Denis Verdier, président de la SCA Vignerons Propriétés Associés, et Gérard Sanchez, directeur du secteur Gard de l'ICV, le 30 août.
"On vendange la nuit pour des questions d'oxydation et de fraîcheur", explique Denis Verdier le 30 août. C'est le jour de la visite du préfet, Didier Lauga, et du président du Conseil départemental, Denis Bouad, à la cave coopérative des Vignerons Propriétés Associés (VPA), sur le site de Générac. A cette époque des premiers jours de vendanges, les nuits des vignerons sont bien chargées, de 2 h à 10 h du matin. "On cherche à avoir beaucoup de petites cuveries, car on vinifie les domaines à part", précise le président de la coopérative. Pour l'heure, place à l'arrivée des blancs à la cave, comme chez Chabrier et fils, à Bourdic. Dans les secteurs sud et centre du Gard, les sauvignons, chardonnays, muscats, pour les blancs, et merlots et grenaches pour les rosés, ont ouvert la marche.
En quête de valeur ajoutée
Se positionnant comme "des gros chez les petits, mais des petits parmi les grands", la cave, qui réunit 15 coopératives, a pour leitmotiv la "recherche de valeur ajoutée, plutôt que la concurrence à petits prix", insiste Denis Verdier. Forte d'une production de 220 000 hl sur trois appellations phares (Côtes du Rhône, Costières de Nîmes et Pays d'Oc), sans oublier l'AOC Coteaux du Languedoc, l'IGP Coteaux du Pont du Gard, l'IGP Gard. La philosophie des VPA ? Faire de l'artisanat du vin. "Par nos cuves avec du froid en permanence, la coopérative est capable de le faire !", assure le président.
Gérard Sanchez, le directeur du secteur Gard de l'ICV, a dressé un premier bilan sur le millésime 2018, déjà bien connu de tous. Au bout de dix jours de vendanges, en moyenne 10 % de la récolte ont été rentrés, voire "15 % dans certaines zones". Pour les Côtes du Rhône et les vignes du nord du département, il a fallu attendre la première semaine de septembre. Si en 2017 la précocité était exceptionnelle, cette année, elle s'inscrit dans la "normale des années 2007, 2011 et 2015". La canicule estivale, non content d'avoir quelque peu freiné le développement des baies, aura impacté les acidités, "particulièrement faibles", a analysé Gérard Sanchez. Cela s'explique par la dégradation de l'acide malique, brûlé par les extrêmes chaleurs.
Des disparités de production attendues
Ennemi numéro 1 de ce millésime, le mildiou, s'il n'aura pas d'impact sur le vin, touchera forcément la récolte, même s'il est encore trop tôt pour se prononcer. "Avec ce printemps humide, on n'a jamais connu une pression aussi intense", a résumé le directeur de l'ICV du Gard. Il sera difficile d'analyser précisément les effets du mildiou sur le vignoble gardois, certains agriculteurs ayant perdu 5 %, d'autres 10, 15 % voire plus. Cela dit, tout n'est pas perdu. Le poids des baies s'annonce plus élevé qu'en 2017, laissant augurer un rendement en jus plus conséquent. Sans compter les "bons éléments sur les premiers sauvignons en pleine fermentation".
Premiers retours satisfaisants
A quelques kilomètres, à Bourdic, les frères Chabrier et leurs fils ont plutôt été épargnés par le mildiou. A peine "5 %", nous indique Patrick Chabrier. Les vendanges ont démarré le 18 août (huit jours plus tard que l'an dernier), avec le muscat petits grains, le chardonnay, et le sauvignon, en cette fin de mois. Ce même jour, environ 15 % des récoltes étaient déjà rentrés en cave. Satisfait des premiers retours sur sauvignons et chardonnays, Patrick Chabrier est optimiste : "dans l'ensemble, ça sera beaucoup mieux", malgré un printemps grêleux entre avril et mai qui a touché certaines parcelles à 50 %. Alors qu'en 2017, les sociétés Domaine du Vieux Castille et Domaine Chabrier (140 ha au total) ont enregistré des pertes de 40 % (4 000 hl), le vigneron indépendant escompte un regain à 10 000 hl. Produisant l'équivalent d'un tiers de blanc, de rosé et de 40 % de rouge, la production de rouges "dépendra de l'état de maturité". Leur AOP Duché d'Uzès devra se contenter d'une récolte en deçà de la moyenne, tout comme pour les chardonnays, dont la taille des baies n'annonçait pas non plus pléthore de jus. Mais en rouge, les grenaches et merlots ne devraient pas manquer.
Philippe Douteau
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