boulbon
Avec Marie, sa compagne, Adrian Buravand a repris l'exploitation familiale il y a dix ans. Ensemble, ils ont misé sur la diversification des productions et des circuits de commercialisation.
Adrian Buravand
© Crédit photo : ED
Fils d'arboriculteur sur la commune de Boulbon, Adrian Buravand a grandi en participant aux travaux de la ferme de ses parents. En choisissant un tout autre horizon professionnel, dans l'informatique, il n'avait pas pour projet de reprendre l'activité familiale. À la trentaine pourtant - avec Marie, sa compagne - il reprend les terres familiales. Le terroir riche et limoneux de Boulbon offre une terre fertile, de l'eau disponible, le soleil et le mistral de Provence pour assainir naturellement les vergers.
"Il y a dix ans, nous avons fait ce choix de convertir les vergers familiaux en agriculture biologique." Un défi que le premier arboriculteur bio de la commune, à l'époque, relève avec l'accompagnement du GRCeta de Basse Durance et le soutien de ses parents.
Sur la ferme - qui compte une douzaine d'hectares - cerises, abricots, pêches et nectarines, pommes, poires et raisins de table se succèdent au fil des saisons. "Nous sommes plus diversifiés que mon père avant moi, parce que nous vendons beaucoup plus en local", explique l'intéressé. Adrian a aussi développé les variétés sur un calendrier plus étalé. Ainsi, du mois de mai à octobre, il produit des fruits qu'il propose, en Amap principalement, ainsi que dans les magasins spécialisés bio et les épiceries de la région. Et c'est Marie qui est chargée de la commercialisation. Une façon de fonctionner qui convient parfaitement au couple, qui s'appuie aussi sur trois saisonniers, dont un salarié permanent, tous formés et compétents pour les récoltes et les différents travaux en verger.
Dans le secteur de Tarascon, Boulbon et Saint-Pierre-de-Mézoargues, les arboriculteurs ont toujours fait le choix de la diversification dans leurs plantations fruitières, limitant ainsi une trop forte dépendance à une seule production.
Pour Adrian, l'abricot est - avec la pêche - la production la plus importante. Le reste de ses fruits est produit sur des surfaces plus réduites. "Nous sommes une exploitation familiale, ni petits ni gros, mais très représentatifs de ce qu'il se fait dans le secteur", résume Adrian Buravand.
La saison de production commence pourtant avec la fraise. C'est ensuite autour des fruits à noyaux. En ce mois de juillet, c'est déjà terminé pour la cerise : la récolte a été bonne sur les volumes comme sur la qualité. Mais en bio, ce n'est pas un fruit facile et le producteur est en train d'équiper ses vergers de filets pour faire face à la mouche Drosophila suzukii. En pomme, tous ses arbres sont déjà protégés contre le carpocapse. "Sans filet, on ne récolte rien", résume sans fard le producteur.
Dans les vergers de la famille Buravand, c'est la pêche blanche redwing que l'on cueille actuellement. "C'est une variété ancienne, très gustative, tolérante aux maladies et ravageurs qui ne se fait plus beaucoup", reconnaît Adrian.
Sur l'espèce, s'il maîtrise bien le puceron, les forficules sont plus problématiques. "Les solutions alternatives sont très peu nombreuses. Il y a la pose d'une glu, autorisée, mais elle a une rémanence de 15 jours".
Le changement climatique inquiète l'arboriculteur. Il se traduit déjà dans ses vergers par des saisons de plus en plus sèches et, a contrario, par des pluies excessives comme "cette année sur les mois de mai et de juin, qui ont fortement exposé les fruits à la pression monilia".
La hausse du prix de l'énergie et des fournitures impacte aussi le jeune producteur, même s'il essaie évidemment d'avoir une gestion au plus juste. "Je fais en sorte que la taille de l'exploitation permette la maîtrise de l'ensemble des coûts." Et il considère qu'il a aujourd'hui trouvé un équilibre, même s'il s'autorise à explorer quelques nouvelles espèces. Mais cela se limitera à de petits ateliers de production. Comme avec le kiwi, le grenadier et le plaqueminier, dont il a planté de petites parcelles.
Sur le plan économique, il est conscient qu'il ne faut pas chercher à produire moins cher que les concurrents espagnols. "Il faut se placer ailleurs : d'abord faire la différence qualitativement, ce qui est plus difficile que par le passé." Quand il décide de mettre en place une nouvelle variété, c'est la qualité gustative qui prime, sans oublier aussi la rusticité. Chez les Buravand, les fruits sont soigneusement "récoltés mûrs, calibrés au verger et passent de l'arbre au plateau". Le service - avec une organisation du ramassage en plusieurs passes -, la proximité, la réactivité - par rapport aux attentes clients - sont importants. Adrian le sait, et il doit continuer de jouer sur ses atouts et ses compétences.
Ce qui lui semble difficile dans son métier aujourd'hui, c'est "la perception que les gens ont de l'agriculture". Mais l'arboriculteur a justement à cœur de réhabiliter une image positive de son activité, avec ses choix autour de l'agroécologie. Il n'hésite d'ailleurs pas à partager son quotidien, qui consiste à produire une alimentation la plus saine possible, avec les clients de ses Amap. Et ça marche !
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