CHAMBRE D'AGRICULTURE 34
Face à "l'accélération des crises", la Chambre d'agriculture de l'Hérault veut tenir le cap. Lors de ses vœux 2026 au Mas de Saporta à Lattes (34), son président, Jérôme Despey, a défendu une agriculture lucide et offensive, plaçant l'eau, le revenu et le soutien aux filières, au cœur de l'action collective.
Jérôme Despey, président, et les élus de la Chambre d'agriculture de l'Hérault ont présenté leurs vœux pour 2026. Une année charnière, encore, où l'organisme consulaire entend bien se positionner aux côtés des agriculteurs de toutes les filières.
© Crédit photo : ML
"Notre force, c'est la proximité. Notre moteur, c'est l'expertise. Notre cap, c'est l'action." C'est au nom de toute la Chambre d'agriculture de l'Hérault que Jérôme Despey, son président, a présenté ses vœux pour 2026, lundi 19 janvier. Rébarbatives et protocolaires pour les uns, essentielles pour d'autres, les cérémonies de vœux se sont succédé dans le département depuis le début de l'année.
Mais réunie au Mas de Saporta, c'est toute l'agriculture de l'Hérault qui appelait à regarder la réalité en face pour tenir le cap. "Ce sont des vœux de santé, bien sûr, mais aussi de solidité, de lucidité et de confiance", précise Jérôme Despey. Des vœux d'abord présentés aux agriculteurs et agricultrices de l'Hérault, à l'heure où son agriculture et celle de toute la France sont "entrées dans une ère d'accélération des crises".
Depuis quelques années, le changement climatique n'est plus une perspective, mais un axe structurant toutes les décisions. La sécheresse n'est plus une exception. "Il n'y a pas d'agriculture sans eau, ni de territoire vivant sans agriculture. Quand elle tombe, on doit pouvoir la stocker", commence le président. Pour lui, il est question d'intérêt général. Pas seulement pour la filière agricole, mais pour l'ensemble des citoyens. Sur ce point, il remercie l'engagement du Département, notamment de Kléber Mesquida, son président, et Yvon Pellet, vice-président à l'agriculture. "Sur les retenues hivernales, je ne lâcherai rien pour le financement, y compris au niveau de la compensation, même si le cadre réglementaire ne nous le permet pas encore", réaffirme le viticulteur.
"Sans revenus, pas de transition, pas d'installation, pas de souveraineté." Les termes sont clairs et le président de la Chambre insiste : "Le revenu agricole n'est pas une variable d'ajustements." Pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier, les équipes de l'organisme consulaire restent pleinement mobilisées, quoi que "l'accompagnement d'une agriculture dans un contexte dégradé implique un changement de pratiques professionnelles", y compris à la Chambre.
Grâce à leur travail, le dégrèvement de la TFNB a par exemple "été obtenu en un temps record". Sur la prédation du loup et les dégâts de gibier, notamment les sangliers et les lapins, des renforcements des moyens de lutte devraient être mis en place avec les louvetiers. "Ce qui se passe au sud du département n'est plus tenable", pointe le président, et un important travail est à mener avec la Fédération des chasseurs.
Quant aux cultures spécialisées, Jérôme Despey l'a rappelé, c'est toujours : "Pas d'interdiction sans solution", et encore plus dans cette période de Mercosur, où la distorsion de concurrence se fait de plus en plus criante. "Nous devons nous protéger pour que ce qui nous est interdit n'arrive pas dans les assiettes des consommateurs."
Une pensée particulière pour les conchyliculteurs "qui doivent être accompagnés" face à ces trop nombreuses questions qui restent sans réponse face à la crise qu'ils traversent. Aux éleveurs, aussi. La DNC a exigé une réaction rapide et "la vaccination demandée, portée et obtenue en 24 heures". Une rapidité d'exécution qui a permis qu'à date, 90% du cheptel et des animaux soient vaccinés. Malgré le travail remarquable des vétérinaires et éleveurs persistent des interrogations, et le besoin d'apporter des réponses à ces derniers devient urgent, "pour préserver nos cheptels et nos races".
Enfin, pour la viticulture, "pilier de notre agriculture héraultaise qui traverse également une crise structurelle aggravée", Jérôme Despey appelle au soutien des coopératives, afin qu'elles puissent maintenir leur rôle d'amortisseur social. Il y a eu la manifestation de Béziers. Puis l'enveloppe promise au Sitevi pour l'arrachage définitif. "Il est temps de passer de la promesse aux actes", assure le président de la Chambre. Pour les prêts garantis par l'État, il faudra un budget, et quant à la distillation, se font attendre les réponses de l'Union européenne "qui tardent, qui tardent, qui tardent". Parce qu'il n'est plus possible d'accepter des prix sous les coûts de production, la filière place beaucoup d'espoirs dans d'autres avancées législatives. Sans revenu, une fois encore, pas d'installation, pas d'investissement et pas d'engagement dans la durée sans un minimum de stabilité.
"L'adaptation ne se décrète pas, elle se construit. Et se finance", souligne l'agriculteur, qui fait appel à ce choc de simplification tant martelé et attendu par l'ensemble des filières, "y compris dans d'autres secteurs d'activité que l'agriculture". Pour cela, il faut selon lui créer de la valeur avec des partenariats solides. Avec l'artisanat, le commerce, le tourisme... "Ce sont autant de maillons qui nous permettront d'apporter des réponses."
La vision est limpide : l'accompagnement doit se faire de l'installation à la retraite. Et pour cela, la Chambre d'agriculture n'a qu'un souhait : celui de rester "une boussole crédible et indispensable", confirme Jérôme Despey.
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