Le 26 novembre, 150 vignerons de l’Hérault ont fait le déplacement dans la vallée du Lauquet. Le 3 décembre, ce sont des vignerons du Gard qui interviendront dans le secteur de Capendu.
“On peut dire que presque tout a été fait, au moins 95 % de ce qui était prévu.” Pierre Jammet, coordinateur de la première journée de solidarité vigneronne, pouvait souffler le 26 novembre, une fois la nuit tombée. Tout au long de la journée, 350 vignerons se sont mobilisés dans les vignes bordant le Lauquet, un secteur particulièrement touché, et où l’urgence était de mise. Trois bus avaient été affrétés pour transporter 150 vignerons depuis l’Hérault. Des vignerons qui avaient répondu à l’appel de la FDSEA, des Jeunes agriculteurs, des Vignerons indépendants et de Coop de France... À ce fort contingent, venu prêter main forte aux sinistrés, se sont ajoutés 150 vignerons audois, rassemblés autour du Syndicat des vignerons et de l’association des agriculteurs sinistrés, ainsi que des viticulteurs voisins, notamment du Limouxin. “Il reste quelques petites choses, mais l’essentiel des travaux que nous avions listés a pu être mené à bien. Les propriétaires avaient bien préparé les listes des tâches, l’organisation a parfaitement fonctionné”, se réjouissait-il. Parmi les nombreux travaux effectués au long de la journée par ces escouades solidaires, il a fallu assurer le nettoyage des parcelles, enlever les branches et végétaux, qui s’étaient accumulés dans les rangs et autour des sarments, redresser les espaliers, changer des piquets. “Nous avons même eu le concours de quelques entreprises venues avec des engins, comme des pelles mécaniques...” Un appui qui n’a pas été de trop.
Du bien au moral
“C’est un vrai travail de fourmi en fait, mais quand vous avez 80 personnes dans une vigne, ça va vite”, ajoute Pierre Jammet, qui a parfois été bluffé, au long de la journée, par l’avancée des travaux. “On peut dire maintenant que cela commence à ressembler à quelque chose. On y voit beaucoup plus clair. On saura assez rapidement quelle vigne pourra être conservée, quelle vigne devra être arrachée, lesquelles on pourra espérer replanter, si on parvient à acheter de la terre pour remplacer celle emmenée par les rivières, pour éviter les pertes de fonds.”
À midi, les équipes se sont retrouvées, en deux services, dans les bâtiments de l’ancienne cave de Saint-Hilaire, mise à disposition par la mairie du village, “pour manger un bon petit cassoulet”. Si le vignoble ressemble moins à un champ de bataille depuis cette journée de solidarité, Pierre Jammet pense que cela va faire du bien à tout le monde. “J’ai vu des vignerons aller seuls dans les vignes... puis renoncer, parce que lorsqu’elles sont dans un tel état, on ne sait même pas par quel bout commencer. Une journée comme ça fait aussi du bien au moral. Maintenant, les vignerons vont pouvoir reprendre le cours normal de la vigne, se mettre à la taille. Ils seront forcément plus sereins.”
Au total, ce sont près d’une trentaine d’hectares qui ont été remis en état le 26 novembre, par 300 paires de mains, unies par la solidarité.
YK
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