Les smartphones sont aussi des outils connectés au service de l’agriculture?: suivi des consignes de température des cuves de vinification, évaluation du taux d’hygrométrie des sols maraîchers…
“Sans l’admirer démesurément ni la rejeter, ne laissez pas la technologie décider pour vous de vos choix !”, prévient Xavier Reboud, chercheur en agroécologie et numérique, rapporteur auprès de la direction scientifique ‘Agriculture’, de l’Inra. Il intervenait à l’occasion des 7es Rencontres Red Paca, au salon Med’Agri, en octobre dernier sur la révolution numérique.
Car force est de reconnaître que le numérique révolutionne les services quand, de son côté, l’agriculture reste friande d’innovations. Le mariage du numérique et de l’agriculture recèle quelques promesses de belles réussites. “Si le numérique permet de ‘faire mieux et au plus juste’, le résultat sera-t-il à la hauteur ?”, interpelle le chercheur. “Si l’évolution suit la logique ayant prévalu sur cinq décennies, les gains de productivité permis par le numérique risquent d’être vite absorbés par un ajus- tement à la baisse du prix d’achat des den- rées agricoles. Les exploitations poursuivront leur course au gigantisme et à l’industrialisation. Du côté des start-up, les améliorations apportées pourront peiner à garantir un avenir à moyen terme.”
Parmi les réussites du numérique sur le terrain, le chercheur cite l’exemple de “l’internet de l’huître” en Australie, où les éleveurs se sont emparés de l’intelligence artificielle pour sécuriser leur production, avec un taux d’adoption fulgurant parmi les mareyeurs australiens, passé de 0 à 96 % en trois ans. Le succès du QRcode est également marquant : l’information fournie au client modifie l’acte d’achat. “Le QRcode élargit considérablement la traçabilité, et peut même rendre les labels obsolètes”, estime Xavier Reboud.
Au service de l’Homme
Cette révolution vient déjà fiabiliser des pratiques, s’adapter aux hétérogénéités du milieu, réduire la pénibilité de tâches répétitives, ou absorber une part de la charge mentale de celui qui a beaucoup de choix à assumer dans des délais brefs. “Pas sûr toutefois que cette révolution soit toujours au rendez-vous de bien servir les hommes”, met en garde Xavier Reboud. “Le numérique devrait être pensé pour se mettre au service de la diversité des agriculteurs, filières, consommateurs et territoires. En particulier, il pourrait qualifier, quantifier, voire certifier, ce qui est actuellement invisible et donc absent des critères pour évaluer les performances économiques, sociales et environnementales.”
Le numérique doit accompagner une agriculture pensée pour être pérenne, vertueuse, inscrite dans les territoires. Elle viendra en renforcer l’image et la qualité de vie. “Côté environnement, on espère voir se multiplier les exemples où le numérique souligne le fonctionnement biologique de l’agroécosystème. Il existe encore peu de capteurs pour distinguer les situations de stockage ou de déstockage des ressources, d’épuration ou de pollution. Globalement, on constate un déficit de caractérisation de la dynamique des flux et des régulations naturelles, alors que c’est l’essence même de l’agronomie. Par conséquent, le numérique qualifie encore très peu la portée des mesures préventives, l’efficacité des actions prophylactiques.”
Cécile Poulain
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