Dans son projet, pas de grand bâtiment ni de sols en caillebotis, c’est une vie au grand air sous les chênes que la jeune femme veut offrir à ses cochons laineux.
C’est un des animaux les plus anciennement domestiqués par l’homme, mais pas forcément encore le bienvenu partout. Et l’on pourrait dans l’absolu le comprendre. L’image de la porcherie relayée ces derniers temps par certains médias peut ne pas tout à fait correspondre à la représentation du cadre de vie idéal. Mais il y a cochon et cochon. Du moins, un monde oppose l’élevage intensif de type industriel dans lequel peuvent s’entasser des centaines de porcs, de l’élevage familial en plein air de quelques individus.
Le projet agricole de Méghan, 25 ans, est encore bien loin de tout ça. La jeune femme, qui cherche des terres agricoles depuis deux ans, veut élever des suidés en agriculture biologique, mais pas n’importe lesquels, et dans un cadre innovant.
Dix animaux par hectare
“Le cochon laineux est une race rustique et solide, une des seules à ne pas avoir été croisée avec le cochon chinois. Deux ans de croissance sont nécessaires pour que les cochons atteignent 120 kg. Je veux montrer qu’une autre agriculture est possible en les élevant de manière extensive, comme cela peut se pratiquer en Espagne, en forêt, à raison de 10 animaux par hectare”, explique-t-elle. Elle souhaite aussi pouvoir maîtriser sa production en développant de la vente directe.
Pour l’exploitation de Méghan, pas de grand bâtiment, ni de sols en caillebotis. C’est une vie au grand air sous les chênes que la jeune femme veut offrir à ses cochons. Le projet, pour lequel elle a été retenue par la Safer Paca, ne ressemble en rien à ceux qui peuvent ternir l’image du métier et de la filière. En réalisant une belle opération en faveur du monde agricole et récupérant, dans le cadre d’une préemption partielle, une cinquantaine d’hectares au nord d’Aix-en-Provence, la Safer lui a attribué dans le cadre de son installation une parcelle boisée de 8,5 hectares située sur Puyricard. En plus de cette parcelle, le comité technique lui a aussi octroyé, en juin dernier, un hectare dans la plaine, pour envisager une production en permaculture, et un lieu de transformation de sa production de viande.
Opposition des riverains
Mais le projet de Méghan ne plait pas à tout le monde. Riverains et voisins s’y opposent. Ils ont exprimé, pétition à l’appui, leur mécontentement de voir s’implanter un élevage de porcs dans le paysage local, en mettant en cause les nuisances qu’ils pourraient causer à l’environnement, comme à leur cadre de vie. Cette vive contestation a conduit l’adjoint de quartier, Jean-Pierre Bouvet, à demander à ce que le projet soit bloqué par le droit de préemption de la ville d’Aix sur les terres accordées à l’éleveuse par la Safer. Une situation que dénonce Méghan, provisoirement installée sur une parcelle mise a disposition du côté de Ventabren, qu’elle doit quitter dans quelques jours ! “À la fin de l’année, je n’ai plus de terres, et mon exploitation est clairement en péril”, explique-t-elle.
Très active et soutenue dans la défense de son projet, la jeune femme souhaite avant tout “rétablir la vérité sur la nature de son élevage”.
Pour elle, “le motif de la préemption de la mairie est fantaisiste et n’est pas valable”. Déterminée, la jeune femme affirme “vouloir aller jusqu’au bout” dans sa démarche. Elle a déjà porté l’affaire devant les tribunaux pour prouver que son “projet d’élevage de cochons ne nuit pas à l’espace naturel, bien au contraire”.
Pourtant, l’adjoint de quartier de Puyricard, Jean-Pierre Bouvet, affirme “ne rien avoir contre le cochon laineux”. Il explique sa position : “La ville et moi sommes opposés à cette installation parce que les riverains qui sont venus me voir il y a six mois avec leurs doléances, nous ont fait part de leurs inquiétudes et de leur opposition. De plus, Puyricard est un village sans aucune tradition d’élevage, c’est ce que j’ai expliqué à la Chambre d’agriculture et la Safer.”
Mêmes raisons invoquées du côté des services de l’urbanisme d’Aix-en-Provence, dont Alexandre Gallese, adjoint au maire, a la charge. “Notre regret est que la ville n’ait pas été associée en amont dans les choix de la Safer pour implanter cette activité. Nous avons de très bonnes relations avec la Chambre d’agriculture, un vrai partenaire depuis longtemps, tout comme la Safer, mais nous trouvons dommage qu’il n’est pas pu être trouvé d’autre terre que Puyricard, où l’élevage n’est pas la tradition, pour une installation de ce type.”
Emmanuel Delarue
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