CIRCUITS COURTS
Ouverte fin mars et inaugurée le 23 avril 2026 à la boulangerie Ange de Saint-Christol-lès-Alès, la nouvelle 'Ruche qui dit oui' porte un projet singulier : celui de Patrick Vanuxeem, qui souhaite démontrer la viabilité d'un modèle local flexible, avant de le transmettre.
Les producteurs étaient présents pour l'inauguration de 'La Ruche qui dit oui' de Saint-Christol-lès-Alès (30), installée à la boulangerie Ange qui a ouvert récemment.
© Crédit photo : Patrick Vanuxeem
Désormais, tous les jeudis de 17 h 30 à 19 h 30, sur le parking de la boulangerie Ange à Saint-Christol-lès-Alès (30), les adeptes du circuit court peuvent récupérer leur panier.
Inaugurée le 23 avril 2026, cette nouvelle 'Ruche qui dit oui' repose sur un principe simple, explique Patrick Vanuxeem, maraîcher à Vézénobres et responsable de la Ruche : "C'est une plateforme numérique qui met en relation des producteurs et des transformateurs avec des consommateurs."
Le concept a vu le jour en 2011, avec l'objectif de créer du lien entre ceux qui cultivent et ceux qui consomment. La plateforme permet d'accéder à des produits locaux et de saison, tout en garantissant une rémunération juste aux agriculteurs. En septembre 2025, 'La Ruche qui dit oui' a fusionné avec l'espagnol CrowdFarming. L'ensemble rassemble aujourd'hui plus de 10 000 agriculteurs et 1,5 million d'utilisateurs à travers l'Europe. Dans le Gard, quatre Ruches sont actives : Argilliers, Saint-Mamert-du-Gard, Villevieille et désormais Saint-Christol-lès-Alès. D'autres, comme à Alès ou Nîmes, ont cessé leur activité.
Maraîcher depuis 20 ans, Patrick Vanuxeem a créé en 2009 les 'Halles bio' de Vézénobres, un hybride entre magasin de producteurs et marché. "J'ai transmis en 2019 car cela représentait beaucoup de travail", explique-t-il, tout en continuant de soutenir l'installation d'agriculteurs.
Mais le défi de la Ruche le tente. "Le fond de ma pensée n'est pas de garder la Ruche, mais de la créer, la transmettre et montrer un modèle qui peut être dupliqué. Si je réussis à le faire à Saint-Christol, d'autres peuvent le faire ailleurs dans le Gard", expose-t-il, convaincu par le simple fait d'essayer.
La première distribution officielle a eu lieu le 26 mars. Patrick Vanuxeem a choisi de reprendre une structure existante, espérant fidéliser l'ancienne clientèle via un fichier de 300 adresses e-mail. "On pensait tenir une aubaine, mais ces contacts sont anciens et les habitudes de consommation ont changé. Pour l'instant, peu d'anciens sont revenus", constate-t-il lucidement.
La dynamique repose donc sur de nouveaux membres : une centaine de personnes ont déjà rejoint la Ruche sans obligation d'adhésion, simplement en s'inscrivant pour suivre les disponibilités.
Piloter une Ruche, c'est orchestrer le local : trouver un lieu, choisir ses producteurs et rythmer les distributions. Autour de Patrick, une équipe déjà bien fournie s'organise : les Maraîchers de la roseraie, du Domaine de Camille, de l'Entrée des serres et des Terrasses du Fraissinet côtoient Spiruline arc en ciel, le miel du Mas Daussan, la Brasserie céleste, le porc du Mas de la Rouquette et les graines germées de Simple germe. Bientôt rejoints par le vin et le fromage, tous valident leur statut agricole pour rassurer la maison mère parisienne.
Administrativement, le responsable peut être agriculteur, association ou auto-entrepreneur, mais il doit disposer d'un numéro de Siret. L'avantage majeur du système réside dans sa flexibilité : "Contrairement à un point de vente physique où les frais fixes tombent même sans ventes, ici, si vous faites zéro euro de chiffre d'affaires, vous ne payez rien. Les producteurs ne prennent aucun risque", affirme Patrick Vanuxeem.
La plateforme gère la complexité technique et financière. "Je gagne 8% du chiffre d'affaires en tant que responsable de Ruche et la maison mère prélève 12%", précise-t-il. Épaulé par sa sœur, Nicole, qui assure la gestion numérique de leur Ruche, il salue l'outil. "C'est un service rendu : le site internet est très bien fait et gère les relances clients et la trésorerie automatiquement", note Patrick. Au total, la commission prélevée sur le producteur s'élève à 20%, un taux qu'il ajuste en fonction de ses marges.
L'ambition de Patrick est précise : atteindre 50 000 € de chiffre d'affaires annuel, soit 40 paniers par semaine, condition sine qua non qu'il s'impose pour transmettre la Ruche. Actuellement à 14 paniers, il mise sur la rentrée de septembre pour décoller, fort d'un emplacement stratégique à la boulangerie Ange, ouverte récemment, et d'une entente "gagnant/gagnant".
"Si l'objectif n'est pas atteint, je ne m'acharnerai pas", tempère-t-il. Patrick reste ouvert aux nouveaux producteurs, bien qu'il ne les sollicite pas activement. À 50 ans, il privilégie une autre philosophie de vie : "Ce système permet de ne pas être engagé 52 semaines par an. C'est une liberté précieuse."
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