Législatives
Ce vendredi se tenait, à deux jours des scrutins, un grand oral pour les candidats héraultais aux législatives face au monde agricole, afin de mettre sur la table ambitions et attentes de chacun.
Le CAF 34 organisait ce vendredi une rencontre avec les candidats aux élections législatives de ce dimanche.
© Crédit photo : Anthony Loehr
Sans surprise, souveraineté alimentaire, revenu des agriculteurs, enjeu sur les produits phytosanitaire et accès à l'irrigation ont fait l'unanimité parmi les candidats aux législatives, invités ce vendredi à s'exprimer devant les représentants agricoles héraultais.
Patricia Mirallès, candidate de la majorité sur la 1ère circonscription l'Hérault ouvre les discussions sur un sujet qui déchaîne les foules, celui de l'accord de libre-échange UE/Canada Ceta, qu'elle défend pleinement.
Dans la même circonscription, Jean-Louis Romiguas du Nouveau Front Populaire, s'oppose sur ce fameux libre-échange, sans toutefois être totalement fermé quand il s'agit d'exportation. "Continuer à être performant sur le marché mondial, oui, mais en insistant sur la nécessité de notre autonomie alimentaire". Lutte contre l'accaparement des terres agricoles, garanti d'un prix plancher aux agriculteurs, relance du plan Ecophyto, suppression du glyphosate… A cette intervention, François-Régis Boussagnol, président des Vignerons Indépendants de l'Hérault rétorque sans attendre : "Si vous me proposez une solution concrète et viable je signe demain, mais comment faire quand on nous retire ces matières actives sans solution ? ".
Pour y répondre de façon concrète, Fabio Dalmau même étiquette, propose d'augmenter les taxes sur les produits phytosanitaires, afin de financer la recherche et le développement de solutions de substitution. Pour Remi Dumas : "Il ne faut pas décorréler production et écologie, sans quoi quelle pourrait être la vision à long terme de l'agriculture ? Notamment quand il est question de recréer du lien entre le monde urbain et celui des campagnes ? ".
Fanny Dombre-Coste, socialiste et première adjointe du maire de Montpellier prend cette question très au sérieux, en défendant ouvertement, tout comme Gabriel Blasco du Nouveau Front Populaire (NFP) le "patriotisme alimentaire", qui permettrait de retrouver du lien entre consommateur et agriculteur, mais aussi un meilleur revenu. D'ores et déjà, la restauration collective de la ville de Montpellier impose à 100 % les circuits courts et biologique. Afin d'être plus significatif et d'améliorer encore la souveraineté alimentaire, elle propose que cette dynamique soit adoptée niveau national, y compris dans le privé.
Cette notion de souveraineté alimentaire, Sébastien Rome du NFP la défend également, même s'il n'a pas voté en faveur de l'article 1 de la LOA. Il s'en défend. "Dans cet article, il est noté que notre souveraineté dépend de l'extérieur, ce qui est contradictoire avec la définition internationale de la souveraineté alimentaire."
D'un autre bord, Divers droite, Emmanuelle Ménard doute de l'ambition de la loi d'orientation agricole, surtout concernant les aspects des ZNT, l'absence d'argumentation sur la concurrence déloyale, ainsi que la francisation des vins.
Sous la bannière Nouvelle Energie, Bérangère Dubus considère que "les petites fermes ne font manger personne et que pour avoir une souveraineté alimentaire, nous avons besoin de rentabilité".
Pour Aurélien Manenc, maire de Lunas, affilié NFP : "Nous étions le grenier de l'Europe, et aujourd'hui nous ne sommes même plus le grenier de nous-même". Il soutient l'interdiction de la vente à perte ou encore indexation de la vente des produits aux coûts de production au sein des contrats de filière, et ce "pour que l'on puisse savoir qui profite réellement du travail des agriculteurs".
Autre sujet extrêmement important pour le secteur, l'embauche des saisonniers, avec une nouvelle loi chômage qui a mis une surcouche de difficultés. "Dans la proposition de loi pour l'emploi pour 2025, nous devons avoir un volet qui traite de cette problématique", explique Sébastien Rome. Ce sujet ouvre les réflexions sur la question de l'exonération TODE, à laquelle ce dernier juge "qu'elle est importante, mais qu'il est préférable de d'abord trouver des solutions structurelles, afin d'avoir suffisamment de gens pour travailler". Enfin, ce dernier souhaite une nationalisation des négociants, qui semble être selon lui, "un outil très précieux pour les viticulteurs".
Le Rassemblement national, représenté par Aurélien Lopez Liguori dans la 7e circonscription, défend le droit à l'erreur, s'insurge contre la francisation des produits, tout en chassant la surtransposition, en donnant plus de pouvoirs aux préfets, en ce qui concerne la construction de retenues collinaires. "La situation est urgente, alors nous donnerons les moyens aux préfets de faire respecter la loi au sein de structures comme l'Office pour la biodiversité ou encore l'Agence de l'eau".
Du même bord politique et sans entrer dans de grands discours techniques, Frédéric Bort appelle à "renverser la table face à une PAC épuisée, qu'il serait bon de nationaliser".
Isabelle Autier, du partie Horizon défend l'idée d'un "élargissement de la loi Egalim au niveau européen, afin d'avoir une rémunération correcte pour les producteurs". Défendre les traditions locales, soutenir les jeunes qui représentent "la future génération", mais aussi l'innovation entrent également dans les grandes lignes directrices de son programme, tout autant que le tourisme, essentiel pour le département. Néanmoins, avec des métropoles qui s'étendent dans toutes les directions, le foncier est une question prégnante surtout pour les agriculteurs. "Comment peut-on apaiser cette pression ? ", questionne Fabien Castelbou, président des vignerons coopérateurs de l'Hérault. "Pas de décision hâtive" rétorque-t-elle tout en encourageant les discussions.
Député Renaissance de l'Hérault, Patrick Vignal revient sur la loi nuisance, récemment voté qu'il défend largement, tout en montrant son agacement concernant la loi littoral qui aujourd'hui "limite le travail des agriculteurs, car ils ne peuvent même plus installer un hangar dans ces zones". Ce dernier assure que cette thématique est une "priorité dans son journal de campagne et qu'elle sera défendue avec le soutien du préfet de l'Hérault et du Gard, qui ont très envie de nous soutenir".
Revenant sur la question des revenus, Sabria Bouallaga, sans étiquette politique, considère que "les subventions supplémentaires doivent être offertes par l'Etat". Baisse de la fiscalité et des impôts pour récompenser les pratiques durables, prêts à taux réduits pour les nouvelles technologies, assurance récolte et retraite revalorisée.
A toutes ces propositions, celle des retraites retient l'attention de Jean-Pascal Pelagatti. Reconnaissance de la pénibilité et revalorisation du montant sont lancées comme réponse de clôture.
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