Aude
À Aragon, dans le Cabardès, rugby à XIII et vin sont deux passions ancrées dans la famille Rouanet. Il y a trois ans, Michel a pris sa retraite et a passé la main à son fils Florent.
Florent Rouanet et son père
© Crédit photo : JB
À Aragon, une commune perchée à quelque 240 mètres d'altitude, demeure "une petite dizaine" de vignerons. Dans les années 80, alors que Michel reprenait les vignes de son père Léon, il y en avait "trois fois plus". Léon s'était installé après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et a fait partie des fondateurs de la cave coopérative d'Aragon, fondée en 1963. "Je me suis installé avec 8 hectares, puis j'ai développé l'exploitation jusqu'à 15 hectares. La retraite approchant, je commençais à réduire mes terres et je m'étais engagé verbalement à les vendre." Nous sommes en 2020, et ce qui devait arriver n'arriva pas. Florent, le fils de Michel, qui après avoir usé ses crampons et roulé sa bosse, décide de reprendre le vignoble. Dans les vignes, au sol constellé de calcaire de Ventenac, s'étendent les cépages syrah, merlot, grenache noir et gris, cinsault et marselan. Depuis peu, du vermentino, connu également sous le nom de rolle, pousse sur le domaine qui n'avait encore jamais produit de blanc. "C'est un cépage original que j'aime, aromatique et frais, qui est résistant à la sécheresse", explique Florent. Après des études au lycée Charlemagne de Carcassonne (un Bac viti-œno et un BTS protection des cultures) et deux ans de commerce en alternance à Toulouse, Florent devient courtier en vins chez Gelis Associés, à Lézignan-Corbières. Après seulement quelques mois de salariat, il rachète l'entreprise avec son ami Guillaume Barrau, et de 2010 à 2023, il vend des vins du Languedoc aux quatre coins d'Europe. Après avoir cumulé durant trois ans ses deux casquettes de chef d'entreprise et de vigneron, Florent a vendu les parts de sa société en début d'année.
"Je voyais comment le marché allait s'orienter, qu'on allait acheter du vin premium assez concentré, et je savais qu'ici, avec la qualité de raisin et la pluviométrie que nous avons, nous pouvions le faire. Il ne manquait que l'impulsion", sourit Florent. Père et fils aux regards azurés commencent alors "gentiment" à constituer une cave. Durant trois ans, un espace à la maison Lorgeril, du Château de Pennautier, leur a permis de vinifier les 80 hectolitres d'une sélection parcellaire, tandis que 900 hl étaient destinés à la cave coopérative.
À présent, Florent a déplacé sa cave au Château Deumié, de Ventenac-Cabardès, il conserve 4 ha pour la cave coopérative de la Voie Romaine et 8 ha pour la cave particulière. Sur la dernière récolte (520 hl), 490 hl de vin IGP Pays d'Oc partent à la vente en vrac à des négoces français, et 10 000 bouteilles de vin AOC Cabardès ont été produites. Deux cuvées de rouge en assemblages différents de grenache noir, syrah et marcelan sont nées. 'L'Immature', première cuvée du domaine, et 'Les Barques Riquet', en partenariat avec l'influenceur Stéfan Tisseyre. "Le premier est un vin plus rond, le second plus tanique. Ce sont des vins concentrés, colorés, assez juteux, où il n'y a pas d'élevage barrique. Au nez, nous sommes sur beaucoup de fruits rouges, avec des arômes de cassis. Même s'il reste du travail, et malgré la période que nous traversons, nous voyons que le vin plaît et je suis optimiste."
Pour le commerce, Florent vend au réseau des cavistes et hôtels, cafés, restaurants. S'il souhaite vendre ses bouteilles avec des réseaux d'agents, il en vend déjà sur Toulouse, Bordeaux, Paris, en local et en Belgique, et souhaite justement se consacrer à la vente maintenant qu'il en a le temps.
Michel, heureux de voir de la "continuité" dans ses vignes, a pu se réjouir d'en voir également dans le XIII. Ce passionné de rugby à XIII fait partie des fondateurs du VARL XIII, le Villegailhenc Aragon Rugby League XIII, créé il y a presque 40 ans. Florent a été au poste de deuxième ligne durant 13 ans au Carca XIII et en équipe 1, puis au FCL XIII de Lézignan-Corbières, et a même fait une tournée en équipe de France en 2015. "Tout ce que j'ai fait professionnellement avant me sert aujourd'hui, et là c'était le bon moment de reprendre", ajoute celui qui continue de vadrouiller. Il rentre à peine de vendanges dans la région du Maulé au Chili, où il était responsable du contrôle des parcelles des différents producteurs d'une winerie privée, baptisée là-bas "une bodega". "C'est une zone où il y a beaucoup d'eau, des lacs naturels et artificiels qui permettent d'irriguer. J'ai vu des domaines très prestigieux, où l'œnotourisme est une vraie économie, et où tout est mis en place pour la visite du vignoble, avec des bus et la possibilité de dormir sur place", rembobine celui qui y a aussi découvert plusieurs cépages, dont le tintorera planté en pergola. Un souvenir de voyage qui en rappelle un à son paternel. "Ici aussi il s'en cultivait beaucoup des vignes en pergola. On produisait du raisin de table avec du muscat de Hambourg. Nous le mettions en cagettes avant de l'amener à la gare de Carcassonne, où il partait pour Allemagne", se souvient Michel.
Même s'il a pris la retraite, le paternel transmet volontiers son aide et son savoir-faire au fiston. Dans leur petit cabanon rénové, au mi- lieu des parcelles, une pancarte au-dessus de l'entrée indique "acopotana". "Cela veut dire aco pot ana, ça peut aller, ça veut dire qu'on y est bien."
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