ENSEIGNEMENT AGRICOLE
C'est dans les Pyrénées-Orientales que l'enseignement agricole d'Occitanie a choisi de faire sa rentrée 2026. Réunis jeudi 3 septembre au lycée Federico Garcia Lorca de Théza, représentants de l'État, de la Région et de la Région académique ont dressé les perspectives d'un enseignement appelé à jouer un rôle majeur, face au renouvellement des générations et aux transitions qui traversent l'agriculture.
"Je voulais faire Sciences et technologies de l'agronomie et du vivant parce que je voulais un peu donner un sens à ma vie", confie Nicolas Jouan (à gauche).
© Crédit photo : AV
Pour sa rentrée régionale, l'enseignement agricole a choisi cette année Théza et le lycée Federico Garcia Lorca, l'une des composantes d'AgriCampus 66. Un choix qui a particulièrement fait écho aux enjeux évoqués, tout au long de la matinée du 3 septembre. Dans les Pyrénées-Orientales, "sécheresse, incendie, tension sur la ressource en eau" ne sont "pas théoriques", a rappelé Vanessa Allauzen, directrice d'AgriCampus 66. "Elles sont observées, étudiées et expérimentées au quotidien" et nourrissent les formations comme les projets pédagogiques.
Un territoire particulièrement exposé, donc, pour aborder un défi qui concerne toute l'Occitanie : former une nouvelle génération de professionnels à une agriculture en pleine transformation.
De la classe de 4e au diplôme d'ingénieur, l'enseignement agricole prépare à plus de 200 métiers, dans l'agriculture, mais aussi l'alimentation, la forêt, le paysage, l'environnement...
Alors que de nombreux agriculteurs partiront à la retraite dans les dix prochaines années, préparer la relève s'impose comme l'un des enjeux majeurs. "C'est la première mission de l'enseignement technique agricole de permettre et de favoriser ce renouvellement des générations", a insisté Olivier Rousset, directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt.
Pour lui, il en va aussi du maintien de l'activité agricole dans les territoires et, plus largement, de la souveraineté alimentaire.
Former une nouvelle génération suppose aussi de la préparer aux profondes transformations de l'agriculture. Parmi elles, l'adaptation au changement climatique occupe une place centrale. "Nous avons nécessité de nous adapter, d'adapter nos pratiques et de préparer nos nouvelles générations à ce sujet", a insisté Vincent Labarthe, vice-président de la Région Occitanie.
Pour Carole Drucker-Godard, rectrice de la région académique Occitanie, ces transformations font aussi émerger de nouvelles compétences et de nouveaux débouchés : "Ce sont les métiers d'avenir qui se créent ici".
Former les professionnels de demain suppose d'abord de permettre aux jeunes de connaître toute la diversité des voies qui s'offrent à eux. Pour y parvenir, enseignement agricole et Éducation nationale entendent renforcer leurs liens, notamment en matière d'information et d'orientation.
Pour Carole Drucker-Godard, il s'agit d'"ouvrir les possibles" : "Il faut donner le choix à nos élèves", a défendu la rectrice de la région académique Occitanie. Cela passe notamment par une offre de formation plus lisible et davantage de passerelles entre les filières. La collaboration entre les deux enseignements est appelée à se renforcer dès cette rentrée avec le lancement du Programme national d'orientation et de découverte des métiers du vivant (PNOD). Prévu par la loi d'orientation agricole, celui-ci doit notamment permettre aux jeunes, dès l'école élémentaire et le collège, de découvrir les secteurs agricole et agroalimentaire.
À Théza, les parcours des élèves illustrent déjà la diversité des horizons auxquels peut conduire l'enseignement agricole. Raphaël Chabannon envisage de devenir garde forestier. Kellya Sirven et Alana Salomon souhaitent devenir soigneuses animalières. Nicolas Jouan, lui, est passé par l'enseignement général avant de rejoindre la filière Sciences et technologies de l'agronomie et du vivant (Stav). Il y a trouvé une voie qui lui correspond davantage : "Je voulais faire Stav parce que je voulais un peu donner un sens à ma vie", confie-t-il, avec l'envie de "faire quelque chose pour la nature".
Signée à l'occasion de la rentrée régionale de l'enseignement agricole à Théza, la convention-cadre entre la Région académique Occitanie et la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) Occitanie renforce la coopération entre l'Éducation nationale et l'enseignement agricole. Conclue pour trois ans, elle s'organise autour de sept axes.
Pour les élèves et leurs familles, l'enjeu est d'abord de rendre les parcours plus lisibles. La convention prévoit également de mieux coordonner l'offre de formation à l'échelle des territoires, en cartographiant les formations existantes. Des parcours "hybrides" associant l'Éducation nationale et l'enseignement agricole pourront être expérimentés et certains équipements - ateliers, exploitations agricoles, cuisines pédagogiques ou internats - davantage mutualisés. La coopération portera également sur le numérique éducatif, avec notamment la question de l'intelligence artificielle, puis sur la formation continue des personnels. Le partage des données sur la démographie scolaire doit, quant à lui, aider à adapter l'offre de formation et à mieux prendre en compte les besoins futurs en compétences. Enfin, les deux partenaires souhaitent développer leurs collaborations à l'international et favoriser la mobilité des élèves et étudiants.
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