Confédération paysanne
Après avoir tenu son assemblé générale lundi 12 février à Uzès, la Confédération paysanne du Gard a organisé son Salon à la ferme jeudi 15 février sur une exploitation porcine en plein air, aux Salles-du-Gardon.
Audrey, éleveuse de porcs en plein air sur la commune des Salles-du-Gardon présente son exploitation dans le cadre du Salon à la ferme, organisé par la Confédération Paysanne.
© Crédit photo : Louise Gal
Pour la quatrième année de Salon à la ferme, la Confédération paysanne du Gard a décidé d'accueillir la population sur l'exploitation d'Audrey et Nicolas, éleveurs de porcs en plein air sur la commune des Salles-du-Gardon. Le rendez-vous est donné à 9 h 30, jeudi 15 février. Une soixantaine de personnes des villages alentours sont venues découvrir le travail du couple. Le concept est né au niveau national durant le Covid, suite à l'annulation du Salon de l'agriculture. "Nous avons finalement décidé de continuer, car l'événement était plébiscité par tous les visiteurs", explique Didier Marion, porte-parole du syndicat dans le Gard. "Au salon de l'agriculture, nous communiquons plutôt au travers de la presse. Là, c'est complètement différent, nous communiquons directement depuis nos fermes. Nous avons plus de temps à consacrer aux visiteurs, et cela permet de montrer la réalité et pourquoi nous prônons ce type d'agriculture." La thématique de 2024 est la souveraineté alimentaire.
Divisés en deux groupes, les visiteurs ont pu découvrir cette ferme de six hectares, qui a accueilli ses premiers cochons en 2018. "C'est facile de dire qu'on fait du cochon en plein air, mais en réalité, il y a des gens qui achètent des cochons de bâtiment qui ont dix mois, qui les gardent quinze jours, puis qui vendent la viande derrière", regrette Audrey Burban. "L'idée de cette journée est donc de montrer l'endroit où nous faisons naître les petits, les reproducteurs, ainsi que les douze parcs d'engraissement dans lesquels il y a des cochons de tous les âges, afin que nous puissions en avoir toutes les semaines." La visite est l'occasion de connaître les conditions d'élevage des animaux. Ici, hors de question de couper les dents ou de mettre un anneau au nez des cochons, afin d'éviter qu'ils creusent le sol. "Si nous leur donnons une belle vie, ils nous donneront une belle viande", estime le couple qui amène ses cochons à l'abattoir au bout de 10 à 12 mois de vie.
Pas question non plus que la viande fasse des kilomètres, avant d'être consommée. La vente se fait localement, soit directement à la ferme, soit aux marchés de la Grand-Combe et d'Alès. "Nous nous sommes installés ici pour nourrir les gens d'ici. Le but est d'avoir une utilité locale."
Après cette visite, l'Association pour le développement de l'emploi agricole et rural du Gard (Addearg) a présenté la trajectoire d'installation d'une maraîchère implantée depuis fin 2021 à Montaren-et-Saint-Médiers.
Le porte-parole de la Confédération paysanne du Gard estime que les récentes annonces gouvernementales ne permettent pas d'aider l'agriculture locale prônée tout au long de cette journée. Une agriculture pour une alimentation saine, et qui ne doit pas remettre en cause les ressources naturelles de demain. "La misère paysanne est importante, il ne faut pas se leurrer, il y a un tiers des paysans français qui vivent avec moins de 400 euros par mois !", s'indigne Didier Marion. Le syndicat qui a tenu son assemblée générale lundi 12 février à Uzès, en présence du secrétaire général Thomas Gibert, estime n'avoir rien obtenu des négociations avec le gouvernement. "Nous ne nous reconnaissons pas dans les revendications des autres syndicats. Moi, quand j'entends dire qu'il faut remettre plus de produits phytosanitaires, je pense que chaque année j'enterre un copain paysan qui est décédé à cause d'un cancer ou d'une leucémie dus aux phytosanitaires. Je ne peux pas aller dans ce sens là !", confie l'agriculteur avec écœurement.
Pour le syndicat, ces dernières semaines sont synonymes de retour en arrière sur les produits phytosanitaires, mais aussi sur les jachères. "Nous avons l'autorisation de cultiver les jachères sans aucune contrainte. Cela n'apporte donc rien en termes de biodiversité et de régénération des sols."
La Confédération paysanne du Gard a donc prévu plusieurs mobilisations dans les semaines à venir pour faire entendre ses revendications. Les adhérents réclament une sortie de tous les accords de libre échange. "Cela met en concurrence les paysans, mais aussi les ouvriers aux quatre coins de la planète. Pourquoi avons-nous des fruits qui arrivent dix fois moins chers que ceux produits en France ? Parce qu'en Roumanie, au Chili, en Bulgarie ou en Australie, les ouvriers agricoles et ceux des usines de fabrication sont payés moins de 200 € par mois", tient à rappeler le porte-parole. "Nous ne voulons pas de produits achetés, en France ou ailleurs, en dessous du prix de revient minimum du coût de production et de la rémunération du travail paysan." Même si le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, a tenu à rassurer les agriculteurs ce mercredi en affirmant le refus de la France d'accepter, dans l'état, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, le syndicat est inquiet. "D'une part, l'État ne renonce pas aux négociations. D'autre part, il signe des accords bilatéraux avec tous les pays qui composent le Mercosur. L'Union européenne vient de signer un accord avec le Chili et des négociations sont en cours avec l'Argentine et le Brésil", regrette Didier Marion.
L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Nouvelle-Zélande, adopté le 22 novembre 2023, illustre parfaitement les inquiétudes de la Confédération Paysanne. "Depuis l'arrêt des quotas laitiers en 2015 qui permettaient un prix rémunérateur et une visibilité par rapport aux banques, la France a déjà perdu plus de la moitié de ses producteurs laitiers", expose le porte-parole. "Lactalis, numéro un mondial du lait est en train de négocier à la baisse son prix, suite à cet accord avec la Nouvelle-Zélande qui est en situation de surproduction de lait et qui souhaite l'exporter à bas prix en Europe. Le coût actuel est de 44 centimes le litre. Lactalis est en train de le négocier à 39 centimes. Si l'accord avec la Nouvelle-Zélande est effectif et si Lactalis arrive à négocier ce prix, cela signera la fin de la production laitière en France", présume-t-il.
Le syndicat a également échangé sur l'intérêt des exploitations à taille humaine lors de son assemblée générale. Thomas Gibert, secrétaire général de la Confédération paysanne, a fait part de son expérience. Il est en effet installé dans une ferme collective de 100 hectares dans le Limousin avec dix autres agriculteurs. "Là-bas, une telle surface correspond presque à la structure d'un seul paysan, et eux, ils arrivent à tirer plusieurs salaires et cela leur permet également de se dégager du temps, notamment pour la vente", raconte Didier Marion. "Nous avons des fermes de plus en plus grosses, qui sont donc de plus en plus dépendantes des machines. La moindre augmentation du prix du gasoil, de l'électricité ou des pièces détachées prend donc des proportions dramatiques", regrette-t-il.
La Confédération paysanne compte bien continuer le combat afin que sa voix soit entendue.
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