Bouches-du-Rhône 07/09/2023
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FÉDÉRATION DES Chasseursdes Bouches-du-Rhône

Une nouvelle équipe au service des chasseurs

Le peuple de la chasse a parlé. Mais, si les apaisements ne semblent pas encore tout à fait d'actualité, une nouvelle équipe - qui a obtenu la confiance de ses adhérents - relève les manches pour servir les chasseurs.

600 demandes de candidatures pour le permis de chasser ont été enregistrées cette année. Un record.

© Crédit photo : ED

Même si l'on évoque avec passion la nouvelle saison de chasse en Provence, l'actualité cynégétique départementale reste encore étroitement liée à son contexte politique dans les Bouches-du-Rhône. Et ces derniers mois ont vu de nouveaux évènements en interne. Après avoir fonctionné plusieurs années sous administration provisoire et tutelle de la justice, la Fédération départementale des chasseurs a organisé de nouvelles élections en avril. Après cinq années sans chasseurs à sa tête, elle s'est donc dotée d'un nouveau conseil d'administration et d'un président, Daniel Keller.

"L'objectif est maintenant de redonner le pouvoir aux chasseurs, avec une fédération dotée d'une gouvernance de chasseurs, en l'occurrence 15 administrateurs chasseurs", lance le nouveau président. La sérénité n'est, certes, pas encore tout à fait retrouvée en interne. Mais il s'agit évidemment de tout faire pour ne pas revenir à une situation qui a conduit à une administration judiciaire. Toutefois, forte de la confiance de sa base, la nouvelle équipe se veut sereine. "Ce sont les adhérents, et uniquement eux, qui peuvent mettre dehors une gouvernance et ses dirigeants", ajoute Jo Condé, nouveau directeur depuis quelques semaines. Ce dernier revient ainsi dans la structure après l'avoir présidée cinq années et en avoir été écarté durant ensuite sept ans.

Un nouveau Schéma de gestion cynégétique départemental

S'il reste encore beaucoup de questions pour lesquelles l'équipe dirigeante devra trouver des solutions - en effet, 5 des 15 salariés de la fédération sont actuellement en arrêt de travail - le retour à un fonctionnement normal et régulier de la fédération passe notamment par la bonne application sur le terrain du document qui définit l'activité chasse, pour les six années à venir : le Schéma de gestion cynégétique départemental (SDGC).

"Nous avons déjà tenu une première réunion de travail avec l'ensemble des techniciens de la fédération, pour en décliner tous les axes", précise le directeur. Car le SDGC est essentiel pour l'encadrement de la pratique dans les territoires : les modalités de contribution des chasseurs à la gestion équilibrée des écosystèmes, l'équilibre agro-sylvo-cynégétique mais aussi la sécurité, les dégâts, le permis de chasser, les missions de service public... tous les points de la chasse figurent dans cette charte.

Arrivées à leur terme en 2020, la rédaction et l'approbation du document s'étaient heurtées à de nombreux points de divergence. "Mais aujourd'hui, nous avons un nouvel outil de gestion", assure Jo Condé. En dépit d'autres embarras - comme le rapport de la Cour des comptes que la fédération va contester (lire ci-contre) -, la nouvelle équipe veut avancer. "Nous voulons soutenir la chasse, aider tous les détenteurs de droits de chasse dans leurs différentes missions techniques, administratives et financières. Et nous voulons simplifier la chasse aux chasseurs", lance Jo Condé.

La propriété et le partage

Le directeur est conscient des enjeux sociétaux autour de la chasse auxquels il faut pouvoir répondre. "Défendre la chasse commence par l'expliquer. Nous pouvons compter sur les campagnes déployées au niveau national. Notre objectif est aussi de nous mettre autour de la table, avec l'ensemble des utilisateurs de la nature." Il est pour cela indispensable de rétablir et de faire entendre également quelques vérités sur la propriété et le partage, selon les chasseurs. Ainsi, sur la question du partage, le directeur répond "qu'il ne faut pas oublier que 80 % du territoire français est privé. Les chasseurs sont souvent propriétaires ou locataires de ces terres". À tous ceux qui voudraient réduire le temps de chasse, voire interdire la pratique le dimanche, Jo Condé invite à regarder de près une saison de chasse au petit gibier. "C'est quatre mois dans l'année et, dans bon nombre de règlements de sociétés, la pratique se concentre sur trois jours d'ouverture par semaine. Quand on parle de partage avec les autres utilisateurs de la nature, il est donc pertinent de rappeler que la chasse, c'est une cinquantaine de jours par an."

Gestionnaire de la faune, la Fédération est aussi engagée dans la préservation de la biodiversité. Les chasseurs contribuent en effet aussi - au travers de leurs redevances sur le permis de chasser - à des programmes d'actions, l'Office français de la biodiversité (OFB) validant les projets. Collectée puis reversée par l'État, cette manne financière de l'éco-contribution représente dans le département 200 000 €. Un financement non négligeable. Mais les chasseurs se doivent de l'utiliser sur des projets en faveur de la biodiversité. "Par exemple, nous réalisons des ouvertures de milieux qui sont bénéfiques à tous, aussi bien pour lutter contre les incendies que pour la petite faune sauvage. Et sur ces trois dernières années, une éco-contribution importante de 150 000 euros a été réalisée dans la zone humide de la Camargue."

Demandes de candidatures en hausse

Au centre de toutes les attentions, outre les dégâts de sangliers (voir encadré ci-dessus), la sécurité est au cœur de l'action de la fédération. Sur la formation décennale à la sécurité, obligatoire pour tous les chasseurs, elle doit - d'ici 2030 - former ses 16 000 chasseurs. "Nous délocalisons les formations, mais nous souhaitons aussi proposer un maximum de formations sur le site de la fédération. Nous souhaitons en effet que le chasseur retrouve le lien avec sa maison. L'objectif est aussi d'accélérer leur rythme", explique le directeur. Depuis de nombreuses années maintenant, la fédération a également mis en place une formation obligatoire pour les chefs de battues, "alors qu'elle n'est pas obligatoire au niveau national". Autre obligation nouvelle dans le SDGC : celle de porter un accessoire fluorescent, y compris pour les chasses individuelles, à l'exception de la chasse à poste fixe.

À quelques jours de l'ouverture, les chasseurs devraient être aussi nombreux que l'an passé dans le département, avec 16 000 validations estimées. Mais "la bonne nouvelle est que nous avons plus de 600 demandes de candidatures pour le permis de chasser. Un pic qui n'avait plus été atteint depuis très longtemps", observe le directeur. Avec les risques d'incendies, la fédération souhaite pourtant que l'ouverture soit possible partout, pour tous. "À la différence d'autres départements, les chasseurs des Bouches-du-Rhône n'ont pas accès à certains massifs pendant la période d'ouverture. Nous allons demander l'autorisation pour y avoir accès jusqu'à 10 heures du matin, comme c'est le cas dans certains départements", indique le directeur. "Prudence, sécurité, responsabilité, mais aussi plaisir de chasser. C'est tout ce que nous souhaitons allier pour cette nouvelle saison", conclut le président Daniel Keller. 

Emmanuel Delarue •

POUR ÊTRE précis-

La fédération prépare sa défense

Un rapport de la Cour des comptes, qui avait soumis la fédération à un contrôle sur six années de gestion, a été rendu en février dernier. Ce rapport pointe les manquements des autorités de contrôle, mais aussi certaines anomalies en matière de gestion de la fédération. "Par exemple sur le contrôle l'indemnisation des dégâts de grand gibier, sur la gestion d'armes pour les permis de chasse ou encore sur des frais de bouche. Nous sommes en train de récupérer tous les éléments et les pièces, de façon à contester ce qui nous est reproché", assure Jo Condé, le nouveau directeur.

Emmanuel Delarue •

Dégâts de sangliers : une facture de 600 000 €

Parmi les dossiers majeurs dont la fédération a la charge figurent les dégâts causés par le grand gibier. Dans le département, les chasseurs prélèvent environ 10 000 sangliers par an. "Mais la problématique sanglier s'est aussi élargie aux dégâts chez les particuliers et aux accidents routiers. Tout cela conduit à un accroissement de la facture. Tous confondus, les dégâts à la charge de la fédération représentent une enveloppe de 600 000 euros", estime Jo Condé, directeur de la Fédération des chasseurs 13. Quant aux dégâts agricoles (300 dossiers/an environ), tous les territoires et toutes les parcelles ne sont pas forcément protégeables par les clôtures face aux populations de sangliers. Mais les clôtures électriques mises à la disposition des agriculteurs font partie de la solution. "Nous souhaitons aussi pouvoir mettre à disposition du personnel fédéral, pour aider les exploitants agricoles sur les cultures les plus sensibles et onéreuses", ajoute le directeur. 

Céline Zambujo •

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