Laurent Belorgey, président de France Olive, a souligné l’importance d’une production plus régulière aux côtés de son prédécesseur, Olivier Nasles et du directeur de France Olive, Yves Guillaumin.
Depuis deux ans, l’interprofession dédiée à l’olive avance dans sa transition. Après avoir, en 2018, élu un nouveau président, Laurent Belorgey, et intronisé un nouveau directeur, Yves Guillaumin, l’association interprofessionnelle de l’olive, Afidol, a choisi l’année de ses 20 ans, en 2019, pour se trouver un nouveau nom de scène : France Olive.
“Ce nom est vite apparu comme une évidence : simple et fort de l’identité profonde de la filière. L’olive comme la matière première, et la France, comme l’origine qui nous est chère”, indique Alexandra Paris, directrice de la communication. Un nouveau logo a accompagné cette nouvelle dénomination de l’interprofession.
Par ailleurs, l’organisation interne a été totalement revue et restructurée, avec la création de pôles spécifiques, dédiés aux missions fondamentales au service des professionnels. Agronomie, conservation & recherche, valorisation & qualité des produits, process & olives de table, communication & économie… chaque pôle mène des actions de formation, de conseil, d’audit, de vulgarisation ou de communication.
La lutte contre la mouche de l’olive, Bactrocera oleae, reste une priorité pour les pôles techniques agronomie et conservation & recherche. Le réseau ‘mouche’ permet au Centre technique de l’olivier (CTO) et à France Olive de suivre la dynamique du vol du ravageur, sur l’ensemble du territoire français. La pression des populations, en 2019, a été la plus forte de ces quatre dernières années, en Paca comme en Occitanie, malgré les fortes températures estivales, qui ne semblent donc pas avoir l’effet escompté de mortalité sur les populations de mouche. France Olive poursuit donc et appuie les démonstrations publiques de lutte contre la mouche au sein de vergers de référence et de vergers libres, mais aussi les séances d’information pour détailler les techniques à disposition des oléiculteurs. À travers le bulletin Infolive, professionnels comme amateurs peuvent se tenir informés des préconisations, en fonction des résultats de piégeages enregistrés.
Net recul de la production
Côté production, si la campagne 2018/2019 (5860 tonnes d’huile d’olive) s’est placée un peu en deçà de la très belle récolte 2017/2018 (6430 tonnes), un net recul est en revanche enregistré dans tous les bassins oléicoles pour la campagne 2019/2020.
“Cela entraînera une diminution des stocks. Après deux belles années, cette baisse était à prévoir, compte tenu de l’alternance naturelle de l’olivier. Mais son importance s’explique par une série de facteurs météorologiques défavorables à l’olive : un printemps froid provoquant une floraison tardive ; une sécheresse estivale, qui limite la bonne lipogénèse ; un manque de chaleur, pendant la période de développement de l’olive ; une récolte précoce sur les territoires touchés par la mouche ; et, enfin, de fortes pluies automnales qui ont fait baisser le rendement”, développe Laurent Belorgey.
Dans cette conjoncture, la suppression de la taxe spéciale sur les huiles destinées à l’alimentation humaine – obtenue en début d’année 2020 après 30 ans d’actions aux côtés de la fédération nationale des corps gras – est plutôt bienvenue. “Cette suppression corrige une incongruité de taille : cette taxe venait abonder le budget de la sécurité sociale, alors que l’huile d’olive est bénéfique pour la santé !”, réagit Laurent Belorgey. Les bonnes années de production, plus d’un million d’euros sera ainsi restitué aux metteurs en marché, principalement aux moulins.
Outre cette suppression de taxe et l’exceptionnel épisode Covid-19, 2020 restera une année clé pour la filière, “grâce à la signature de l’accord interprofessionnel triennal, fondement de notre organisation, et à la construction des actions du prochain programme ‘Olea’, triennal lui aussi, et financé par le budget européen, qui représente 30 % du budget de France Olive”, dévoile le président.
Plus de régularité de production
Ce programme ‘Olea’ permet de mettre en œuvre toutes les opérations de soutien technique aux oléiculteurs : accompagnement, formation, communication et diffusion de l’information, en vue d’améliorer les techniques de production.
Car, pour Laurent Belorgey, comme pour son prédécesseur, Olivier Nasles, une plus grande régularité dans la production est indispensable pour la filière. “Je ne me résoudrai jamais à considérer une petite récolte comme une solution pour résorber des stocks trop importants. La rentabilité d’un verger dépend de sa productivité, et celle d’un atelier de transformation dépend de son activité”, martèle ainsi Laurent Belorgey.
Le président insiste donc sur la nécessité d’améliorer la productivité globale, en amenant les oléiculteurs à produire plus, mais surtout plus régulièrement. Pour y parvenir, France Olive met ses moyens au service de cet objectif, tant la survie et le développement de la filière en dépendent. “L’ensemble de la production nationale étant transformé en France, toutes les actions menées auprès des oléiculteurs pour tendre vers cet objectif profitent à l’ensemble de la filière”, souligne encore Laurent Belorgey.
Olivier Bazalge
Lors de l’assemblée générale, le pôle conservation & recherche a mis en avant le travail mené pour recenser toutes les causes de dépérissement rencontrées dans les vergers. Dans un contexte Xylella fastidiosa préoccupant, “il apparaît important de recentrer le sujet et de mieux comprendre tous les cas d’oliviers signalés avec des symptômes similaires, de l’assèchement du rameau à la mortalité entière du végétal”, indique Hélène Lasserre, directrice du pôle. “Pas moins de 80 raisons potentielles existent – virales, bactériennes ou cryptogamiques –, sans oublier les ravageurs et toutes les causes abiotiques liées au climat et au sol”, poursuit-elle. De même, le contexte environnemental, la sensibilité variétale, la pollution atmosphérique ou une conduite culturale déficiente, sont des raisons possibles de dépérissement de l’olivier.
Sur les cas étudiés en 2019 sur l’ensemble du territoire oléicole français, il résulte des analyses effectuées, en collaboration avec la Fredon Paca, que si des pathogènes connus, tel Verticillium, peuvent être mis en cause, d’autres constatations se sont révélées plus déconcertantes, avec l’apparition de nouveaux pathogènes (Thievalopsis, Alternaria, Stemphylium), de pathogènes opportunistes tel
Fusarium, plutôt rencontrés sur d’autres espèces. Par ailleurs, les analyses ont également mis en évidence des cas sans pathogènes, laissant suspecter des problèmes d’ordre physiologique. “Nous devons nous montrer très attentifs au contexte climatique et environnemental qui, en alternant les périodes d’intense sécheresse et de pluviométrie, apparaît préjudiciable à l’olivier. L’impact semblerait plus marqué sur les oliviers moins vigoureux et moins rustiques, plus facilement contaminables par des pathogènes opportunistes, qui ne s’attaquaient pas jusque-là à cette espèce”, termine Hélène Lasserre.
OB
TROIS QUESTIONS À : Laurent Belorgey, président de France Olive • En quoi les mesures sanitaires et le confinement provoqués par l’arrivée du Covid-19 ont-ils affecté la filière ?
Laurent Belorgey : “C’est vrai que ça a tout bouleversé du jour au lendemain. Mais cela a été le cas pour tout le monde. Cependant, mars est généralement le mois où les ventes reprennent, avec les premiers touristes qui se déplacent dans les boutiques des moulins, et même une consommation d’huile plus conséquente aux beaux jours qu’en hiver. Cet épisode est donc arrivé au moment où tout devait redémarrer avec une récolte en cuves et, finalement, rien n’a bougé. En revanche, dans les vergers, le travail a continué avec la taille en mars, le plus gros chantier avec la récolte. Les dépenses ont été maintenues sans les rentrées habituelles d’argent en face. Ça a provoqué de vraies tensions de trésorerie. Au sein des moulins, les mesures de chômage partiel ont été fortement sollicitées“.
• Comment se passe la sortie de confinement pour les entreprises du secteur ?
L.B. : “Depuis mi-mai, nous sentons une reprise des commandes de la part des épiceries fines. Nous voyons aussi un retour de la fréquentation dans les moulins, sans vraiment savoir si cela permettra de rattraper le manque. C’est la grosse inconnue. Il est toutefois clair que nous avons été moins impactés que le marché viticole, car le débouché de la restauration n’est pas le plus important pour notre filière“.
• Quelles vont être les conséquences de la faible récolte de cette campagne 2019/2020 ?
L.B. : “Plus que la baisse brute, c’est la capacité de rebond des volumes qui nous intéresse. Nous connaissons la tendance naturelle de la production à alterner, c’est pourquoi diminuer cette alternance fait partie de nos objectifs majeurs. Même si nous avions un peu de stock, qui va d’ailleurs permettre de passer le cap, on est en train de diviser quasiment par deux la récolte. C’est une vraie problématique de continuité pour tenir les marchés, qui devient difficile avec une telle variation. L’objectif est d’arriver à maintenir les oléiculteurs les plus sensibles à ces variations dans des proportions acceptables, pour diminuer cet impact sur les marchés. C’est un vrai travail de fond, car cela concerne avant tout des profils d’oléiculteurs plutôt familiaux, pour lesquels la production d’huile n’est pas une activité principale, ou essentielle. C’est par notre action d’interprofession que nous devons arriver à plus les professionnaliser, à leur apporter un accompagnement et des préconisations. C’est essentiel pour la filière et sa rentabilité, car il ne faut pas oublier que le travail, donc les charges, pour produire 600 litres par hectare est le même que pour produire 800 litres“.
Propos recueillis par Olivier Bazalge
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