ÉDUCATION
Décalée d'une journée en raison des intempéries du 1er septembre, la rentrée scolaire s'est déroulée sans encombre dans les établissements d'enseignement agricole varois, où les effectifs restent stables et les projets nombreux.
La rentrée s'est déroulée sans encombre dans les établissements agricoles varois, malgré le décalage d'une journée en raison de violents orages.
© Crédit photo : Agricampus Var
Principe de précaution oblige, les élèves du Var, comme ceux des Bouches-du-Rhône, ont pu profiter d'un jour de repos supplémentaire à cause des violents orages annoncés le premier jour de septembre. Pas de quoi perturber la rentrée sur l'Agricampus du Var, ni sur le Campus de la Provence Verte où les équipes, rompues à l'exercice, se tenaient prêtes.
Sur ses sites de Hyères et des Arcs-sur-Argens, l'Agricampus du département accueille cette année un total de près de 700 élèves et quelque 350 apprentis. Des effectifs globalement stables. À Hyères, les filières de production font le plein, du CAP au Bac professionnel, et le nombre de contrats d'apprentissage de 1re année est en progression. "On observe en revanche toujours des fragilités sur les entrées en 1re année de BTS, que ce soit sur les métiers du végétal ou celui de technico-commercial en vins et spiritueux, pour lesquels il reste encore des places disponibles", note Nicolas Bourgeois, directeur de l'établissement public d'enseignement agricole du Var.
Aux Arcs-sur-Argens, l'Agricampus ouvre en cette rentrée un tout nouveau Bac pro en 'Conduite et gestion de l'entreprise hippique', qui réunit une douzaine d'apprentis. Le recrutement en Bac pro 'Vigne et vin' est plus à la peine. "On n'a malheureusement aucun contrat aux Arcs cette année", déplore Nicolas Bourgeois. "On a pourtant des exploitants prêts à accueillir des jeunes, mais on manque de candidats. Peut-être par méconnaissance ou par désaffection", note le directeur de l'Agricampus du Var. La situation crée une forte inquiétude quant à l'avenir du diplôme sur le site arcois de l'établissement. "Ça fait partie des défis à relever. On va se donner un an pour voir si on peut inverser la tendance en communiquant mieux sur ces métiers sur le territoire. Car malgré la crise actuelle sur le vin, il y a un vrai besoin de renouvellement de générations, avec les nombreux départs à la retraite à venir d'ici 2030", indique Nicolas Bourgeois.
La filière professionnelle vigne et vin est plus dynamique à Hyères, où une partie des élèves de 2nde et des étudiants en BTS technico-commercial vins et spiritueux ont entamé cette année scolaire avec la 3e vendange des 2 ha de vignes de l'exploitation de l'établissement. Déjà 3,8 tonnes de raisins blancs ont été récoltées manuellement. Les opérations se poursuivent avec la machine à vendanger. Faute de quantités suffisantes, les fruits du vignoble de l'Agricampus, apportés à la coopérative de La Crau, ne sont pas encore vinifiés à part. Mais le lycée agricole espère, à terme, produire sa propre cuvée. L'exploitation pédagogique compte également 2 ha de maraîchage et arboriculture bio, ainsi que 2,5 ha de pépinière et production de plantes en pot en hors-sol et plein champ, qui permettent aux élèves de se former aux différentes pratiques enseignées.
La rentrée à peine sonnée, l'Agricampus prépare déjà l'avenir. La création d'un Bachelor en agriculture (Bac +3) est ainsi "en réflexion". Et le projet à l'œuvre avec l'Astre-dhor Méditerranée, voisin du site de Hyères, reste d'actualité, "avec l'objectif de relancer une production en floriculture, qui viendrait en complément et en diversification de la filière fleur coupée sur le territoire", explique Nicolas Bourgeois. Pour le directeur de l'Agricampus du Var, l'enjeu est aussi "de poursuivre sur la voie de la transition écologique", et c'est bien dans ce sens que le projet d'établissement à finaliser s'oriente.
Du côté de Saint-Maximin, le campus de la Provence Verte compte dans ses rangs 590 élèves et étudiants et une centaine d'apprentis. "Les classes sont bien remplies, les élèves sont plutôt sympathiques. Je trouve cette jeune génération plus engagée et moins pessimiste que celle du Covid. Ils sont dans le choix, davantage que dans le désespoir", apprécie le directeur, Christian Brayer. "On voit aussi des filières agricoles qui se féminisent", note le chef d'établissement, dont les effectifs se composent de 60% de filles.
La grande nouveauté de cette rentrée est la mise en service de la nouvelle cuisine centrale du campus, qui doit fournir sur l'année 150 000 repas pour l'établissement, et autant exportés vers des maisons de retraite et d'autres établissements scolaires. "L'objectif est d'atteindre 500 000 repas annuels en 2026, en travaillant aussi avec des Esat (Établissements ou services d'aide par le travail) et peut-être l'hôpital de Brignoles", complète le directeur de l'établissement privé d'enseignement agricole de la Provence Verte. En plus de renforcer les liens au territoire, ce nouvel outil apporte une ressource propre appréciable, "à l'heure où tous les ministères réduisent la voilure", ajoute Christian Brayer.
La légumerie - aménagée voilà déjà plusieurs années - connaît par ailleurs un renouveau. Plutôt que de louer l'équipement, le Campus de Saint-Maximin propose désormais des prestations de transformation, assurées par des élèves en formation en hygiène et qualité alimentaire, encadrés par une technicienne dédiée. "L'objectif est d'augmenter la volumétrie et de répondre à la demande des agriculteurs locaux qui, sans prestation, ne viendraient pas transformer eux-mêmes. On travaille déjà avec une quinzaine de producteurs sur de nombreux légumes, en particulier la tomate", justifie Christian Brayer.
D'autres projets sont encore dans les tuyaux : celui de mettre en place un système de culture, alliant maraîchage, arboriculture et animaux en agroforesterie et sous ombrières photovoltaïques, avance. Il sera mené de façon expérimentale, en partenariat avec la Direction départementale des territoires et la Chambre d'agriculture du Var. Abricotiers, cerisiers et raisins de table doivent être plantés à l'hiver 2026-2027 sur le site de Bonneval, à Saint-Maximin. "On fera du maraîchage, au printemps essentiellement, et on accueillera des brebis de retour d'estive à l'automne. Les panneaux solaires protégeront les cultures, de la grêle notamment", précise le directeur.
Une maison du patrimoine alimentaire devrait voir le jour prochainement. "Il s'agira d'un espace d'exposition et de vente de 70 m² où la prune de Brignoles, le pois chiche de Rougiers, la figue de Salerne et le coing de Cotignac seront mis en valeur. On y vendra aussi les produits issus de notre exploitation pédagogique. Ce sera également un vrai outil pédagogique où les élèves pourront entrer en contact direct avec les clients", s'enthousiasme Christian Brayer.
Pour lui, il est finalement essentiel de "donner confiance, d'aider, d'accompagner". À l'image de la politique de l'établissement, il invite donc "les jeunes à innover, à entreprendre, à créer. Il faut faire et ne pas rester dans l'attente de quelque chose qui ne viendra pas", encourage-t-il. Les équipes du Campus de la Provence Verte ont, dans le même esprit, l'ambition "de mieux les accompagner sur un parcours de réussite à l'internat, de sorte à répondre aux problématiques sociales et familiales que certains rencontrent."
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