FRSEA Occitanie
Élu quelques jours plus tôt, l'ancien secrétaire général de la FRSEA Occitanie, Jean-Marie Dirat, succède à Philippe Jougla au poste de président. Lors de l'assemblée générale des 11 et 12 mars, il endossait officiellement ses fonctions, promettant de "changer de ton" pour répondre aux demandes des agriculteurs. Rencontre.
Jean-Marie Dirat, agriculteur dans le Tarn-et-Garonne, a été élu président de la FRSEA Occitanie pour une durée d'un an. Un mandat de transition qu'il veut marquer de sa patte en faisant à nouveau remonter les propositions depuis la base.
© Crédit photo : JBe
Mardi 11 mars, vous étiez officiellement présenté comme le président pour un mandat d'un an. Quel est votre plan d'attaque ?
Jean-Marie Dirat : "Pour moi, c'est un mandat de transition qui va permettre de nous remettre en ordre de marche et de nous structurer en interne. Mais on a besoin d'agir vite, car on a des dossiers qui n'ont pas le temps d'attendre et sur lesquels nous nous voulons force de propositions. Cela va nous demander beaucoup de travail et comme je le dis souvent, c'est un travail qui va venir des départements, parce que je ne veux plus que l'information vienne d'en haut. Je veux qu'elle vienne d'en bas. C'est ce que doit toujours être un syndicat. Un outil qui permet de faire émerger des idées, de défendre son métier et de faire remonter des propositions, et moi je suis là pour cela, au service de mes adhérents. Je peux être un porte-parole, mais j'ai besoin d'avoir une équipe et surtout que les agriculteurs d'Occitanie reprennent leur destin en main, et me donnent des propositions que je puisse porter."
Parce que ce n'était pas le cas jusqu'à présent ?
J-M.D. : "Non. Comme toute structure, peut-être sommes-nous trop reposés sur nos acquis ? Est-ce qu'on a trop laissé de place ? Je n'en veux pas à mes prédécesseurs, parce que j'admire ce qu'ils ont fait, parce qu'ils se sont battus. Mais aujourd'hui, les agriculteurs nous demandent de changer de système. Jusqu'à présent, on évitait les problèmes. C'est-à-dire que l'échelon national ou l'État nous disaient "Ça va devoir se passer comme ça". Nous, on allait dans la négociation pour assouplir, pour que cela ne pèse pas trop sur les exploitations. Aujourd'hui, ce système est fini. Quand la mesure proposée ne sera pas bonne, on saura dire : "Non, on n'ira pas à la négociation." Si l'État veut imposer, il prendra ses responsabilités. Je ne cautionnerai plus les agissements de l'État. Les agriculteurs souffrent trop de bêtises qui ont été imposées au fil du temps. Cela fait 20 ans que mes prédécesseurs râlent, crient et qu'on est méprisé par l'État. Quand je dis mépris, je l'emploie et je le reconnais : On a subi. Aujourd'hui, on relève la tête, car on a besoin de ce changement."
Les dossiers à porter sont nombreux. La rémunération reste-t-elle l'axe prioritaire ?
J-M.D. : "En premier, il y a effectivement le revenu. En Occitanie, nous avons encore vécu une année 2024 catastrophique. Il y a des exploitants qui partent dans des procédures collectives, que ce soit en redressement ou en sauvegarde. Quand on investit et qu'on prend des risques, on a le droit d'avoir un retour sur investissement. C'est un minimum. Ce ne serait quand même pas un gros mot qu'on puisse toucher un salaire de 2 000 ou 2 500 euros par mois avec les risques que l'on prend. Quand vous dites à un entrepreneur d'aller investir 300 000 euros avec une rentabilité de 2 %, il n'y va pas. Nous, on y va. Donc il faudrait peut-être que la rentabilité monte à 3 ou 4 %. Ce n'est peut-être pas grand-chose pour certaines personnes, mais pour nous, cela veut dire beaucoup. On ne peut plus dire qu'il faut installer des jeunes et laisser partir toute une génération. Commençons par soutenir ceux qui sont en place."
Quels sont les autres dossiers qui ne peuvent plus attendre aujourd'hui ?
J-M.D. : "En Occitanie, il y a l'eau et le changement climatique, et c'est un problème qui ne concerne pas que la sécheresse. On a des ravageurs sur les cultures qu'on n'avait pas avant, des proliférations de maladies, que ce soit la maladie hémorragique épizootique (MHE) ou la fièvre catarrhale ovine (FCO).
Vu qu'il fait moins froid l'hiver, les insectes piqueurs ne meurent plus, donc au printemps, ils repartent encore plus vite et plus fort. Il n'y a parfois même pas d'arrêt de la maladie. J'en veux pour preuve le cas de la FCO-3, qui a été déclarée en plein mois de décembre. Ce changement climatique a vraiment beaucoup d'effets et il faut le prendre dans sa globalité. Autre exemple, on nous dit qu'il faut vacciner les bêtes contre la MHE et la FCO car cela coûte trop cher. Aujourd'hui, l'État n'a pas commandé suffisamment de doses pour la FCO-8, nous dit qu'on est en pénurie et que les doses seront disponibles pour le mois de juin. C'est inadmissible, car cela veut dire qu'il va y avoir des troupeaux à nouveau contaminés, de la mortalité et qu'on va devoir retourner voir l'État, qui reste responsable de la quantité de vaccins à prévoir. Quand vous avez passé quatre années de galère, que le fonds de roulement est à sec et que vous tournez avec du découvert bancaire, vous n'avez pas la possibilité de réinjecter de l'argent dans la structure. L'État nous a mis à sec et je lui en veux pour cela. Il faut nourrir les Français, mais cela a une valeur de produire et il faut qu'on remette cette valeur dans la tête des gens. Ce n'est quand même pas normal que les agriculteurs eux-mêmes ne puissent pas acheter les produits qu'ils produisent. C'est ça la réalité."
Vous dites que vous avez besoin d'une nouvelle équipe avec vous pour mener ces combats. L'avez-vous trouvée ?
J-M.D. :"Oui. Et je pense que des gens qui veulent faire, il y en a plein. Je lance presque un appel aux agriculteurs. S'ils ont envie de faire évoluer leur métier, il n'y a aucun souci. La porte de la maison FRSEA et de nos 13 fédérations départementales est ouverte."
Alors que les prochaines élections de la fédération régionale n'auraient dû intervenir qu'en 2026, les élections professionnelles de la Chambre d'agriculture ont rebattu les cartes, poussant le syndicat à anticiper le scrutin. Pour une durée d'un an, sept agriculteurs et agricultrices de la région composent le bureau restreint :
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