C’est à un bien triste spectacle que le préfet du Var, Evence Richard, était convié la semaine dernière, à l’invitation de Fabienne Joly, présidente de la Chambre d’agriculture du Var. Le représentant de l’État et le directeur de la DDTM du Var, accompagnés d’élus, se sont rendus à Roquebrune-sur-Argens, sur des parcelles de vignes détruites par les épisodes de gel intervenus entre les 7 et 8 avril derniers. Sur place, il a pu constater les dégâts et surtout, mieux appréhender la détresse des agriculteurs concernés. À l’image de celle de Jérôme Aune, un jeune viticulteur, “installé grâce à la cave coopérative et dont les vignes ont été inondées en 2019, avant de subir deux années successives de gel”, a expliqué Sébastien Perrin, secrétaire général de la Chambre d’agriculture du Var.
Un peu plus loin, les mêmes causes ont produit les mêmes effets dans le verger de pêchers d’Olivier Ciamous et de ses frères, réunis au sein du Gaec La Vernède : les fleurs et les premiers fruits ont été quasi intégralement brûlés par le froid. L’agriculteur, également maraîcher et fondateur du magasin ‘Les producteurs de la Grande Bastide’, un point de vente dédié aux circuits courts, chiffre la perte de récolte de son verger à 99 %. Moins touchées, ses cultures de melons ont néanmoins souffert. Ce qui lui fait craindre une saison estivale compliquée du point de vue commercial : “Ce sont les fraises, les melons, les tomates et les pêches qui attirent les clients. Comment faire si certains de ces produits manquent ? Nous pourrons peut-être nous dépanner auprès d’autres agriculteurs de la région. Mais quand toute la France a subi le gel, comment expliquer à nos clients que nous ne pouvons pas les satisfaire ? Le risque est qu’ils se tournent vers la grande distribution et des productions étrangères”, s’inquiète Olivier Ciamous.
Plusieurs mois pour chiffrer les dégâts
La présidente de la Chambre d’agriculture a pour sa part interpellé le préfet du Var au sujet des mesures d’indemnisation annoncées par le gouvernement, en rappelant que les agriculteurs concernés ont “besoin d’un accompagnement de l’État, qui se traduit par des aides”, pour passer le cap d’une année qui s’annonce quasi blanche pour les exploitations les plus impactées par le gel. Pour cette dernière, les reports de charges ne sont, en revanche, pas une solution : “Les reports s’ajoutent aux reports, ce qui ne fait qu’aggraver la situation. Nous avons besoin de leur annulation pure et simple pour passer ce cap difficile.”
Tout en assurant à la présidente de la Chambre d’agriculture du Var que le gouvernement avait la volonté de débloquer les aides le plus rapidement possible, le représentant de l’État a néanmoins rappelé que plusieurs semaines, voire plusieurs mois, seront nécessaires pour évaluer finement les pertes d’exploitation engendrées par le gel : “Ce n’est qu’en fin d’année que nous aurons une idée précise de la situation.”
Julien Dukmedjian
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