Pour Éric Pastorino, président du Syndicat des Côtes de Provence, l’avenir de l’appellation doit se construire collectivement et dans la concertation. © G. Lantes
Après deux années particulièrement mouvementées, marquées par la crise sanitaire, Éric Pastorino souligne la capacité de résilience de l’appellation Côtes de Provence. Mobilisation forte des vignerons et vigneronnes, dynamique à l’export, rétablissement d’une fourchette de prix mieux adaptée aux marchés et fréquentation touristique ont été, pour le président de l’Organisme de gestion (ODG), des atouts pour surmonter les difficultés. “Nous pouvons affirmer que, de manière globale, notre appellation a très bien résisté. La notoriété de nos Côtes de Provence se confirme. Notre volonté, au cours de ces dernières décennies, de bâtir une appellation dédiée principalement au rosé s’avère un choix judicieux. Être l’appellation emblématique du rosé, en France et à l’international, nous a permis de traverser cette crise mondiale”, analyse le président du Syndicat des Côtes de Provence. “Ces deux dernières années ont aussi montré que la qualité est un critère déterminant. Nous nous devons d’offrir aux consommateurs des vins qui répondent aux attentes qualitatives attachées à nos Côtes de Provence”, complète Paul Bernard, secrétaire général de l’ODG.
L’appellation est désormais revenue sur une dynamique comparable à 2019. 2021 s’est achevé sur une augmentation de 7 % des ventes à l’export, et le marché de la grande distribution est stable. “On voit également des échanges vrac très dynamiques sur cette campagne”, souligne Paul Bernard.
C’est dans ce contexte que l’appellation entend relever les multiples défis qui se présentent. Le Syndicat des Côtes de Provence reste ainsi tout particulièrement mobilisé sur la protection du nom ‘Provence’ et gère actuellement trois dossiers en contentieux. “Les dossiers sont de plus en plus compliqués. Certaines appellations voisines sont particulièrement véhémentes et créatives dans leurs stratégies de détournement. Nous avons engagé une surveillance accrue sur internet, et nous menons, avec le CIVP, un audit sur les États-Unis. Nous avons également repris le travail pour faire reconnaître notre appellation en Asie du Sud-Est”, précise Paul Bernard sur le sujet.
L’ODG poursuit également la réforme de son dispositif de dégustation, pour accompagner la montée en gamme des vins de Provence et porter une qualité irréprochable. Une centaine de dégustateurs ont d’ores et déjà pu être formés au nouveau système, qui devrait être opérationnel au mois de juin.
Marques et AOC : un modèle provençal à construire
De nouvelles questions se posent également à l’appellation. Thématique d’une table ronde organisée à l’occasion de l’assemblée générale du syndicat, la complémentarité entre marques et AOC est l’une des réflexions stratégiques en cours. “La création de marques de prestige – par des entreprises familiales provençales ou des maisons de renom – a contribué à la notoriété et au développement à l’export de nos vins. Cela est incontestable”, pose Éric Pastorino. “Notre appellation a vu arriver ces dernières années de nombreux néo-vignerons mais aussi quelques grandes maisons qui, forts de la notoriété des Côtes de Provence et persuadés de notre potentiel de développement, ont souhaité investir en Provence. Nous devons être fiers de l’engagement de ces nouveaux acteurs et intégrer ces évolutions dans la stratégie de notre appellation”, explique le président des Côtes de Provence.
Face aux craintes exprimées par le vignoble, il plaide pour “la création d’un modèle économique viticole provençal. Il faut préserver les modèles économiques traditionnels, car la véritable richesse de notre appellation doit être la diversité de son tissu économique. L’implantation de différents groupes n’exclut pas la cohabitation avec les entreprises familiales. Une partie du vignoble devra aussi s’adapter aux besoins des marques, pour satisfaire leurs volontés de développement. Les volumes que représentent ces marques sont de plus en plus importants. Leur approvisionnement devra aussi répondre aux exigences qualitatives et à l’ambition de notre appellation”, défend Éric Pastorino. “Tout ça est affaire d’équilibre. Il faut de la discussion pour éviter les incompréhensions. Cette nouvelle ambition doit se construire collectivement, dans l’échange et la concertation. L’évolution structurelle de notre appellation ne doit pas nous inquiéter. C’est une aubaine pour nous tous, à la seule condition de partager tous une même volonté”, poursuit-il. Dans cette optique, une rencontre avec les Fédérations des vignerons coopérateurs et des Vignerons indépendants doit être organisée dans les prochains mois.
À l’offensive sur le changement climatique et l’agroécologie
Changement climatique, agroécologie et recherche et développement sont d’autres enjeux majeurs pour l’AOC Côtes de Provence. L’ODG a notamment fait évoluer son cahier des charges, dont la nouvelle version a été approuvée fin 2021, pour finaliser l’introduction de nouveaux cépages résistants. Elle a également interdit le désherbage chimique des tournières et le désherbage chimique total des parcelles. En parallèle, le syndicat porte, depuis trois ans, une démarche de certification collective Haute valeur environnementale (HVE) dynamique, avec 750 dossiers en 2022.
Et, pour accompagner les mutations au vignoble, la recherche apparaît plus que jamais essentielle aux responsables de l’appellation. “L’évolution de l’encépagement, l’évolution des itinéraires techniques, l’évolution des attentes de nos consommateurs, nécessitent un travail collectif entre Chambre d’agriculture, ODG, interprofession et organismes techniques. Nous sommes en train de bâtir l’avenir de notre appellation avec ces changements, et le Centre du Rosé doit en être la clé de voûte, mais aussi un lieu d’échanges et de partages”, plaide notamment Éric Pastorino. Avant de saluer la volonté du conseil d’administration du Centre du Rosé “de réfléchir à l’évolution des axes stratégiques du centre de recherche, mais aussi à une gouvernance plus adaptée aux besoins de la filière viticole provençale”.
“Notre appellation doit faire face à de nouveaux enjeux, comme l’ont fait nos aînés il y a quelques décennies, malgré un contexte économique moins favorable. Je n’ai aucun doute sur notre capacité à relever ces nouveaux défis, si nous travaillons tous ensemble, de façon collective”, conclut Éric Pastorino.
Gabrielle Lantes
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