DNC
Depuis vendredi, la zone vaccinale contre la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine a été étendue et couvre l'Aude, la Haute-Garonne, le Gers et les Pyrénées-Atlantiques pour l'ensemble des bovins. L'interdiction de déplacement est total, sauf vers un abattoir.
Zones réglementées en Occitanie au 11 décembre 2025, avant la détection d'un foyer dans l'Aude, qui repousse les limites jusque dans l'Hérault
© Crédit photo : Ministère de l'Agriculture
Longtemps cantonnée dans les Pyrénées-Orientales, la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine a quitté les limites du département, avec :
"Les foyers détectés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées se situent à plus de 100 km du département touché le plus proche dans les Pyrénées-Orientales, ce qui excède très largement la capacité de déplacement des insectes vecteurs de la maladie de moins de 5 km", rappelle le ministère de l'Agriculture. "Le respect strict des interdictions et des restrictions de mouvements de bovins est crucial pour éviter la propagation à grande distance du virus."
En effet, Jeanne Brugère-Picoux, professeur honoraire de l'École nationale vétérinaire d'Alfort dénonce "des déplacements illicites d'animaux contaminés qui ont fait tous ces petits foyers". Aussi l'État annonce que des contrôles routiers renforcés vont être mis en place.
Face à cela, des éleveurs prônent la désobéissance, comme cet éleveur du Gers qui a déclaré à France Info : "S'il y a un cas ici, je ne le déclarerai pas. Je vais être hors-la-loi, mais tant pis." Il estime que le déploiement de la vaccination a été trop tardif. Il ne faut cependant pas oublier qu'une vaccination généralisée entraîne des conséquences commerciales majeures : une fois les animaux vaccinés, les exportations deviennent impossibles pendant 14 mois.
À date, 3 000 bovins ont été abattus sur un cheptel total français de plus de 15 millions de bovins.
Quant au vaccin, efficace à 85%, il ne produit véritablement son plein effet qu'après 21 jours après la vaccination. Or le temps d'incubation de la DNC est de 28 jours. Ce temps de latence — qui rend la menace perceptible, mais invisible — joue beaucoup dans l'incompréhension. Une bête peut ainsi ne pas présenter de symptômes (elle est asymptomatique), mais reste contagieuse et peut donc transmettre la maladie.
Des animaux peuvent ainsi être infectés, puis vaccinés, et développer malgré tout la maladie, et la transmettre via les insectes piqueurs présents dans les élevages. "Si on ne faisait que des dépeuplements partiels, il faudrait analyser toutes les bêtes de tous les élevages tous les jours. (…) Si l'on épargne les animaux sans symptômes, on ne va jamais arrêter le cycle", a indiqué Éric Cardinale, directeur scientifique de la santé animale à l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
Mortelle dans plus de 10% des cas, les animaux contaminés qui parviennent à survivre conservent d'importantes séquelles : infertilité, amaigrissement, avortements spontanés… "Ils souffrent énormément", a rappelé Kristel Gache, directrice du réseau des groupements de défense sanitaire (GSD France) au quotidien Le Monde.
Satisfaits, vendredi, de voir l'extension de la vaccination à l'ensemble du département — 800 bovins avaient déjà été vaccinés dans l'Aude sur un cheptel de 4 000 —, les Audois se doutaient qu'un cas allait rapidement apparaître. Il n'aura pas fallu attendre longtemps.
Autour du foyer de Pomas (11), une zone de protection de 20 km a été définie autour de ce nouveau foyer et une zone de surveillance de 50 km, comprenant 18 communes de l'Hérault : Aigne, Aigues-Vives, Azillanet, Beaufort, Boisset, Cassagnoles, La Caunette, Cesseras, Félines-Minervois, Ferrals-les-Montagnes, La livinière, Minerve, Olonzac, Oupia, Rieussec, Siran, Vélieux, Verreries-de-Moussans.
Sur la zone réglementée, sont désormais interdits tous les mouvements bovins à partir, ou à destination, de ces zones. La vaccination est obligatoire en zone réglementée, les frais étant pris en charge par l'Etat.
La ministre a annoncé qu'elle allait "débloquer les sommes nécessaires pour faire vacciner un million de bovins supplémentaire, en plus du million déjà vacciné. Ce qui permettra de mettre en place un cordon sanitaire sur l'ensemble de l'arc pyrénéen".
À la contestation et à la désinformation s'ajoute une vaste campagne de menaces qu'a dénoncée le président du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires (Cnov), Jacques Guérin. "Vous avez des appels à brûler des cliniques sur les réseaux sociaux, des vétérinaires agonis d'injures sur leur standard : celui du Conseil national de l'Ordre est submergé d'appels de personnes complotistes, antivax, anti-tout, qui déversent des tombereaux de bêtises à l'encontre de la profession. Cela finit par impacter fortement le moral des vétérinaires", a-t-il affirmé dans un entretien à nos confrères de l'AFP.
Pour le président du Cnov, ce protocole (dépeuplement, vaccination, interdiction de mouvement) a fait ses preuves depuis plus de 70 ans et a permis de traiter les grandes maladies des cheptels. "Il repose sur la défense de l'intérêt collectif et demande une certaine discipline. (…) Il y a parfois des choix dramatiques à faire pour certains élevages : mais c'est à ce prix-là qu'on protège les 16 millions de bovins du pays. Si l'intérêt individuel se met à prévaloir, avec de l'irrationalité et des pseudo-sciences, le modèle va s'écrouler. Et là, les impacts pour la totalité des éleveurs, seront terribles", a-t-il confié à nos confrères du Parisien.
Pour en savoir plus : lire notre article "Ce que la science dit"
ICI
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