Roquebrune-sur-Argens
Depuis un peu plus de 40 ans, les Rieder cultivent l'amour de la vigne et le goût du vin. Avec passion, ils écrivent l'histoire du Domaine Les Planes en famille, en s'attachant à produire des vins qui leur ressemblent.
Ici, on produit donc des vins de caractère qui reflètent le terroir du domaine et l'exigence qualitative de ses propriétaires.
© Crédit photo : GL
Ilse et Christophe Rieder travaillent tous les deux pour un domaine réputé de La Croix-Valmer, lui en tant que régisseur, elle en tant qu'œnologue, quand ils découvrent le domaine Les Planes. Ilse est la fille d'un vigneron allemand, Christophe vient de Suisse. Ils se sont rencontrés durant leurs études, en Allemagne, et leur parcours les a conduits dans le Var. Rapidement, ils cherchent à s'installer à leur compte, pour faire leurs propres vins. Ils tombent alors sous le charme du vignoble des Planes, à Roquebrune-sur-Argens. La propriété plantée sur les premiers contreforts des Maures, surplombe le golfe de Fréjus/Saint-Raphaël, à l'abri de l'agitation du littoral pourtant si proche, entre maquis et forêt.
Le couple y fait l'acquisition d'une quinzaine d'hectares de vignes en 1980. La cave est construite cinq ans plus tard. De plantations en investissements matériels, avec soin et passion, les Rieder développent la production et l'identité du domaine. Ils sont plus tard rejoints par leurs trois fils, dont les deux plus jeunes sont désormais co-gérants.
Le vignoble des Planes court aujourd'hui sur 35 ha, principalement classés en AOC Côtes de Provence, et s'appuie sur un encépagement diversifié de grenache, tibouren, syrah, cinsault, rolle, muscat d'Alexandrie et petits grains, mourvèdre, cabernet sauvignon, carignan, sémillon, clairette, ugni blanc... Et, depuis l'an dernier, deux cépages résistants aux maladies cryptogamiques, du vidoc et du floréal, en IGP Maures. Ce précieux matériel végétal est cultivé en agriculture biologique. La démarche écologique avait déjà été initiée par l'ancien propriétaire du domaine, et les Rieder ont amplifié le mouvement jusqu'à l'obtention de la certification AB, en 2009.
Sur un terroir à dominante de micaschistes, sableux, sensible à l'érosion et pauvre en matière organique, les apports de compost végétal et de fumier de mouton, ainsi que les semis d'engrais verts, viennent nourrir et structurer les sols. Le désherbage est réalisé mécaniquement, et les vignes sont enherbées un rang sur deux, en rotation annuelle. "On sème seigle, phacélie et radis fourrager après la vendange, et un berger vient avec ses moutons chaque hiver, pour faire une première tonte. Ça participe à la vie du sol et ça permet de garder la terre sur les parcelles, en évitant l'érosion", explique David, le plus jeune des frères Rieder. Pour ce qui est de l'eau, précieuse dans ces conditions sèches, la ressource du canal de Provence, principalement utilisée en goutte-à-goutte pour les jeunes vignes, est gérée de façon aussi attentive qu'économe.
En cave, pressoir pneumatique de dernière génération et refroidisseur de vendange permettent de préserver le raisin, récolté à la machine dès la fin de nuit, en fonction de la maturité des parcelles. La sélection parcellaire est valorisée grâce aux quelque 2 500 hectolitres de cuverie thermorégulée en inox du domaine, et à l'important et minutieux travail d'assemblage. Sans oublier les foudres de chêne, dédiés à l'élevage des rouges et de certains blancs. "Ils sont faits par un tonnelier suisse avec du bois allemand pour des vins français. C'est finalement toute l'histoire du domaine !", s'amuse David Rieder. L'exploitation est aussi équipée d'une chaîne de mise sous inertage, de sorte à maîtriser pleinement le process de production.
La famille Rieder gère aussi la commercialisation de ses vins, qui se fait pour 60 % en direct au caveau, grâce à une fidèle clientèle locale et touristique, 20 % auprès de la restauration locale et 20 % à l'export, un circuit développé de longue date vers l'Allemagne et la Suisse d'origine des Rieder bien sûr, mais aussi en Hollande, en Belgique ou au Luxembourg.
Fort d'une riche palette de cépages, le Domaine Les Planes propose une gamme toute aussi variée, comptant pas moins de 12 cuvées différentes. "C'est sans doute notre côté germanique : en Allemagne, l'offre est souvent très diversifiée. C'est en tout cas notre politique commerciale : avoir du choix avec des produits qui racontent quelque chose du domaine", souligne David Rieder.
Ici, on produit donc des vins de caractère qui reflètent le terroir du domaine et l'exigence qualitative de ses propriétaires. Et si la production se décline majoritairement en rosé (60 %), rouge (20 %) et blanc (20 %) restent des composantes essentielles de l'identité du domaine. Parmi les produits emblématiques, on trouve ainsi en IGP Maures un 100 % muscat, et en AOC Côtes de Provence une cuvée tranquille prénommée 'Blanc de blancs' issue d'un assemblage à dominante de rolle, avec du sémillon et de la clairette, ou encore un rouge composé à 90 % de mourvèdre. Ce cépage - qui profite de l'air marin - est aussi utilisé avec la syrah dans un rosé de structure sous appellation. Un côtes-de-provence rosé, créé à partir de 70 % de tibouren, est une autre spécialité des Planes. "C'est un cépage auquel ma mère a toujours cru. Il est un peu compliqué, très poussant. C'est le premier à débourrer et il est gélif, mais il fait d'excellents rosés", apprécie David Rieder.
Qualité et identité affirmée sont finalement les deux piliers de la réussite du domaine. Les nombreuses médailles, remportées au fil des ans au Concours général agricole, en témoignent. Il n'est pour autant pas question pour la famille Rieder de se reposer sur ses lauriers. Pour le vigneron, le secret, c'est l'investissement dans la durée. Le vignoble est ainsi renouvelé à raison d'un à deux hectares chaque année. Et, après la rénovation de la cave en 2012, le caveau de vente vient d'être refait. Sans oublier le renouvellement régulier des matériels et les compétences du personnel. Le domaine peut notamment compter sur le savoir-faire de son maître de chai historique, le professionnalisme de sa vendeuse et le dynamisme de quatre jeunes ouvriers agricoles, dont deux tractoristes. "Si on veut rester compétitif, il faut investir à la vigne, en cave, dans le matériel et dans l'humain, avec du personnel qualifié qu'on s'efforce de garder", même s'il y a plus de difficultés à recruter durablement que par le passé, relève David Rieder.
À présent, avec la flambée des coûts de l'énergie, la famille réfléchit à l'installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de la cave, qui sera probablement le prochain chantier d'ampleur.
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