VITICULTURE
Ce lundi, au Cellier du Pic à Assas, les professionnels du monde viticole avaient rendez-vous avec la préfète pour partager les avancées des vendanges dans le département et les dernières actualités viticoles. La visite s'est poursuivie à Valflaunès, au Château Boisset.
Thomas Bondu, directeur du Cellier du Pic, et Fabien Castelbou, président des Vignerons coopérateurs Occitanie, expliquent les différentes étapes de la vendange en cave à la préfète, Chantal Mauchet.
© Crédit photo : ML
Il est 7 h 45 ce lundi matin sur le parking du Cellier du Pic, la cave coopérative d'Assas (34). Le monde viticole - ses vignerons, élus, représentants syndicaux - a rendez-vous avec la préfète, Chantal Mauchet. Alors que les vendanges ont commencé de façon précoce, dès fin juillet pour certains, l'heure est venue d'un premier point d'étape.
"La viticulture du département vit à nouveau une année atypique, dans le sens qu'elle sera peut-être la plus hétérogène que nous ayons jamais vécu sur l'ensemble de l'Hérault", introduit Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture. Sur les meilleurs sols, la pluviométrie hivernale a fait son travail. Dans les coteaux, en revanche, la difficulté a été plus marquée, avec un stress hydrique bien avancé. Pierre Calmel, président de la Fédération départementale des IGP, confirme l'hétérogénéité de la production "selon les zones et la structure des sols". Il pointe en revanche des qualités prometteuses à la dégustation des premiers jus.
La cave d'Assas, présidée par Yves Euzet, a commencé tôt, plus encore qu'en 2025. "Malgré des quartiers grêlés et la canicule, la récolte s'annonce plus généreuse que l'année dernière, mais il faut rappeler que nous avions alors fait -30%", dévoile Thomas Bondu, directeur de la coopérative. Cependant, comme pour toutes les caves, coopératives comme particulières, il reste réaliste : malgré l'attente d'une récolte autour de 35 000 hl, "nous verrons si la météo nous permet d'aller jusque-là".
Cette année plus que jamais, l'eau aura fait la différence. Ceux qui ont pu bénéficier de l'irrigation n'ont pas vécu la même campagne que d'autres, reconnaissent les professionnels. "Assez des tabous" autour des retenues hivernales, clame d'ailleurs Jérôme Despey. "Oui il faut la partager, mais il faut la stocker quand on le peut. (...) C'est essentiel pour les populations, les activités économiques, l'agriculture ou encore pour faire le lien avec les pompiers dans le cadre de la lutte contre les incendies."
C'est d'ailleurs l'objet du travail mené avec le Département : les réunions se poursuivent pour faire avancer les deux projets de retenues, la dernière ayant eu lieu le 31 juillet dernier. La loi d'urgence agricole appuie également en ce sens, afin d'accélérer les projets de stockage, de réutilisation des eaux usées, d'extension des ouvrages : "Il n'y a pas une, mais des solutions", rappelle le président de la Chambre. D'après le président des coopérateurs occitans, Fabien Castelbou, il faudra, dans la mesure du possible, continuer à équiper ceux qui le peuvent de goutte-à-goutte, avant d'insister sur l'importance d'obtenir à nouveau des aides à l'irrigation de la part de FranceAgriMer, dont le conseil spécialisé 'Vin et cidre' est présidé par Jérôme Despey.
La cellule sécheresse mise en place début août se poursuit également autour de l'ensemble des cultures héraultaises. "Il faut faire remonter un maximum de choses à la ministre, et tout faire pour que les mesures qui en découleront soient aux mains des préfets", ajoute le vigneron, rappelant l'injustice à laquelle font face les départements méditerranéens sous prétexte qu'ils seraient davantage habitués à la sécheresse. Le vice-président du Département, Yvon Pellet, est d'ailleurs formel : "Il faut continuer à travailler sur les sujets évoqués en cellule tout l'hiver, car même si des pluies sont annoncées, nous serons confrontés à cela dès l'été prochain."
Se retrouver tous réunis n'est pas que l'occasion de s'adresser à la préfète et aux services de l'État. Les divers représentants de la profession s'interpellent également entre eux. Aides à l'irrigation donc, mais aussi une vigilance sur le retour de 100% de contrôle sur les arrachages, la pullulation de sangliers et lapins selon les secteurs, le besoin de maximiser la prévention contre le risque incendie, la préservation de l'emploi permise par la viticulture, le renouvellement des générations et le prix des machines agricoles par les Jeunes agriculteurs...
À Valflaunès, au Château Boisset, tenu par Christelle Nadal et son fils, Clément Vian-Nadal, le président des Vignerons indépendants de l'Hérault, François-Régis Boussagol, revenait aussi sur l'importance des caveaux pour générer du revenu, malgré une fréquentation en baisse et "le besoin de faire connaître davantage nos vins à l'export".
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