BRIGNOLES
Une Saint-Valentin sans rose ? C'est le pari réussi d'Éric Barbier, qui a fait le choix de la saisonnalité et de la durabilité sur l'exploitation horticole familiale et dans la boutique, où il vend une partie de sa production en direct.
Floribelle
© Crédit photo : GL
La rose était la spécialité de ses parents depuis les années 70. Alors, quand approche l'an 2000 et qu'il décide de suivre la voie agricole plutôt que de poursuivre ses hautes études en nouvelles technologies et communication, c'est tout naturellement qu'Éric Barbier plante de la rose.
Il commence avec 3 000 m². Pour étoffer la gamme proposée par ses parents, il s'oriente sur des formes plutôt anglaises, qu'il affectionne particulièrement pour leur aspect naturel rappelant la rose de jardin. Mais la culture sous serre chauffée ne le satisfait guère et, après quelque temps, il décide de s'orienter sur une production de fleurs de saison. "La chauffe était contraire à ce que je voulais faire. Ça taraudait ma conscience environnementale", confie volontiers Éric Barbier.
La saisonnalité s'accompagne d'une diversification des cultures, pour maintenir activité et revenu sur l'année. En 2017, Éric Barbier se met à la renoncule, pour avoir une production hivernale en complément de la rose - désormais produite entre avril et fin novembre, voire début décembre selon la météo, et cultivée à froid sur une surface réduite - et de la pivoine implantée plein champ quelques années plus tôt, pour enrichir sa gamme au printemps.
De la même manière qu'il échelonne le calendrier de plantation de ses renoncules, l'horticulteur taille ses rosiers par lot, pour étaler la production. Alors qu'en fleur coupée, les rosiers sont généralement renouvelés tous les quatre à cinq ans, chez Éric Barbier, certains ont plus de dix ans. "Comme ils se reposent l'hiver, je peux les garder longtemps", explique-t-il.
Dans ses serres de roses et d'anémones, conduites sur dispositif hors-sol, le producteur a recours à la Protection biologique intégrée (PBI, ndlr) pour lutter contre les maladies et les ravageurs, en limitant l'utilisation de produits phytosanitaires. Pionner de la PBI dans le Var, il s'y est initié dès ses débuts. "Il y a eu des moments de découragements, notamment sur le thrips dans les roses. Beaucoup de producteurs ont d'ailleurs arrêté la rose à cause de cela. Mais je me suis entêté : j'arrive maintenant à contenir le thrips avec des auxiliaires et de l'huile de neem. Il y a des années que je n'ai pas fait de traitement contre les acariens, et si ça décroche parfois, je fais des interventions ciblées sur les foyers de mildiou ou d'oïdium. Ça paraît une montagne au départ, mais ça fonctionne et on arrive à trouver les bons équilibres", développe Éric Barbier.
Il utilise notamment des auxiliaires de culture, qui se sont durablement installés au fil du temps. "Ils sont Brignolais maintenant !", plaisante-t-il. "J'utilise aussi beaucoup de champignons entomopathogènes, de bonnes bactéries et du stimulateur de croissance. C'est de plus en plus vertueux. On reste à l'affût de tout ce qui sort, et on travaille avec l'Astredhor Méditerranée à Hyères, pour remettre du vivant dans le substrat", développe-t-il avec une passion enthousiasmante.
Il s'est aussi appuyé sur les travaux de l'Astredhor pour le recyclage des solutions de ferti-irrigation : depuis septembre dernier, il est ainsi équipé d'un système de filtration lente dimensionné pour traiter, en circuit fermé, les effluents de ses cultures de roses et d'anémones. Ce sont les problèmes de maladies telluriques (Pythium et Phytophthora principalement), fréquents sur renoncules, qui ont motivé son choix. "Cela me permet de récupérer 45 % à 50 % de l'eau utilisée, ce qui est précieux. Et comme je fais cette économie, je m'autorise à pousser un peu les arrosages, selon les besoins de la plante", apprécie Éric Barbier.
Dans le même esprit, également sensible à l'économie circulaire, il utilise du fumier de cheval d'un centre équestre voisin en fumure de fond sur ses pivoines.
La majeure partie de la production est commercialisée via la Sica Marché aux fleurs de Hyères, mais les fleurs sont aussi vendues sur place, dans la boutique joliment aménagée sur l'exploitation en 2009, à la faveur de la réhabilitation d'un groupe de serres. "On a toujours fait des bouquets à la demande dans l'espace de conditionnement, et ça a été l'occasion de créer un véritable atelier pour développer la vente directe", raconte Éric Barbier. L'entreprise Floribelle allie ainsi production de fleurs de saison et fleuristerie, au plus près de son territoire. L'horticulteur privilégie une large gamme de coloris pour répondre à la demande "car, à la boutique, les gens aiment les couleurs qui 'pètent' en hiver, contrairement aux grossistes qui préfèrent le clair avant la Saint-Valentin", note-t-il.
En plus des roses, renoncules et pivoines produites, la boutique propose, au gré des saisons, tulipes, anémones, mimosa, eucalyptus produits dans le Var et achetés sur le marché aux fleurs de Hyères, ainsi que des orchidées de la Vallée de Sauvebonne. "On a pris le pari des produits de saison du coin, pour être cohérent", justifie Éric Barbier, par ailleurs labellisé 'Producteur engagé'.
Alors dans sa boutique, la Saint-Valentin se célèbre sans rose. Mais avec de magnifiques renoncules clones à grosses fleurs. Pas toujours parfaites. "Sur le marché de gros, on est obligé de faire beaucoup de tri. Ici, on peut faire des bouquets maison avec des fleurs très belles, qui vont tenir autant que les autres en vase, mais qui sont juste un peu biscornues. Personnellement, c'est celles que je préfère, comme les Allemands qui sont davantage portés sur des produits moins standardisés", défend Éric Barbier.
Et la clientèle ne s'en plaint pas ! "Quand monsieur arrive le 14 au soir, il doit faire avec. Et souvent ça nous amène de nouvelles clientes qui découvrent la renoncule", sourit Éric Barbier.
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