Aude 11/01/2024
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Pépiniéristes viticoles d'Occitanie

Le syndicat reste déterminé 

Le syndicat des pépiniéristes viticulteurs et producteurs de vignes mères d'Occitanie a organisé son assemblée générale le jeudi 21 décembre, au foyer municipal de La Redorte (11). L'occasion annuelle de faire le point sur les différentes avancées.

Afin de répondre à la difficulté du renouvellement agricole, une commission 'jeunes pépiniéristes' a récemment été créée au sein de la fédération et connaît une bonne dynamique. 

© Crédit photo : AL

Malgré plus de 160 hectares de pépinières actuellement assurées via l'assurance climatique, mise en place durant le congrès de Chamonix en 2022, Éric Bourguet, président du Syndicat des pépiniéristes viticulteurs et producteurs de vignes mères d'Occitanie, estime qu'il est encore possible d'optimiser son fonctionnement. "Quelques améliorations peuvent être apportées au vu de la situation climatique et économique des structures, et des négociations se font actuellement avec Pacifica". Soulignant sa déception sur le fait que les vignes mères de porte-greffes ne soient toujours pas prises en compte dans le cadre de cette assurance, il assure néanmoins "travailler sur le sujet pour pouvoir le faire accepter dans un avenir proche".

Outre ce détail important, de vives inquiétudes entourent actuellement le nouvel arrêté sur la gestion de la flavescence dorée qui, rappelle-t-il, "n'est pas encore acté et doit être mis en place d'ici février ou mars". En effet, ce nouveau décret impose à toutes les vignes mères de porte-greffes de passer par un traitement à l'eau chaud (TEC). Selon Éric Bourguet, "cette pratique engendrerait une disparition des petits et moyens producteurs, et accentuerait la perte de diversité, sachant que le TEC ne réduira pas la pression de la flavescence dorée, à l'heure où la prospection est la seule arme fiable". De son côté, David Amblevert, président de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV), a envoyé un courrier au ministre de l'Agriculture, de façon à ce qu'il repositionne cette question.

Autre sujet qui mérite attention, la non-disponibilité de certains matériels végétaux pour la multiplication met la filière en difficulté, notamment concernant le souvignier gris, le terret, le carignan gris et blanc. "Avec les problèmes de sécheresse et de maladies, une grande demande est présente, mais il n'y a actuellement pas assez de greffons. Nous sommes toujours dans l'attente d'une réponse de la part de FranceAgriMer", précise Éric Bourguet. La question se pose également sur l'utilisation de plants biologiques. Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, co-manager Entav international, demande "à ce que l'on n'impose pas, dans le cahier des charges bio, uniquement des produits biologiques". Il souhaite "que l'on puisse laisser la porte ouverte à une potentielle demande de dérogation générale", et que l'on puisse, "dans la mesure où il n'y a pas de production de plants bio historique, recourir à des plants traditionnels certifiés".

À plus haut niveau, la fédération suit de près les deux règlements européens en cours de discussion, le premier concernant les nouvelles techniques de sélection appelées New Breeding Technologies (NBT) qui permettraient d'intervenir au sein de l'ADN d'une plante, afin de la rendre plus résistante aux maladies et aux conditions climatiques. "Durant la dernière réunion, il n'y a pas eu suffisamment de pays qui ont validé ce procédé. On espère que cela pourra bouger en ce début d'année, pour que le Parlement européen statue avant les élections du mois de juin." Les pépiniéristes souhaitent que l'Union européenne autorise les expérimentations sur ces nouvelles variétés, sans qu'elles entrent dans le domaine des OGM, "bien que de nombreuses ONG soient très engagées contre ces technologies".

Le deuxième règlement concerne la réforme de l'ensemble des directives d'inscription des nouvelles variétés, leurs classements, leurs circulations et leurs commercialisations. "La commission a mis sur la table un règlement pour que chaque État adopte des modalités particulières. À ce stade, les discussions ont pris du retard et nous nous attendons à ce qu'il n'y ait pas d'adoption avant les élections du Parlement européen. Ce qui nous renvoie au minimum à 2025, sans compter les règlements d'exécution qui poussent l'échéance à deux, voire trois ans supplémentaires", détaille Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, ajoutant que "ces deux règlements majeurs peuvent à eux seuls influer fortement sur l'ensemble du cadre général existant, allant de la création variétale à leur commercialisation".

La multirisque climatique 

Pour la deuxième partie de cette assemblée générale, Pierre-Denis Tourette, secrétaire général de la FFPV, a souhaité engager le dialogue avec les producteurs qui ont souscrit à l'assurance multirisque climatique. Actuellement, l'assurance couvre plus de 170 ha de pépinières, ce qui équivaut à 17 % de la SAU. Pour rappel, l'assurance se répartit de la manière suivante : une franchise de 20 % pour le souscrit, Pacifica prend en charge les risques entre 20 à 30 %, et enfin l'État prend le relais au-dessus de 30 % et ce, jusqu'à 100 %. "Premièrement, cela impose un dossier Pac, car la prime d'assurance est subventionnée à 70 % par la Pac, et deuxièmement le calcul se fait sur la moyenne olympique. Ce sont deux inconvénients forts," précise Pierre-Denis Tourette.

Pour ce dernier, le gros enjeu de la FFPV sera de renégocier le contrat d'assurance sur certains aspects de production. "Dans le cas d'une pépinière grêlée, en moyenne, on arrive toujours à faire 30 % de reprise. Malgré le fait que les bois de vigne sont marqués, on peut tout de même en ramasser quelques-uns, ce que Pacifica n'avait pas pris en compte, car ils se sont calés sur le modèle de la viticulture. À cela, il y aura peut-être une révision de la prime." Voyant au-delà, Jean-Pierre Van Ruyskensvelde tient à rappeler que derrière cette assurance multirisque climatique, c'est la réforme des calamités agricoles qui est en jeu. "Il faut prendre conscience que dans les trois ans qui viennent, les non-assurés auront un système de calamités agricoles nettement moins intéressant que les assurés." 

Maintenir une filière d'avenir 

En guise de clôture, David Amblevert a fait le point de la filière sur les grands bassins de production. "Il est clair que les répartitions de la pluviométrie sont en grand déséquilibre et causent des dommages sur les structures, notamment sur la façade atlantique où certaines d'entre elles sont totalement inondées." Le Sud-Ouest, et particulièrement la région de Bordeaux, traverse actuellement une situation délicate avec, pour la campagne 2023, pas moins de 30 à 40 % de greffages en moins, et, en prime, de nombreuses inquiétudes vis-à-vis du marché. "Si autrefois le marché bordelais pouvait être attrayant, il devient aujourd'hui compliqué. Il faut être très prudent si on veut le conquérir, car il n'y a que peu de perspectives d'ouverture pour les années futures. La région enregistre une baisse structurelle de 5 % de vins rouges par an." Ne cherchant pas à rester dans un discours qui fige, le président a souligné son soutien aux producteurs présents, et a souhaité les rassurer vis-à-vis de l'avenir qui se dessine. "Oui, cette campagne est difficile et la pente est raide, mais malgré tout, je crois profondément en la place de notre filière au sein du monde viticole, car la sélection française se défend honorablement sur le marché mondial. La marque Vitipep's en est la preuve tangible." 

Anthony Loehr •

À savoir-

Arrêté flavescence dorée 

Le 15 novembre dernier, un nouvel arrêté concernant la gestion de la flavescence dorée a été présenté devant la commission du matériel végétal de l'Institut français de la vigne et du vin (IFV), mais son application a été repoussée pour le début d'année 2024. En première lecture, David Amblevert, président de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV), considère "qu'il y a des choses qu'il va falloir négocier". En effet, le syndicat estime que "rendre le traitement à l'eau chaude systématique sur tout le matériel de vignes mères de porte-greffes risque de démotiver toute action volontaire de prospection, qui est aujourd'hui la méthode la plus efficace". Le 17 janvier prochain, la FFPV doit rencontrer les services de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), afin de trouver un solution concernant la gestion de la flavescence dorée. D'ici là, le président appelle "à ne pas céder à la panique et à attendre la décision finale". 

Anthony Loehr •

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