FDSEA DU GARD
"France, veux-tu encore de tes paysans ?" La FDSEA du Gard ne lâche rien. Lors de son assemblée générale à Rodilhan, le syndicat a présenté une fois encore ses revendications et fixé une ligne claire avant le congrès de la FNSEA, qui se tenait cette semaine à Grenoble.
Les invités de la table ronde ont siégé devant la banderole symbolique des manifestations agricoles gardoises de janvier 2024.
© Crédit photo : JB
Jeudi 20 mars, la FDSEA du Gard organisait son assemblée générale à Rodilhan. L'occasion de faire remonter une énième fois ses revendications auprès du secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie, à quelques jours du 79e congrès du syndicat national, organisé du 25 au 27 mars à Grenoble. Pour rappeler que le combat continue, la scène de l'espace culturel Bernard Fabre arbore la banderole "France, veux-tu encore de tes paysans?", que le syndicat avait accrochée sur le pont de l'autoroute, à hauteur de la sortie Nîmes-Ouest, lors des manifestations de janvier 2024.
David Sève, président du syndicat départemental, n'a pas manqué de rappeler les acquis de l'année passée, marquée par les nombreuses mobilisations. Exonérations de cotisations MSA, d'impôts fonciers, aide d'urgence pour les viticulteurs, etc. Des mesures conjoncturelles qui ont permis aux agriculteurs de passer l'année. "Plus de 30 millions d'euros sont redescendus dans notre département", a-t-il rappelé. "Mais aujourd'hui, on veut des mesures structurelles, que les choses changent pour de bon."
Des revendications discutées lors de la table ronde à laquelle participent Magali Saumade et Cédric Santucci, respectivement présidente et vice-président de la Chambre d'agriculture du Gard, Anthony Bafoil, président des Vignerons coopérateurs du département, Fanny Tamisier, Frédéric Cavagna et David Sève de la FDSEA, et Hervé Lapie, tous installés sur des bottes de paille. Pas de surprise concernant ces doléances départementales : celles-ci avaient déjà été verbalisées auprès de Franck Laborde, président de la commission gestion des risques de la FNSEA en octobre dernier, lors d'une visite de pré-campagne des élections professionnelles.
Parmi les interrogations, faut-il faire entrer la vigne dans la loi Egalim ? Pour la FDSEA, cette dernière ne doit pas être définie par bassin de production viticole, "afin d'avoir des références de prix et ne pas vendre en dessous du prix de revient". David Sève, aussi bien que Frédéric Cavagna, insistent sur la nécessité de "rééquillibrer les rapports de force" entre les producteurs et les vendeurs. "Je tire la sonnette d'alarme car on est à deux suicides depuis le début d'année", s'inquiète le président. "Il faut que le national le prenne en compte. Les revenus sont inférieurs, dans le Gard et en Occitanie, de 50 % par rapport à ceux des viticulteurs des autres régions et départements."
"Ce n'est pas la FNSEA qui va décider ceci, mais les agriculteurs qui sont structurés en organisations de producteurs et qui ont la capacité à travailler en syndicat", rappelle le représentant du national, ne manquant pas de susciter les interpellations de la part de l'assemblée sur la difficulté à se diversifier, notamment quand les vignerons de la Marne, producteurs de Champagne, n'hésitent pas à "faire appel au Conseil d'État pour empêcher les autres de faire des bulles". En concomitance, le syndicat continue d'afficher la volonté de voir sortir le vin de la loi Évin et de le faire reconnaître comme un "produit culturel". "Aujourd'hui, aucun produit sans opérations de marketing ni actions commerciales ne peut maintenir longtemps ses parts de marché", rappelle le président, qui souhaite que le national ait le courage de défendre cette revendication. "L'arrachage et la distillation, malheureusement, sont un mal nécessaire, mais ce n'est pas une fin en soi. Je reste persuadé qu'il y a une consommation, notamment avec les cocktails. Je prends pour exemple l'Italie où ils font plus de prosecco que nous ne produisons de champagne maintenant. Il y a donc des parts de marché à prendre sur les bulles", appuie-t-il.
Concernant les autres mesures structurelles prioritaires, on retrouve les phytosanitaires avec le slogan désormais connu de tous : "Pas d'interdiction sans solution", la volonté d'avoir des homologations européennes moins restrictives, mais également le dossier des calamités agricoles et le besoin de retirer du calcul des aides les années d'incidents climatiques afin de ne pas diminuer la moyenne olympique.
Hervé Lapie profite de sa présence pour informer les adhérents du report de l'examen de la proposition de loi dite "contraintes" ou "anti-entraves". Le texte des sénateurs Laurent Duplomb et Franck Ménonville entend simplifier l'activité agricole et notamment "mettre fin aux surtranspositions et surréglementations françaises en matière de produits phytosanitaires". "Beaucoup de productions de l'agriculture française sont en distorsion de concurrence. Non pas avec les pays du Mercosur", explique Hervé Lapie, "mais avec nos propres voisins européens. Depuis deux ans, nos actions syndicales portent cette ambition de supprimer les surtranspositions françaises sur les moyens de production. On nous a fait la promesse au Salon international de l'agriculture que cette proposition allait être étudiée à l'Assemblée nationale la semaine du 7 avril ; or, rétropédalage, elle va être reportée à la semaine du 26 mai", termine-t-il avec l'inquiétude de voir également apparaître une longue liste d'amendements du fait de l'Ascension qui tombera cette semaine-là.
Parmi les multiples priorités du département, reste évidemment le devenir mouvementé de l'abattoir alésien, placé en liquidation judiciaire depuis le 12 décembre dernier. Au cours de l'assemblée générale, Magali Saumade confirme que tout est bien mis en œuvre pour sa réouverture. Pour preuve, la date du dépôt des derniers éléments techniques à la Direction départementale de la protection des populations, nécessaires à la demande d'agrément était fixée au 20 mars. Celle de la visite des services de l'État pour son obtention serait quant à elle prévue le 4 mai, à confirmer.
Soucieuse de pérenniser cet outil de travail pour les éleveurs, elle ajoute : "Nous militons depuis longtemps pour que les abattoirs soient reconnus d'utilité publique, ce qui faciliterait la montée au capital ou l'engagement économique de toutes nos collectivités. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."
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