Vignerons Indépendants
Pour sa dernière assemblée générale en tant que président de la Fédération des Vignerons indépendants de Paca, Laurent Bunan dresse le bilan d'une mandature mouvementée, entre crise sanitaire, aléas climatiques, crise économique et évolutions réglementaires.
À la tribune de l'assemblée générale des Vignerons indépendants de Paca, le président, Laurent Bunan, était entouré du trésorier, Pierre Boyer, du maire de Brignoles et président de l'intercommunalité de la Provence verte, Didier Brémond, ainsi que de la présidente de la Chambre d'agriculture, Fabienne Joly.
© Crédit photo : GL
"Le vigneron indépendant cultive sa vigne en respectant son terroir, fait lui-même son vin dans sa cave, vend son vin en partageant sa passion", rappelle le président des Vignerons indépendants (VI) de Paca, en introduction de l'assemblée générale organisée le 4 avril, sur les terres du Château Margillière, à Brignoles. "Le vécu de ces dernières années me laisse penser que nous pourrions ajouter ces mots à cette définition : le vigneron indépendant doit concilier sa passion avec de plus en plus de contraintes et d'obligations", complète Laurent Bunan.
Il faut dire que depuis son élection à la tête de la fédération, en 2019, la pandémie de Covid, les épisodes de gel, de grêle, de sécheresse et la guerre en Ukraine, les tensions sur les matières premières et l'inflation auront largement compliqué la tâche de la profession. Et c'est sur une année 2022 "très difficile", que le vigneron de Bandol et son équipe achèvent cette mandature.
"Approvisionnement en capsules, en bouteilles, incertitudes sur les marchés, augmentation des prix des carburants et des matériels, sans compter les phénomènes climatiques intenses et défavorables selon les secteurs", sont autant de difficultés à gérer.
La fédération, qui propose un service d'achat groupé de capsules fiscales depuis de très nombreuses années, s'est rapidement constituée un stock plus important qu'à l'accoutumée, de sorte à pouvoir servir le plus grand nombre de vignerons. Une initiative payante puisqu'en plus des 200 domaines approvisionnés de manière récurrente, 150 vignerons supplémentaires ont pu être dépannés. "Le service étant essentiel aux vignerons, le conseil d'administration de notre fédération a pris la décision de ne pas appliquer d'augmentation sur nos capsules en 2022, malgré la hausse imposée par nos fabricants, que nous avons pris à notre charge", indique Laurent Bunan. Par ailleurs, une rétrocession de 25 000 € a été consentie au bénéfice des vignerons.
Au plan économique, le mouvement des VI s'est par ailleurs largement mobilisé au niveau national, pour repousser la date de fin de remboursement des prêts garantis par l'État, octroyés depuis le confinement de 2020. Il s'est aussi battu pour la mise en place et l'adaptation du dispositif d'aide au stockage privé en 2021. Les Vignerons indépendants de France sont aussi partie prenante des discussions concernant l'aide à la distillation.
"Notre confédération nationale nous défend sans relâche auprès des cabinets ministériels, des administrations, des parlementaires. À travers le livre blanc, publié lors des élections de 2022, le mouvement porte les enjeux des vignerons sur quatre grandes thématiques : territoire et emploi, simplification administrative, enjeux climatiques et environnementaux, Europe et international", souligne le président des VI de Paca.
La fédération régionale a d'ailleurs participé à divers travaux, parmi lesquels figurent les dossiers de l'assurance récolte, mise en œuvre cette année, et de la résilience climatique.
Localement, les VI contribuent notamment aux comités techniques organisés par la Société du canal de Provence (SCP), dans le cadre du programme d'extension des réseaux hydrauliques. "Bien sûr, l'État va nous demander un plan de sobriété, comme à tout le monde. Mais grâce à l'engagement de la SCP, de la Région Sud, des collectivités et des filières agricoles, un plan d'aménagement est prévu dans le Var : il doit venir sécuriser la ressource sur l'ensemble du département. Je salue la volonté des acteurs de travailler avec le milieu agricole et je remercie le président de la Région, Renaud Muselier, de m'avoir nommée à la présidence de la SCP dans cet esprit", souligne Fabienne Joly, présidente de la Chambre d'agriculture du Var et conseillère régionale.
Alors que les Vignerons indépendants n'ont de cesse de dénoncer les lourdeurs administratives et réglementaires pesant sur la filière, l'application à venir des nouvelles règles d'étiquetage est un autre dossier brûlant : elles prévoient notamment de communiquer la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle des vins.
"On en parle depuis longtemps et les négociations sont très compliquées. Mais nous avons réussi à avoir notre propre législation dans le cadre de l'OCM viticole, ce qui était très important", indique Thomas Montagne, vice-président de la Confédération européenne des Vignerons indépendants. Les débats ont notamment permis à la filière d'obtenir la possibilité de mettre les informations en ligne et de les rendre accessibles, via un QR code imprimé sur l'étiquette ou la contre-étiquette. "La valeur énergétique en calories, kcal et kJ, devra figurer sur la bouteille, mais le reste pourra être mis en ligne, dans la langue du pays de commercialisation. Des traductions seront nécessaires pour ceux qui travaillent à l'export. Il n'y a pas de taille minimum pour le QR code, mais il doit être lisible et permettre au consommateur d'accéder aux informations prévues en un clic", précise Thomas Montagne. Par ailleurs, les informations en ligne devraient pouvoir être hébergées sur les sites internet des caves, mais la filière reste en attente de l'avis de la DGCCRF sur ce point. D'autres sont toujours en discussion. "On a un vrai souci sur le fait de travailler par lot : quand on fait plusieurs embouteillages, il peut y avoir certains ajouts avant la mise en bouteille, et cela impliquerait des complications. On demande donc la possibilité d'ajouter la mention"peut contenir"pour certains éléments, même si les vins n'en contiennent pas", explique Thomas Montagne.
Enfin, le délai de l'entrée en vigueur des nouvelles règles, prévu pour décembre 2023, semble bien trop court au représentant des VI. "Dans l'attente des décrets d'application, ça va être compliqué pour nous de nous mettre au diapason dans un délai aussi court. Nous demandons donc que les vins de 2023 ne soient pas concernés, pour nous donner le temps de nous mettre en conformité. Pour le moment, il est recommandé aux vignerons d'attendre les détails du texte avant de faire quoi que ce soit", développe-t-il.
Bien sûr, la Fédération des Vignerons indépendants répondra présente aux côtés de ses adhérents, pour les aider dans la mise en place de ces nouvelles règles, comme elle le fait sur de nombreux sujets administratifs et juridiques, dans le cadre de ses missions d'accompagnement.
"Adhérer à notre fédération, c'est s'unir pour défendre ensemble notre métier, le promouvoir et le développer économiquement", résume Laurent Bunan, en remerciant le conseil d'administration et le personnel de la fédération pour leur implication et leur dévouement, sur tous les fronts, au service des vignerons indépendants. Et si son mandat de président arrive à son terme, il s'engage à rester actif au sein de la structure. Le nouveau bureau de la fédération doit être élu début mai.
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