LE PRADET
Ce vendredi 7 novembre, une page se tourne pour Jean-Claude Véga. Limite d'âge oblige, l'horticulteur quitte la présidence de Philaflor, le groupement des producteurs de fleurs coupées du Var. À 65 ans, il clôt ainsi un long chapitre d'engagement au service d'une profession et d'une filière.
Jean-Claude Véga, horticulteur.
© Crédit photo : GL
Né dans le milieu horticole, Jean-Claude Véga fait 15 ans de carrière dans l'armée de l'air avant de revenir sur l'exploitation familiale, au Pradet. Après un an de formation au CFPPA de Hyères, il reprend, en 1994, la culture de roses de sa mère.
Mais une partie de l'outil est obsolète. Sur les 6 000 m2 en production, 2 000 m2 de serre en bois et verre ont été montés par son père au début des années 60. "Je me suis un peu entêté à faire de la rose, avec une structure qui n'était pas adaptée, jusqu'à être en difficulté", convient Jean-Claude Véga, avec le recul. Pour compenser, l'horticulteur s'attèle à moderniser sa conduite, accompagné par Philaflor. "C'est un vendeur de la Sica où j'apportais ma production qui m'a rapproché du groupement de producteurs. J'y ai trouvé de bons conseils sur la fertilisation, le chauffage, le passage en hors-sol", apprécie-t-il encore aujourd'hui.
Alors, dès qu'il le peut, il se porte volontaire, pour aider à son tour. Il devient administrateur du groupement de producteurs, qu'il représente au sein du Scradh, aujourd'hui Astredhor Méditerranée, station d'expérimentation et de recherche appliquée spécialisée en fleurs coupées. Ce sera sa première mission pour Philaflor. Le producteur s'investit pleinement. D'autant que, curieux et dynamique, il s'intéresse déjà à la recherche et teste dans son coin différentes cultures (agapanthe, chrysanthème forcé, coprosma et autres feuillages...), sans que cela ne matche avec le commerce.
Jusqu'à ce que, techniquement et économiquement, l'horticulteur se retrouve dans l'impasse et décide de se débarrasser de ses roses. Dans les vieilles serres en bois, il fait un temps du Viburnum opulus. "J'étais le seul et je le faisais bien, avant que les Italiens arrivent. Je le forçais pour être en avance, et j'en avais aussi en extérieur, en tardif, pour étaler un peu la production, très saisonnière. Ça m'a bien aidé à tenir", se souvient-il. En parallèle, il contacte un fournisseur qui lui vend du lisianthus. "Ce n'était à priori pas la meilleure période, mais je suis arrivé quasiment seul sur le marché aux fleurs avec un très beau produit. Ça a bien pris", raconte l'horticulteur.
Toujours avec l'appui de Philaflor et du Scradh, il se lance dans la Protection biologique intégrée (PBI). "Mon fournisseur de lisianthus m'avait donné un calendrier de traitement rigoureux, mais je n'avais pas envie de mettre la combinaison et le masque tous les trois jours, alors je me suis rapproché de la station et du groupement, avec l'idée de montrer que cela pouvait fonctionner autrement. Avec Isabelle Fourest, alors technicienne du groupement, à chaque nouveau ravageur, on cherchait un auxiliaire. J'ai pu traiter en baskets et participer, à mon petit niveau, à la démocratisation de la PBI", se satisfait-il, sans fanfaronner, en replongeant dans ses souvenirs. L'interdiction du bromure de méthyl, utilisé pour désinfecter le sol entre deux cultures de lisianthus, change de nouveau la donne. Jean-Claude Véga les remplace par de l'agapanthe, quelques temps seulement. "Les premières années, c'est formidable, avec une production qui arrive de bonne heure. Mais en vieillissant, le produit est de moins en moins précoce", explique l'agriculteur.
En 2016, alors qu'il approche de la fin de sa carrière, il démonte finalement ses vieilles serres en bois pour y planter de la pivoine. Cette seule culture lui laisse du temps pour s'investir davantage dans les structures professionnelles. Il prend la présidence de Philaflor, puis celle de Florisud, siège à la Sica Marché aux fleurs de Hyères, dont il a été vice-président ces deux dernières années. Il porte aussi la voix de la filière à la Chambre d'agriculture du Var pendant six ans. Il occupe également le terrain de la politique locale en devenant adjoint au maire du Pradet. "Être dans toutes ces structures, ça facilite les échanges, ça permet de créer du réseau. C'est bien pour faire avancer les choses, pour faire connaître la filière, obtenir de l'écoute et des aides", tire-t-il de ces nombreuses expériences.
À l'heure du passage de relais, qu'il a préparé avec la conscience professionnelle qui le caractérise, Jean-Claude Véga est serein. De ses années à la tête de Philaflor, il retient l'investissement réalisé pour moderniser le laboratoire du groupement, "pas fait pour être rentable, mais pour rendre service aux producteurs", défend-il. Dans cet esprit, il a œuvré sans relâche pour renforcer l'accompagnement administratif réglementaire et technique des horticulteurs.
Il est aussi fier d'avoir réussi, avec ses collègues et amis de la station et de la Sica, à trouver un accord pour que les adhérents du groupement adhèrent aussi d'office à Astredhor Méditerranée.
Le travail mené en commun avec le personnel lui tient enfin particulièrement à cœur. "Aussi bien à Philaflor qu'à Florisud, je me suis attaché à créer des conditions de travail qui font que tout le monde vient avec le sourire. Malgré les difficultés de recrutement, on a réussi à former une bonne équipe, très impliquée, avec beaucoup de compétences", salue-t-il. Alors, il part tranquille, avec le sentiment d'avoir fait ce qu'il voulait. Même s'il reste nombre de dossiers pour ses successeurs. "Il y a beaucoup de travail qui les attend sur l'assurabilité de notre filière, orpheline à ce niveau, sur la gestion des phyto et l'adaptation au changement climatique, sur la main-d'œuvre ou sur l'évolution des certifications", souligne Jean-Claude Véga.
Et si "la fleur coupée est un métier formidable", il ferme ce chapitre comme il l'a fait pour sa carrière militaire. L'homme n'a pas l'habitude de faire les choses à moitié et entend désormais pleinement se consacrer à sa famille, surtout à son épouse, Régine. Un soutien sans faille.
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