ROQUEVAIRE
Fraises, vins blancs et bientôt câpres... À Roquevaire, Adrien Long multiplie les projets pour faire vivre l'exploitation familiale. À 21 ans, le jeune viticulteur veut croire à l'avenir de l'agriculture locale.
Adrien Long s'impose déjà comme l'un des jeunes visages de l'agriculture provençale.
© Crédit photo : ED
Au pied des collines du Garlaban, les serres débordent de fraises. Dans les rangs, l'activité ne s'arrête jamais vraiment. Mais à seulement 21 ans, Adrien Long évolue déjà avec l'assurance de ceux qui ont grandi au rythme des saisons. Installé officiellement depuis 2024 sur l'exploitation familiale de l'EARL 'La Dorgale', à Roquevaire, le jeune homme incarne cette nouvelle génération d'agriculteurs qui veut rester fidèle à son territoire tout en préparant l'avenir.
"Après un Bac professionnel et un BTS 'Viticulture-œnologie', j'ai monté mon dossier d'installation et je suis venu rejoindre la troupe familiale", sourit-il. Avec son père, Ludovic, sa tante, Virginie, son grand-père, Gabriel, son frère, Julien, ils travaillent désormais ensemble sur les 11 hectares de l'exploitation mêlant maraîchage et vigne. "Les tâches se répartissent naturellement. Il y a les plantations, les sols, les arrosages, les récoltes... tout le monde met la main à la pâte", raconte Adrien. Dans cette exploitation présente depuis neuf générations sur la commune, la transmission se vit au quotidien, dans les gestes et les habitudes. "Travailler en famille, c'est un gros avantage, même si quelquefois il y a quelques étincelles", reconnaît-il en riant.
Si Adrien Long affiche une énergie communicative, il mesure aussi les difficultés auxquelles sa génération est confrontée. Entre Aubagne et Marseille, la pression urbaine réduit les perspectives d'installation et fait flamber les prix des terres agricoles. "Partir de zéro ici, c'est quasiment impossible. Le foncier, c'est le problème numéro un. On aimerait trouver encore deux hectares pour planter quelques vignes supplémentaires."
Dans ce territoire sous forte tension, le maintien des exploitations relève presque de la résistance. Pourtant, la famille Long continue de miser sur la diversification et la proximité avec les consommateurs.
La fraise reste la culture emblématique de l'exploitation. Jadis produite en pleine terre, elle est désormais cultivée hors-sol. Autour d'elle gravitent tomates, aubergines, poivrons, salades, choux ou potimarrons, cultivés sous serres ou en plein champ.
Les produits sont commercialisés auprès de magasins locaux, d'épiceries et de restaurateurs. Deux fois par semaine, la famille propose aussi des paniers de fruits et légumes commandés via les réseaux sociaux. "Les gens veulent savoir d'où viennent les produits et qui les cultive", explique Adrien.
Même s'il a grandi dans l'exploitation familiale, Adrien Long n'était pas destiné à reprendre le flambeau. Adolescent, il imagine un temps travailler dans le paysagisme, avant de revenir vers la terre. "Je voulais surtout travailler en extérieur. Finalement, c'est le travail des vignes qui m'a convaincu."
Avec son père, Ludovic, passionné de vin avant lui, Adrien participe depuis plusieurs années à la renaissance viticole des coteaux de Roquevaire. Ensemble, ils ont réhabilité des restanques pour y réimplanter de la vigne.
La vinification et la mise en bouteille sont réalisées à la cave coopérative des 'Vignerons du Garlaban', mais la famille conserve la commercialisation des cuvées.
Le domaine s'est fait connaître avec 'Les restanques de Lascours', un vin blanc élaboré à partir de rolle, sauvignon et clairette. Entre 15 000 et 20 000 bouteilles sont vendues chaque année. Adrien a désormais lancé sa propre signature : 'Adriju', un vin blanc élevé en barrique, qui porte déjà l'empreinte d'une nouvelle génération de vignerons. Membre de l'association Vinalia, il contribue aussi à la valorisation d'anciens cépages régionaux.
Sur l'exploitation familiale, l'agriculture raisonnée et les principes de la biodynamie guident les pratiques culturales. L'exploitation est d'ailleurs certifiée Haute valeur environnementale de niveau IV. Cette volonté d'adaptation passe aussi par la diversification : il y a deux ans, Adrien et son père ont introduit une culture inattendue dans les parcelles familiales : la câpre.
Longtemps présente à Roquevaire avant de quasiment disparaître, cette plante méditerranéenne pourrait retrouver une place dans les paysages locaux. Rustique et peu exigeante, elle semble adaptée aux terrains escarpés de l'exploitation. "Les deux premières années, il faut aider les plants avec quelques apports en eau. Après, une fois que c'est implanté, ça tient bien", explique Adrien. La culture demande toutefois de la patience. Comme la vigne, le câprier nécessite plusieurs années avant les premières récoltes.
Mais pour la famille Long, le projet dépasse la simple logique économique. Il s'agit aussi de redonner du sens à des productions locales oubliées. Les restaurateurs de la région suivent déjà cette expérimentation avec intérêt.
Cette année, Adrien Long a reçu le prix du 'Jeune viticulteur' lors du concours des Grappes d'or du Département. Une distinction accueillie avec fierté par toute la famille.
Mais derrière cette reconnaissance, le jeune agriculteur garde surtout les pieds dans la terre. L'exploitation continue d'évoluer et l'avenir semble déjà se dessiner avec l'arrivée prochaine de son jeune frère Julien, 17 ans, qui souhaite lui aussi rejoindre l'aventure familiale.
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