non sa présence, mais ce qui est certain, c'est que ça ne sera pas pris en charge par le système assurantiel", prévient le président.
En parallèle de la production, certains vignerons faisaient de l'œnotourisme dans des pinèdes aujourd'hui calcinées. "Ce sont des pertes économiques, mais aussi morales, très dures à accepter."
Au-delà de l'urgence immédiate se dessine la nécessité d'un travail de fond sur de nombreux sujets à commencer par une réflexion globale sur la ressource hydrique. "Il faut un plan ambitieux sur l'eau", martèle le président. "On sait que l'on ne peut pas irriguer partout, mais là où l'on peut le faire, il faudra peut-être réfléchir à de nouveaux modèles économiques car dans certaines zones, la vigne seule ne suffira plus à faire vivre les exploitants."
Parmi les pistes évoquées, une indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) méditerranéenne, des paiements pour services environnementaux (PSE), une meilleure reconnaissance de l'agriculture comme barrière naturelle contre les incendies, et un soutien accru aux pratiques préventives. "La seule chose qui arrête le feu, c'est la vigne. On le dit depuis longtemps, et ça se confirme", insiste le président.
Le 7 juillet dernier, le syndicat des Jeunes agriculteurs, co-présidé par Léo Gasc et Loïc Escourrou adressait déjà une lettre à un large éventail d'acteurs agricoles, incluant le ministre de l'Intérieur ainsi que le ministre de l'Agriculture. "Nous avons eu un écho retentissant et beaucoup de retour vont dans notre sens", assure Loïc Escourrou. Une conférence de presse est organisée ce vendredi 11 juillet à la Maison des vignerons à Narbonne afin de détailler les orientations futures.
Dans les départements voisins, si les surfaces calcinées paraissent moindres, elles ne cessent toutefois de s'étendre. 400 hectares le 5 juillet, dans le massif de la Gardiole, entre Fabrègues et Mireval. Puis, le 8 juillet, un feu s'est déclaré à Castelnau-de-Guers. Fixé à 5 heures du matin ce 9 juillet, le sinistre a parcouru 700 hectares sur 3,5 km, dont environ 400 ont été brûlés. Sur la commune de Montdardier, 430 hectares ont également brûlé ce mercredi.
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